Apprendre l’histoire par le jeu vidéo

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Par Jean-Marc Gilbert
Apprendre l’histoire par le jeu vidéo
Les élèves de 1re secondaire du Collège Saint-Sacrement apprennent l'histoire de l'Égypte antique grâce à un jeu vidéo créé par Ubisoft. (Photo : Jean-Marc Gilbert)

Le Collège Saint-Sacrement fait un bond dans l’avenir en introduisant l’apprentissage de l’histoire par l’entremise des jeux vidéo. Et pas n’importe lequel : c’est en explorant sur ordinateur les décors créés par Ubisoft dans le jeu Discovery Tour : Ancient Egypt que 334 étudiants de 1re secondaire en apprennent plus sur l’histoire de l’Égypte antique.

Est-ce qu’on peut penser qu’une telle approche pédagogique prendra de l’ampleur au cours du 21e siècle? Chose certaine, l’enseignant d’histoire Mathieu Beauséjour est persuadé qu’il est possible d’utiliser le jeu comme outil d’apprentissage de façon rigoureuse et a su convaincre ses patrons.

«C’est bon d’avoir la volonté de développer la créativité pédagogique, mais ça prend aussi des moyens. Nous avons pris les moyens», témoigne M. Beauséjour en conférence de presse, en remerciant la direction du Collège d’avoir injecté des milliers de dollars dans de l’équipement informatique qui peut supporter un tel jeu. «On pourrait redonner les lettres de noblesse à cette matière scolaire pour qu’elle devienne la préférée des étudiants.»

L’enseignant a créé un cahier avec des exercices que les élèves doivent compléter en trouvant les réponses lors de six séquences de jeu d’une durée d’une heure. Ensuite, ils reviendront en classe et seront appelés à rédiger une production écrite résumant ce qu’ils ont appris en parcourant le jeu.

Apprécié des jeunes

Les élèves, dérangés par La Revue en pleine période de jeu, ont dit adorer l’expérience. «C’est vraiment le fun et différent que d’être assis dans la classe à écouter le professeur, témoigne Lauriane Lanthier. J’ai été marquée d’apprendre que dans ce temps-là, les garçons partaient pour l’école le matin, mais que les filles ne pouvaient pas y aller.»

«En explorant et en se déplaçant dans l’Égypte ancienne, on apprend plus vite. J’ai été surpris de voir qu’il y avait des techniques d’agriculture vraiment avancées à l’époque. C’était très intéressant», renchérit Paul-Édouard Bragaru.

Applicable à tous les niveaux?

Si le projet-pilote se déroule actuellement avec des élèves de 1re secondaire, le Collège n’exclut pas de l’étendre aux élèves des autres niveaux. Il faut toutefois que l’expérience actuelle se conclue par une hausse des notes et de la matière retenue, mais aussi qu’il existe des jeux liés au contenu que les élèves doivent apprendre, souligne Jean-Philippe Gauthier, directeur pédagogique au Collège Saint-Sacrement.

Le projet se déroule également en collaboration avec l’Université de Montréal et le professeur Marc-André Éthier, qui dirige un projet de recherche sur l’usage du jeu vidéo en contexte éducatif. «Nous voulons voir les effets sur les élèves, documenter ce qui se passe et surtout savoir si l’apprentissage fait est durable», explique M. Éthier, qui produira un rapport d’ici la fin du printemps.

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