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10 mars 2021

Pénélope Clermont - pclermont@lexismedia.ca

La violence conjugale, ce mal universel

4221aminate

« L’amour ne doit jamais cohabiter avec la violence », insiste Samia Mekhtoul, psychologue d’origine algérienne et experte auprès de la communauté maghrébine.

Alors que le Québec vient d’être témoin de cinq féminicides en un mois, AMINATE a profité de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, pour promouvoir la non-violence conjugale chez le couple issu de l’immigration par l’entremise d’une table ronde tenue en ligne.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), presque une femme sur trois est victime de violence conjugale. À l’échelle mondiale, 38 % des femmes assassinées ont succombé à la violence de leur partenaire intime. L’OMS reconnaît qu’il s’agit « d’un grand problème de santé publique et d’une violation majeure des droits de la femme ».

Il est bon de préciser d’emblée qu’aucune statistique n’offre d’indicateur quant à la proportion des femmes issues de l’immigration qui doivent face à la violence conjugale. « La violence conjugale n’est pas latine, maghrébine ou africaine; elle est universelle. Même les vedettes d’Hollywood en sont victimes! » a rappelé en cours de présentation Samia Mekhtoul, psychologue d’origine algérienne et experte auprès de la communauté maghrébine. Justement, parce que le fléau s’introduit aussi dans les communautés qu’il dessert, AMINATE (Accueil multiethnique et intégration des nouveaux arrivants à Terrebonne et Mascouche) a orienté sa table ronde du 8 mars autour des caractéristiques culturelles de la violence conjugale envers les femmes vulnérables issues de l’immigration.

Des contextes qui alimentent la vulnérabilité

La rencontre a commencé par la présentation d’un documentaire qui a permis de mettre en lumière des contextes dans lesquels ces femmes vivent de la violence conjugale. On souligne entre autres combien la grande présence de la famille peut se révéler un couteau à deux tranchants, devenant à la fois une source de protection comme une source d’isolement par rapport au monde extérieur.

Par ailleurs, le parrainage des femmes par leur conjoint lors d’un processus d’immigration rend celles-ci d’autant plus vulnérables. Bien que sa réalité personnelle soit positive, une des participantes a mis en évidence à quel point le conjoint, qui connaît la terre d’accueil et le système qui l’encadre, a toujours une longueur d’avance sur la femme qu’il parraine, laquelle se retrouve dans l’ignorance. Or, « l’amour ne doit jamais cohabiter avec la violence », a souligné Mme Mekhtoul, et ce, même si les croyances culturelles indiquent le contraire.

« Qui aime bien châtie bien », a cité en exemple une intervenante qui œuvre à identifier les croyances alimentant la violence auprès de sa clientèle.

La violence et des ressources

Le contexte a beau être différent au sein d’un couple issu de l’immigration, la violence, qu’elle soit physique (gifle, coup, étranglement), psychologique (insulte, humiliation, cri, menace, manipulation), économique (contrôle des dépenses et des revenus, dépendance financière, accessibilité aux comptes bancaires), sexuelle (attouchement, viol, utilisation de la sexualité comme moyen de pression), spirituelle (interdiction de fréquenter un lieu de culte, critique des croyances, forcer à adhérer à des pratiques religieuses) comporte les mêmes caractéristiques que dans d’autres couples, et les conséquences sont aussi malheureusement les mêmes.

C’est pourquoi il est important de se tourner vers une ressource d’aide, car il y en a, à commencer par AMINATE ou Regroup’elles, une maison d’aide et d’hébergement accessible aux femmes violentées. Les corps policiers peuvent aussi être contactés. Deux agentes de la police de Terrebonne étaient d’ailleurs disponibles pour entre autres rassurer les participantes et les informer qu’un service d’accompagnement est offert avant la répression, sauf dans le cas d’un acte criminel évident ou d’un danger imminent. La discrétion est au cœur de leurs interventions, ont-elles assuré.

Une première table ronde sur le sujet qui promet de donner lieu à d’autres initiatives pour favoriser les rapports égalitaires. « Cette journée n’est qu’un début », a garanti Hassiba Idir, directrice d’AMINATE.

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