AMINATE : Cinq histoires de réussite inspirantes

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Par Gilles Fontaine
AMINATE : Cinq histoires de réussite inspirantes
Kahina, Luisa, Mounira, Bouchra et Hassiba ont rendu un témoignage fort inspirant à l’occasion de la Journée internationale des femmes. (Photo : Gilles Fontaine)

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, l’organisme d’intégration AMINATE a présenté le parcours inspirant de femmes immigrantes moulinoises. Et ce sont cinq femmes extraordinaires que nous avons rencontrées le 5 mars à la salle du Moulinet, sur l’Île-des-Moulins. Ces femmes venues d’ailleurs ont fait leur nid chez nous, chez elles.

Kahina Bensaadi, Luisa Éléna Munoz Léon, Mounira Benamer, Bouchra Tarfaoui et Hassiba Idir ne sont pas extraordinaires parce qu’elles viennent d’Algérie, du Mexique ou du Maroc. Elles sont extraordinaires pour ce qu’elles sont, des femmes fortes et libres. Avant et après leur voyage migratoire, elles ont réussi à traverser toutes les épreuves qui se sont présentées à elles. Leur témoignage aura été des plus inspirants pour la trentaine d’invitées. Elles nous ont fait rire et elles nous ont fait pleurer.

Une vie avant la vie

Dans leur pays, ces femmes étaient professionnelles en finance, en informatique, en médecine, en psychologie et en chimie, et ont une chose en commun : ce sont des femmes libres de leur destinée. Elles n’ont pas fui un pays ou un passé. Elles ont choisi de partir pour se créer un avenir.

Malgré leur choix, ces dames ont vécu le déracinement. « Partir, c’est lourd. On peut avoir l’impression de laisser tomber les gens, de les laisser derrière soi. J’ai dû « anesthésier » mes sentiments parce qu’on entend toujours qu’on n’a pas le droit de partir. Ça prend un grand courage. Et lorsqu’on y retourne, on s’aperçoit que les autres ont appris à vivre sans nous et ça fait bizarre. Mais on vit avec, on a fait un choix et on l’assume », explique Hassiba.

« De mon côté, j’ai eu de la chance. Oui, je suis loin des membres de ma famille, mais ils me savent en sécurité ici », se console Mounira. Elle reconnaît par contre que beaucoup n’ont pas cette chance. « Mais j’avoue qu’on n’est plus dans la gang lorsqu’on y retourne. »

Au Québec, leur point de départ aura été « la sortie de l’aéroport », comme le décrit bien Hassiba Idir. Elles n’ont pas que franchi la porte. Elles ont choisi et décidé de participer. Par contre, pour certaines, leur voyage aura été le même : recommencer pour être à nouveau reconnues.

Les moments difficiles

« Mon défi aura été de composer avec l’échec et le sentiment de ne jamais en faire suffisamment, témoigne Kahina avec beaucoup d’émotion. Au début, on se demande souvent si on a fait la bonne chose. Je savais que je devais passer à travers un certain réapprentissage professionnel, mais à un moment, mon doctorat en médecine est devenu un boulet. Ça me prenait toujours une petite coche de plus et cette petite coche a été difficile à définir. »

Aujourd’hui, Kahina est coordonnatrice de recherche au Centre de recherche du CHUM.

Avec l’idée de démarrer sa propre entreprise, Mounira Benamer, alors enseignante en physique et en chimie, quitte l’Algérie pour la France et vit une première immigration. Et du racisme. Or, démarrer une entreprise était trop difficile en France, et plus difficile encore à son retour en Algérie. Elle a donc choisi de venir ici. « Ici, j’ai senti que je pouvais prendre le temps. Je ne sais pas pourquoi, mais je sentais que c’était plus facile. » D’ailleurs, elle l’avait senti dès son arrivée à l’aéroport Montréal-Trudeau. « J’ai dit à mon conjoint que c’était vraiment ici que je voulais vivre. J’avais ressenti une sensation forte, un soulagement et une certaine sécurité. » À force de travail, Mounira a démarré sa propre entreprise de produits naturels, ROCHALIAbio.

Se sentir loin et seule

Par leur choix, ces femmes se sont tout de même éloignées de leur famille et de leur soutien direct. « Je n’ai pas vraiment vécu de défi ardu. Par contre, j’ai vécu un événement difficile, la mort de mon père. Vivre un deuil au loin, de la personne que tu aimes le plus au monde, c’est difficile. J’ai trouvé dur de ne pas être entourée de la famille », mentionne Bouchra.

Toutefois, elles sont toutes d’accord sur une chose : l’enracinement et le sentiment d’appartenance viennent avec le temps et l’implication. Si pour plusieurs, la découverte du Vieux-Terrebonne a été significative, c’est à force de s’intégrer et de s’impliquer qu’elles ont construit leur vie et celle de leur famille. Au fond, c’est ce qu’elles recherchent toutes, l’enracinement. « Aujourd’hui, je suis fièrement québécoise », de dire Luisa.

Luisa est gérante d’un restaurant sur le territoire de la MRC. Bouchra est directrice de la Banque Nationale de Mascouche et Hassiba est coordonnatrice de l’organisme AMINATE.

Elles se sont enracinées chez nous et nous ne pouvons plus nous passer d’elles. L’intégration, c’est aussi ça!

 

Cette activité a été rendue possible grâce au financement de la MRC Les Moulins dans le cadre du programme Mobilisation-Diversité.

 

AMINATE accueille, informe et accompagne les personnes immigrantes nouvellement arrivées à Terrebonne et à Mascouche

500, boul. des Seigneurs, bureau 002                                                 

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Téléphone : 450 492-7989

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Courriel : info@aminate.qc.ca

Site Internet : www.aminate.qc.ca

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Clémence Massicotte Auteurs de commentaires récents
Clémence Massicotte
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Clémence Massicotte

J’ai vraiment apprécié le témoignage de ces 5 femmes. Elles sont exemplaires par leur désir de s’intégrer à la societe québécoise. D’après moi, elles ont réussi.