Entrevue avec la nouvelle vice-première ministre du Québec

La députée de Terrebonne, Catherine Gentilcore, a été réélue le 5 octobre dernier. Le 21 octobre, elle a été nommée dans le gouvernement de Paul Saint-Pierre-Plamondon comme vice-première ministre, ministre de l’Immigration et de l’Intégration, ministre responsable de l’Accession du Québec à l’Indépendance et leader parlementaire. La Revue a pu lui poser quelques questions.  

Comment vous sentez-vous à la suite de ces annonces?  

Je suis très contente de toute la responsabilité qui m’a été donnée par le premier ministre. Je vous dirais que je suis déjà dans l’action, je suis déjà au travail et mon désir est vraiment de monter les meilleures équipes possibles autour de moi pour être le plus efficace possible. 

Qu’est-ce que vous pouvez dire aux gens de Terrebonne pour les rassurer sur le fait que vous serez toujours députée de Terrebonne?  

Je suis tellement heureuse d’avoir eu un passage d’un an et demi à l’opposition pour cet attachement profond avec les gens. Les gens de Terrebonne seront toujours ma priorité. Et d’ailleurs, on vient d’avoir une formation avec Pauline Marois et Jean Royer. Ils m’ont réitéré l’importance d’être bien ancrée dans notre circonscription et je ne pourrais pas être plus en accord avec eux. Donc pas d’inquiétude à avoir. Je serai peut-être un peu moins dans la région que lors de la dernière année et demie, mais j’y serai très souvent, assurément. 

Est-ce que vous pensez que votre nomination à ce poste peut aider Terrebonne à mieux endosser le rôle de grande ville au Québec? 

On est la dixième plus grande ville au Québec, donc la plus grande ville de Lanaudière. Les défis sont nombreux au niveau du transport en commun, entre autres au niveau de la mobilité, de la santé. Nous sommes cinq ministres qui avons été nommés dans Lanaudière et je pense que la région peut s’en réjouir, en plus des députés compétents qui sont là également. Le premier ministre nous l’a dit, il faudra venir en équipe. C’est ce qu’on va faire dans la région.  

Est-ce que vous pouvez nous expliquer un petit peu ce que c’est le poste de leader parlementaire? 

C’est un poste qui est névralgique et d’ailleurs, je suis très fière de dire que je suis la première femme au Québec qui est leader parlementaire du gouvernement. Leader parlementaire du gouvernement, surtout dans le contexte d’un gouvernement minoritaire, c’est primordial parce que c’est la personne qui négocie avec les oppositions. On est maintenant à 60 députés, ce qui veut dire qu’il nous manque l’appui de quatre élus pour pouvoir faire passer les projets qu’on veut faire passer. Ça veut dire que le rôle du leader parlementaire devient central parce qu’il y a une véritable consultation qui doit être faite, puis des échanges assez poussés avec les leaders des oppositions pour justement expliquer les projets de loi, trouver des voies de passage, trouver des façons de collaborer pour faire avancer les projets pour le Québec puis faire atterrir les engagements qu’on a pris pendant la campagne électorale. 

Je pense que le mandat qui a été donné par les Québécois est vraiment clair : avec un gouvernement minoritaire, ils expriment leur désir de voir tous les partis travailler ensemble et qu’on prenne les meilleures idées de chacun. Ça sera un de mes rôles, en tout cas, comme leader parlementaire, d’être la conciliatrice et de m’assurer de faire avancer les choses tout en allant chercher l’appui des oppositions.  

Concrètement, dans les 12 prochains moins, quels changements seront visibles pour les entreprises de Lanaudière en matière d’immigration ? 

Premièrement, on veut une approche qui est vraiment dans l’écoute. Notre plan de 97 pages est très clair : on veut baisser les seuils d’immigration permanente. Ça sera fait, le mandat a été réitéré hier par le premier ministre. C’est sûr que c’est dans ma feuille de route pour les prochains mois. Mais, au-delà de ça, on se demande comment on va faire pour tenir cette approche afin de prioriser les besoins économiques de chacune des régions. C’est là où les acteurs économiques de chacune de ces régions deviennent extrêmement importants. 

Vous avez beaucoup de chapeaux à porter, comment est-ce que vous allez pouvoir gérer tous ces sujets différents ensemble? 

Ça va être énormément de travail, mais il ne faut pas oublier les équipes qui sont derrière. Il y a toutes sortes de gens qui occupent des postes stratégiques et névralgiques pour me permettre d’être la meilleure possible dans chacun de ces postes. Ensuite, la collaboration de mes collègues qui sont élus aussi et qui auront du temps à mettre sur ces différents dossiers-là. Pour l’immigration, je pense à mon collègue Stéphane Handfield, qui est élu dans Masson et qui est un expert dans la matière. 

 

Catherine Gentilcore lors de son premier conseil des ministres. (Photo gracieuseté)

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