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02 mars 2021

Mélanie Savage - msavage@lexismedia.ca

Où sont les femmes en politique municipale?

JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES

politique

Les femmes désirant se lancer en politique trouveront une foule de ressources auprès du Réseau des femmes élues de Lanaudière, sur Facebook et sur le Web.

Aux dernières élections municipales, en 2017, 12 mairesses et 125 conseillères ont été élues dans Lanaudière. Parmi ces dernières, 2 ont obtenu un siège à Mascouche et 5 à Terrebonne, pour une représentativité respective de 22 % et de 29 %.

Si la proportion d’élues au palier municipal a bien grandi depuis l’élection de la première femme à Terrebonne (Cécile Fiset en 1972), à Lachenaie (Micheline Mathieu en 1984) ou à Mascouche (Denise Cloutier en 1990), reste que la parité est loin d’être atteinte.

Nathalie Lepage, conseillère à Terrebonne depuis 2017, est d’avis qu’« il faut avoir l’équité hommes/femmes, qu’il faut en parler et montrer qu’une femme peut faire une différence dans un caucus. Et surtout, laisser la femme prendre position sur les sujets à discuter ». Sa collègue Nathalie Bellavance, qui en est à son troisième mandat, croit également que les femmes sont en nombre insuffisant en politique et assure qu’elles y ont pourtant leur place : « Je crois que les femmes sont les bienvenues dans ce milieu. En tant que femme, au sein du conseil municipal de Terrebonne, je n’ai jamais rencontré de situation par rapport à mes idées ou à mes convictions qui m’aurait restreinte quant aux décisions que nous devions prendre ensemble. »

Famille et horaires irréguliers à concilier

Qu’est-ce qui, alors, empêche davantage de femmes de se lancer? Anny Mailloux, conseillère à Mascouche depuis 2013, a ses hypothèses. « Je pense que certaines femmes se sentent moins concernées par la politique municipale parce qu’elles y sont moins représentées, suppose-t-elle. [...] Je crois aussi que le volet familial y est pour quelque chose. En tant que maman de quatre enfants, je peux comprendre que le choix de se lancer en politique peut faire peur, compte tenu de la charge de travail que cela implique, mais aussi des difficultés de conciliation politique-famille engendrées par les horaires atypiques. »

Mme Bellavance abonde dans le même sens. « Encore aujourd’hui, les responsabilités des femmes auprès de leur famille et les horaires irréguliers de travail au sein d’un conseil municipal ne sont pas faciles à concilier. »

Les femmes auraient toutefois beaucoup à apporter à la politique municipale, si l’on en croit les trois élues. Mme Lepage parle « de nouvelles opinions et d’un nouveau regard sur des sujets qui concernent famille et enfants », tandis que Mme Mailloux juge que les femmes « ont tendance à envisager différemment les solutions possibles et à toujours pousser plus loin les réflexions ». Quant à Mme Bellavance, elle conclut sur une note encourageante : « Je crois que la femme, sans tomber dans des clichés, est super organisée, a l’habitude d’avoir une vue d’ensemble avant de prendre une décision et a le souci du détail. Les femmes peuvent apporter des idées politiques à leur image. Par contre, je crois qu’aujourd’hui, quel que soit notre genre, tout le monde à sa place pour faire avancer les choses. »

Terminons en saluant le chef de Vision démocratique de Mascouche, Guillaume Tremblay, qui présente une équipe paritaire en vue des prochaines élections!

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Voici l’intégralité des réponses fournies à nos questions par les trois conseillères municipales interrogées pour la réalisation de cet article.

NATHALIE BELLAVANCE, TERREBONNE

1. Qu’est-ce qui vous a attirée en politique municipale?

La politique est une affaire de famille chez moi. Mon grand-père paternel s’était impliqué, mon père a été conseiller municipal et moi, j’ai grandi dans cet univers. Je souhaitais que mes enfants puissent voir qu’il faut s’impliquer, s’engager et persévérer quand on veut changer les choses dans sa communauté.

 

2. Trouvez-vous qu’il y a assez de femmes en politique?

Très certainement, non. Je crois que les femmes sont les bienvenues dans ce milieu. En tant que femme, au sein du conseil municipal de la Ville de Terrebonne, je n’ai jamais rencontré de situation par rapport à mes idées ou convictions qui m’aurait restreinte quant aux décisions que nous devions prendre ensemble.

 

3. Que pensez-vous que les femmes peuvent apporter au sein d’un conseil municipal ?

Je crois que la femme, sans tomber dans des clichés, est super organisée, a l’habitude d’avoir une vue d’ensemble avant de prendre une décision et a le souci du détail. Les femmes peuvent apporter des idées politiques à leur image. Par contre, je crois qu’aujourd’hui, quel que soit notre genre, tout le monde à sa place pour faire avancer les choses.

 

4. Qu’est-ce qui fait que les femmes sont moins nombreuses à se présenter aux élections municipales, selon vous?

En fait, encore aujourd’hui, les responsabilités des femmes auprès de leur famille et les horaires irréguliers de travail au sein d’un conseil municipal ne sont pas faciles à concilier. Je crois que la société est en train de changer à cet égard et valorise de plus en plus la place des femmes en société.

 

5. Que diriez-vous à une femme qui a envie de se présenter comme candidate, mais qui hésiterait?

Je lui dirais que si tu as des rêves, si tu as des idées, si tu as envie de t’impliquer, de t’engager et de changer les choses, c’est une place pour toi. Fonce, car tu as tout ce qu’il faut pour réussir en politique.

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NATHALIE LEPAGE, TERREBONNE

1. Qu’est-ce qui vous a attirée en politique municipale?

L’envie de relever de nouveaux défis, d’apporter une stabilité et un équilibre dans un conseil municipal qui est aux prises avec des guerres de gars. De briser les tabous. Une femme est aussi compétente et peut avoir de très bonnes idées.

 

2. Trouvez-vous qu’il y a assez de femmes en politique?

Non, il faut avoir l’équité hommes-femmes, il faut en parler et montrer qu’une femme peut faire une différence dans un caucus. Et surtout, laisser la femme prendre position sur les sujets à discuter.

 

3. Que pensez-vous que les femmes peuvent apporter au sein d’un conseil municipal?

De nouvelles opinions et nouveau regard sur des sujets qui concernent famille et enfants.

 

4. Qu’est-ce qui fait que les femmes sont moins nombreuses à se présenter aux élections municipales, selon vous?

Les femmes ont peur de se présenter, car c’est un sujet qui est encore relié aux hommes. La femme d’aujourd’hui est pourtant plus à l’affût des sujets politiques, donc il faut prendre notre place.

 

5. Que diriez-vous à une femme qui a envie de se présenter comme candidate, mais qui hésiterait?

De ne pas avoir peur de foncer et d’écouter ses convictions, et de défendre son point de vue.

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ANNY MAILLOUX, MASCOUCHE

1. Qu’est-ce qui vous a attirée en politique municipale?

C’est en 2009 que j’ai eu la chance de participer pour la première fois à une campagne électorale municipale. Je travaillais alors pour l’élection de M. Jacques Tremblay, anciennement conseiller municipal de l’opposition à la Ville de Mascouche. C’est grâce à cette implication que j’ai découvert les rouages du monde municipal. Selon moi, la politique municipale est d’abord et avant tout une politique de terrain. Elle nous permet d’être près des gens que l’on représente. Étant issue du domaine de l’économie sociale et des organismes communautaires, le contact humain, mais aussi les échanges, la collaboration et le mouvement coopératif ont toujours fait partie intégrante de mon processus de décision, de mes méthodes de gestion. Être élu au municipal ne se compare en aucun temps avec le fait d’être un élu aux autres paliers gouvernementaux. En effet, en tant que maman de quatre enfants, dont le plus jeune fête à peine son 6e mois, le municipal m’offre la chance de pouvoir participer à la vie politique de notre communauté, sans avoir à m’expatrier loin de ma famille à Québec ou à Ottawa! Mes enfants sont une grande source de motivation. J’ai eu le désir de leur prouver que l’on peut réellement changer les choses, que chaque petit geste compte et qu’au final, c’est à nous de nous impliquer pour améliorer le sort de notre collectivité!

 

2. Trouvez-vous qu’il y a assez de femmes en politique?

Si vous m’aviez posé cette question en 2013, lors de ma première année de mandat, j’aurais sûrement répondu que non! Aujourd’hui, après près de huit ans de mandat, j’ai pu constater une forte augmentation de la représentation féminine au sein des conseils municipaux de diverses villes, ce qui est une super nouvelle. Par contre, je déplore qu’il y ait encore trop peu de jeunes femmes en politique. La représentation des jeunes en politique est vraiment faible, celle des jeunes femmes encore plus, ce qui est vraiment dommage et me dit qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre une véritable représentativité paritaire!

 

3. Que pensez-vous que les femmes peuvent apporter au sein d’un conseil municipal?

Les femmes apportent énormément au monde politique grâce à leur sensibilité et à leur côté parfois plus humain lors de la prise de décisions. Les femmes ont tendance à envisager différemment les solutions possibles et aussi à toujours pousser plus loin les réflexions. Pour ma part, je crois que d’être maman change inévitablement ma façon d’exercer mon métier. Autant dans ma manière de prendre des décisions que dans ma perception de mon travail en tant que tel, et cela influence ma perception des gens aussi.

 

4. Qu’est-ce qui fait que les femmes sont moins nombreuses à se présenter aux élections municipales, selon vous?

D’une part, je pense que certaines femmes se sentent moins concernées par la politique municipale parce qu’elles y sont moins représentées. Les femmes ont aussi tendance à se questionner et à se requestionner, se demandant toujours : « Serais-je à la hauteur? ». Elles sont moins confiantes. D’autre part, je crois aussi que le volet familial y est pour quelque chose. En tant que maman de quatre enfants, je peux comprendre que le choix de se lancer en politique peut faire peur, compte tenu de la charge de travail que cela implique, mais aussi des difficultés de conciliation politique-famille engendrées par les horaires atypiques.

 

5. Que diriez-vous à une femme qui a envie de se présenter comme candidate, mais qui hésiterait?

Lance-toi! C’est une formidable aventure qui vaut la peine d’être vécue! On me demande souvent ce que les femmes peuvent apporter à la politique, et j’ai tendance à retourner cette question et à demander : « Qu’est-ce que la politique peut apporter dans la vie d’une femme? » Je pense que la politique municipale peut amener les femmes à se redécouvrir et à dépasser leurs limites, ça peut également les amener à découvrir et à expérimenter des facettes inconnues d’elles-mêmes. Pour les mamans, j’ai envie de leur dire qu’il n’y a pas de recette miracle pour concilier politique et vie de famille, mais je crois sincèrement que c’est possible, j’en suis la preuve vivante! Ha! ha! ha! À celles qui hésiteraient, je vous lance le défi de venir vous impliquer avec moi cette année et de découvrir tout ce que la politique peut vous apporter. En terminant, j’ajouterais que chaque petit geste compte et qu’au final, c’est à nous de nous impliquer, à notre mesure, pour améliorer le sort de notre collectivité.

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