Acceptable

Il fallait régler le litige avec la Corporation de l’aéroport de Mascouche. Dans les circonstances, l’administration du maire Tremblay a trouvé le meilleur compromis possible.

La Corporation recevra 3,1 M$ de la Municipalité, qui acquiert les terrains de l’ex-Aérodrome et les revend pour 1,5 M$ au Complexe Enviro Connexions (CEC). L’entreprise, dont le site est principalement lié à l’enfouissement sanitaire, garantit ainsi ses activités, qui auraient pu pâtir du vol d’avions au-dessus de sa tête. Qui plus est, le CEC conservera la vocation première d’espace naturel du site.

Si on additionne les 1,6 M$ restants aux frais de reboisement du site (360 000 $) et à ses frais d’avocat (500 000 $), Mascouche dépensera autour de 2,5 M$ dans le processus, en deçà du montant initial de 3,2 M$. Est-ce que ça aurait été différent si la Ville avait tout bonnement fermé le site sans proposition aux pilotes? Peut-être, mais rien n’est moins sûr. Je pense que la Corporation ne se serait pas laissé faire. Peut-être avait-elle déjà un œil sur les terrains visés par l’entente signée il y a quelques jours.

Au début, j’étais favorable à la proposition faite par la Municipalité de dédommager les pilotes pour qu’ils se trouvent un nouveau site à Mascouche pour faire atterrir leurs avions. J’ai été outré des façons de faire de la Corporation ensuite, mais on ne peut pas reprocher aux pilotes, privés de la somme promise à cause de l’opposition des citoyens au projet de relocalisation à Mascouche, d’avoir cherché une solution. En optant pour un terrain chevauchant Mascouche et Terrebonne et avec la complaisance de Transports Canada, les pilotes avaient le gros bout du bâton à long terme sur le plan légal, à mon avis. Mascouche aurait payé des frais d’avocats sans cesse croissants. L’affaire se serait rendue en Cour suprême, les enjeux étant majeurs pour les pilotes d’ici et d’ailleurs au Canada.

Les 3,1 M$ permettront donc à la Corporation de se trouver un nouveau lieu pour se relocaliser. Et cet aéroport, rassurez-vous, devra être à un minimum de 8 km des frontières de la MRC Les Moulins. Où sera-t-il? Impossible de le savoir, puisque la Corporation, comme ça a été le cas pendant tout le processus, refuse de dévoiler ses cartes. Ça l’a bien servie jusqu’à maintenant. Je souhaite que ce nouveau site soit discuté dans la bonne entente avec le milieu choisi.

En conclusion, oui, le montant payé est important, mais il reste négligeable à long terme en comparaison avec les retombées futures que la Ville de Mascouche touchera par la vente de terrains de l’aéroport, les taxes engrangées lorsque les terrains seront mis en valeur, et les emplois créés. Sur le plan économique, la décision de fermer l’aéroport était parfaitement logique. On ne pouvait laisser ces terrains à valeur ajoutée aux abords de deux autoroutes au seul usage d’une centaine de pilotes d’aéronefs de loisir et d’une poignée d’entreprises.

Globalement, l’entente est pleine de sens et permettra de clore un chapitre important de l’histoire locale et régionale. La Ville, la Corporation de l’aéroport de Mascouche et les pilotes pourront enfin regarder vers l’avenir.

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