« Amère America », 30 ans plus tard

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Par Pénélope Clermont
« Amère America », 30 ans plus tard
Photo : Sophie Samson

Il y a de cela 30 ans, bientôt 31, Luc De Larochellière sortait son premier microsillon, Amère America. La réaction est forte, l’auteur-compositeur-interprète devient une vedette. L’idée d’une réédition de l’album qui avait remporté trois Félix à l’époque et qui n’était plus disponible depuis 15 ans fait surface. Ce qui devait ne se produire qu’une seule fois est devenu une tournée d’une quinzaine de représentations, dont la dernière est prévue au TVT, le 5 octobre.

D’entrée de jeu, Luc De Larochellière admet avoir «triché» : les choristes de ce spectacle proviennent de la tournée qu’il a réalisée juste après, Sauver mon âme, et non d’Amère America. Mais ces deux tournées se ressemblaient, affirme-t-il. Il n’avait qu’un seul album à son actif, il fallait bien qu’il présente de nouvelles pièces pour «remplir». C’était donc celles de Sauver mon âme.

Le public du TVT aura donc l’impression d’être de retour en 1989, chandeliers et cierges (bien à la mode jadis) en moins peut-être. «C’est le show de l’époque avec presque le même ordre de chansons. J’ai dû en bouger quelques-unes parce que celles qui étaient de remplissage sont devenues des hits. Je ne pouvais donc pas les mettre au début», dévoile le principal intéressé pour qui c’est un plaisir de renouer avec la vie de tournée à 13 personnes, ce qui ne se fait plus aujourd’hui.

S’il admet ressentir un certain air de déjà-vu en présentant sur scène un produit qu’il a maintes et maintes fois joué, il se réjouit que le contexte ne soit pas le même qu’au début de sa carrière. «Les chansons n’étaient pas connues, il nous fallait convaincre les gens. C’était comme aller au front», soulève-t-il.

En même temps, les pièces jouaient plus à la radio, le public les connaissait donc peut-être davantage que maintenant. C’était une autre période. Il se rappelle avoir rempli le Club Soda, alors sur l’avenue du Parc, quatre soirs de suite. «Aujourd’hui, on a de la misère à le remplir un soir», reconnaît l’artiste qui jouit pourtant d’une excellente réputation.

«On allait entrer dans un véritable âge d’or de la musique. Il y a plus de disques que jamais qui allaient se vendre au Québec», illustre-t-il.

Nostalgie

« La seule nostalgie que je vis, c’est la valeur du travail qui était mieux récompensé, mais ce que j’ai à faire de meilleur, c’est ce que je ferai demain. »

Est-il habité d’une certaine nostalgie de cette époque qu’il serait étonnant de revivre? «Je ne suis pas un nostalgique. Ce qui fait que je me lève le matin, c’est le projet actuel, même si le passé nous aide. Il est comme une bouée sur la mer qui nous dit où on est rendu. Mais il ne faut pas oublier de se nourrir de la nostalgie de demain, sinon on tombe dans quelque chose de déprimant, indique Luc De Larochellière. La seule nostalgie que je vis, c’est la valeur du travail qui était mieux récompensé, mais ce que j’ai à faire de meilleur, c’est ce que je ferai demain.»

Toujours devant, seul ou à deux

Si les pièces d’Amère America ou de Sauver mon âme sont ironiquement encore bien actuelles avec des thématiques encore très fortes – l’identité et l’immigration, pour ne nommer que celles-là –, l’auteur-compositeur-interprète continue de créer et de regarder vers l’avant. Avec sa conjointe, Andrea Lindsay, il fera paraître un nouvel album, pour lequel le premier extrait plutôt humoristique s’intitule On fait la moue.

«On aborde la dynamique de vivre à deux en 2020», introduit celui qui explore d’autres horizons par ces projets en duo. «En couple, on n’est jamais juste deux, poursuit-il. Il y a les enfants, les parents, les amis, les expériences du passé, les rêves du futur, et il faut réussir à accorder tout ça.»

Les expériences du passé qui refont surface. Faut-il s’attendre à un autre saut dans le temps avec Sauver mon âme en 2020? «Lui aussi aurait besoin d’une réédition», se contente de répondre l’artiste, qui sera alors en pleine tournée avec Andrea Lindsay.

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Pour assister au spectacle Amère America que Luc De Larochellière présentera au Théâtre du Vieux-Terrebonne, le 5 samedi octobre à 20 h, procurez-vous des billets au 450 492-4777 ou en visitant le www.theatreduvieuxterrebonne.com.

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