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29 mars 2021

Pénélope Clermont - pclermont@lexismedia.ca

« Transidentité » : vers l’acceptation de soi

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©Courtoisie

Mélodie Sicard et Stéphanie Perron ont collaboré pour illustrer, à travers « Transidentité », le parcours que peut traverser une personne trans.

Avec son deuxième roman publié dans la collection Tabou aux Éditions de Mortagne, Stéphanie Perron traite d’un sujet peu abordé de front dans la littérature : la transidentité. C’est d’ailleurs le titre de ce livre paru plus tôt cette année, Transidentité, qu’elle a écrit en collaboration avec sa conjointe, Mélodie Sicard, une femme trans.

« J’ai suggéré d’écrire un roman avec elle. Je savais que le sujet n’avait pas été écrit du point de vue male to female (la transition du genre masculin vers le féminin), présente l’auteure de Terrebonne. Alors, j’ai écrit et ma blonde m’a donné tous les renseignements dont j’avais besoin. Ça m’a évité des heures de recherches et de témoignages de spécialistes. »

Elle s’est donc inspirée du parcours de son amoureuse pour donner vie à ses personnages, mais ce n’est pas de l’histoire de Mélodie qu’il est question dans le livre, même si celle-ci le considère comme son autofiction, aux dires de Stéphanie. « Les réactions du personnage sont véridiques », précise-t-elle.

Quant aux faits, ils relatent le récit fictif de Mickaël qui, à sa première journée au cégep, revoit Chihiro, une connaissance avec qui il se lie rapidement d’amitié. Quand il l’accompagne à une soirée de l’association LGBTQ+ qu’elle fréquente, sa vie bascule. Car derrière la façade parfaite qu’il s’est créée se cache une haine de lui-même et de son corps. Chaque fois qu’il regarde son reflet dans le miroir, il ressent un mal-être plus grand. Un mal-être qui le détruit à petit feu. Un mal-être qu’il ne peut plus garder pour lui. Tout au long des 392 pages du roman, on voit Mickaël devenir Marika, de la prise de conscience à la peur d’être rejeté, puis du coming-out jusqu’à l’acceptation et à la transition.

Démarche éducative

Bien que Stéphanie partage sa vie avec Mélodie depuis un certain temps déjà, elle admet en avoir beaucoup appris sur tout le processus de transition. « Je lui ai posé des questions que je ne lui avais jamais posées parce que je sais que se rappeler sa vie d’avant est plus difficile. Ce sont des sentiments que tu ne veux plus ressentir », expose celle qui a notamment été étonnée d’apprendre que la dysphorie de genre (sensation d’inconfort, de détresse ou de rejet vis-à-vis le genre assigné à la naissance) n’apparaît pas seulement durant l’enfance. « Mélodie l’a su vers 17 ou 18 ans, alors que j’ai toujours pensé que c’est plus jeune qu’on le savait. Elle s’était créé une façade et c’est à la fin du secondaire qu’elle a eu un déclic », décrit l’auteure. Autre fait qui l’a marquée au cours de l’écriture : « 70 % des personnes trans songent au suicide aujourd’hui », fait-elle savoir avec regret.

Une suite en préparation

La femme de 30 ans ignore pour le moment si elle pourra publier un tome 2 à la suite de Transidentité, mais elle planche néanmoins déjà sur celui-ci, à la demande de lecteurs d’une part et par volonté d’amener la démarche plus loin de l’autre. À la fin du tome 1, le personnage commence à prendre des hormones. Dans la suite, il sera question de l’opération. « La fin du livre se peut sans tome 2 et sans opération, précise-t-elle cependant. Je voulais que les gens comprennent que chaque trans a son parcours. L’important, c’est que tu te sentes bien. Si tu n’as pas besoin d’opération, ne le fais pas parce que c’est tellement difficile psychologiquement et physiquement. »

Les sujets tabous ne font pas peur à l’écrivaine prolifique qui a entre autres publié deux titres, Nées autres (Éditions 3 sista) et Corde raide (collection Tabou), traitant d’homosexualité et du trouble de la personnalité limite. Pour connaître ses autres projets d’écriture, et ils sont nombreux, visitez le facebook.com/stephanieperronauteure.

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« Transidentité » est le deuxième roman de l’auteure de Terrebonne dans la collection Tabou aux Éditions de Mortagne.

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