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04 mars 2021

Mélanie Savage - msavage@lexismedia.ca

Une électricienne à sa place

JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES

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©Mélanie Savage - La Revue

Marika Bérubé ne s’est pas questionnée sur le fait qu’elle serait une fille dans un milieu de garçons lorsqu’elle a choisi l’électricité. Elle a simplement choisi le métier qui lui plaisait.

Plus jeune enseignante au DEP en Électricité au Centre de formation professionnelle des Moulins, Marika Bérubé est aussi la première femme à enseigner dans ce programme. Elle n’en fait toutefois pas grand cas, elle qui dit s’être toujours sentie à sa place dans son domaine.

Née d’un père entrepreneur général, Marika a connu les chantiers dès son jeune âge. Néanmoins, vers la fin du secondaire, elle cherchait encore le métier qu’elle allait embrasser. « Au secondaire, quand on rencontrait l’orienteur, c’était déjà divisé avec les gars d’un côté, les filles de l’autre. Je ne sais pas si c’est encore comme ça aujourd’hui, mais tu n’aurais pas vu l’orienteur suggérer à un garçon d’aller en éducation à la petite enfance ou à une fille d’aller en construction », se rappelle la Terrebonnienne aujourd’hui âgée de 30 ans.

Elle a donc touché aux sciences humaines au cégep, puis à l’éducation à la petite enfance, jusqu’à ce qu’un autre orienteur lui suggère enfin un métier manuel. « C’était une évidence que j’étais faite pour être électricienne. C’est comme si je le savais en dedans, mais que j’avais besoin que quelqu’un me le dise. Personne ne m’en parlait avant ça! » s’étonne-t-elle avec du recul.

À sa place

Marika n’a jamais été victime de commentaires sexistes durant son parcours scolaire et s’est toujours sentie à sa place. Toutefois, elle a dû cogner à plusieurs portes avant d’être embauchée après l’obtention de son diplôme d’études professionnelles (DEP). « Il a fallu que je fasse beaucoup d’appels quand j’ai voulu trouver du travail. On est acceptées comme filles une fois dans le métier, mais il faut quand même qu’on défonce la première porte. Il y aura toujours des préjugés, c’est dans la nature humaine », pense Marika.

Une fois sur les chantiers, cependant, elle n’a jamais eu à se prouver davantage qu’un homme. Et elle n’a entendu des commentaires sexistes qu’une seule fois. « C’était, comme on dit, un "vieux de la vieille", avec une mentalité dépassée. Ma présence le dérangeait clairement, s’amuse-t-elle à raconter. Il passait toutes sortes de commentaires, mais finalement, il s’est fait dire de se la fermer par les autres gars! »

Vive la différence!

Ce comportement un peu protecteur de ses collègues masculins, Marika le remarque aussi chez les étudiants dans les classes où elle enseigne depuis mai, au CFP des Moulins. « Les gars agissent envers les filles un peu comme de grands frères », observe-t-elle. Ils ne sont déplacés ni envers elle ni envers les étudiantes. En fait, « la génération qui est là, dans les cours, oh my god l’ouverture d’esprit! », lance-t-elle.

La Terrebonnienne remarque néanmoins qu’une seule fille dans un groupe de garçons fait une différence. « Ça crée comme une retenue dans l’atmosphère de boys, qui peut parfois ressembler à une guerre de coqs. Ça change le mood », confirme-t-elle. « Mais au-delà du fait que ce soient des filles et des gars, ça apporte tout simplement une différence. Et ça, c’est toujours bon », insiste-t-elle.

Pourquoi, si enfin la présence des filles dans des métiers non traditionnels ne semble plus choquer, n’en compte-t-on pas davantage dans ces programmes d’études? « C’est un mélange de plein de choses », suppose Marika. À commencer, selon elle, par un simple manque d’intérêt. « Ce n’est pas la majorité des filles qui s’intéressent aux métiers de la construction. Peut-être parce qu’elles n’ont pas beaucoup de modèles autour d’elles. » Elle se demande par ailleurs si « on en parle assez à l’école », si les adolescentes qui se préparent à choisir une carrière ont ces types d’emplois en tête. Chose certaine, Marika Bérubé encourage toute fille intéressée par les métiers de la construction à foncer. « Les conditions physiques sont parfois très difficiles, il faut qu’elle soit prête à ça, mais les salaires sont bons et les perspectives d’emploi sont en forte hausse », assure-t-elle. Avis aux intéressées!

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©Mélanie Savage - La Revue

Marika Bérubé est la première femme à enseigner au DEP en Électricité au CFP des Moulins.

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