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02 février 2021

Pénélope Clermont - pclermont@lexismedia.ca

Le cri du cœur d’une profession, selon le SERM

VOTE DE GRÈVE DES ENSEIGNANTS

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Les banques de suppléances sont vides, les profs tombent au combat, alors que d’autres quittent la profession, rapporte Jean-Louis Bray, président du SERM.

Les enseignants oeuvrant au Centre de services scolaire des Affluents se sont prononcés à 75 % pour un mandat de grève pouvant aller jusqu’à cinq jours, dont les modalités n’ont pas encore été déterminées. Le vote s’est déroulé à la suite de l’assemblée générale du Syndicat de l’enseignement de la région des Moulins (SERM) tenue en ligne les 26 et 28 janvier.

Pour le président du SERM, Jean-Louis Bray, il s’agit d’un « message clair » envoyé au gouvernement, même s’il reconnaît que 75 % ne sont pas à la hauteur des 91 % obtenus à la suite d’un vote similaire en 2015. « On ne fera pas semblant : il y a des enseignants qui ne sont pas à l’aise d’aller jusqu’à la grève en contexte de pandémie. Mais d’un autre côté, que trois profs sur quatre se disent prêts à faire la grève, dans le contexte actuel, c’est un message clair », nuance-t-il.

C’est aussi la preuve que les enseignants n’en peuvent plus, selon lui. « Les banques de suppléances sont vides, les profs tombent au combat, alors que d’autres quittent la profession, expose M. Bray. Le mandat de grève nous a été confié parce que le gouvernement est tout simplement fermé. Fermé à la diminution des ratios d’élèves. Fermé à l’ajout de classes spécialisées. Fermé à l’ajout de services pour les élèves en difficulté. Fermé à la bonification du salaire des enseignantes et enseignants pour contrer la pénurie. »

Aux dires du président du SERM, les négociations n’ont pas apporté de résultats valables depuis octobre, moment où le syndicat avait tenu une manifestation localement. « Il ne s’est pas passé grand-chose depuis. La seule avancée a été sur le plan juridique, concernant les griefs, mais ça n’améliore pas les conditions de travail des enseignants », dénonce-t-il.

Notons que la convention collective est échue depuis le 31 mars 2020.

Des enseignants exténués

La lourdeur de la tâche décriée par le personnel enseignant se traduit par de nombreux manques, selon le SERM : des classes remplies d’élèves en difficulté sans aide professionnelle, des processus trop longs pour démontrer qu’un jeune requiert des services spécialisés, des ratios de classe disproportionnés exigeant qu’on détermine quel élève recevra ou non un soutien particulier.

Dans un communiqué de presse diffusé par le Syndicat, on peut lire des témoignages d’enseignantes exaspérées. « La Émilie d’aujourd’hui voudrait rencontrer la Émilie d'il y a 10 ans pour lui dire de choisir une autre profession, car la passion et la vocation ne sont pas suffisantes pour comprendre la lourdeur de la tâche et le manque de reconnaissance du métier », commente l’une d’elles, alors qu’une collègue dit avoir « déjà expérimenté un épuisement de travail » après deux ans dans une école. « J’ai 24 ans, je viens tout juste de commencer en septembre et je ne sais pas comment je vais faire pour continuer », confie une autre enseignante qui se décrit comme jeune, dynamique, créative, mais « exténuée ».

« Mesures insuffisantes »

« Les enseignants patchent les trous et compensent le désinvestissement du gouvernement », poursuit le président du SERM, mal à l'aise devant le cumul des annonces gouvernementales. Selon lui, elles laissent la fausse impression que le ministre de l’Éducation concrétise ses promesses, « alors qu’il s’agit en réalité d’un saupoudrage de mesures insuffisantes pour combler les retards accumulés au fil des ans ».

À cet effet, il y voit un lien avec la difficulté pour la profession d’attirer et de retenir la relève. Plus de 42 % des enseignants du SERM, sur près de 4 000 membres, ont un statut d’emploi précaire, c’est-à-dire qu’ils ne possèdent pas de poste permanent, fonctionnant plutôt à contrat ou comme suppléants. Ce taux grimpe à 75 % du côté de la formation professionnelle et de la formation générale des adultes, précise le Syndicat. À cela s’ajoute l’écart salarial entre le personnel enseignant du Québec et celui des autres provinces. Selon un tableau réalisé par Statistique Canada, on remarque en effet que le Québec est parmi les provinces, sinon la province, qui payent le moins bien leurs enseignants.

À venir

Le SERM consulte maintenant ses membres quant à la façon d’appliquer le mandat de grève obtenu. La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), dont il fait partie, devra aussi se prononcer sur la suite des choses, d’autant plus que celle-ci a annoncé lundi que ses membres appuient à 73 % la tenue d’une grève. Aucune date ni façon de faire n’ont été avancées encore.

En point de presse, mardi, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a abordé l’« ombre au tableau » : la négociation. « Des gens trouvent ça long et moi aussi, je trouve ça long. Mais j'ai eu une conversation avec la présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel, et j'ai confiance qu'on va en venir à une entente rapidement », a-t-il avancé.

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©archives - La Revue

Le contexte entourant la COVID-19 accentue l’épuisement ressenti par les enseignants, mais les conditions de travail décriées par le personnel précèdent mars 2020, aux dires du président du SERM, Jean-Louis Bray. On reconnaît ce dernier, à droite, lors d’

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