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07 avril 2021

Jean-Marc Gilbert - jmgilbert@lexismedia.ca

Trouver une place en garderie ou gagner à la loterie

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Lanaudière est l’une des régions où la pénurie de places en services de garde subventionnés est la pire au Québec.

Edith Rémillard a été prévoyante en novembre 2019, lors de sa grossesse, en s’inscrivant à La Place 0-5. Elle avait bon espoir d’obtenir une place en CPE ou en garderie subventionnée avant la fin de son congé de maternité. À quelques jours de son retour prévu au travail, la voilà contrainte de rester à la maison, puisqu’elle n’a jamais été en mesure de trouver une place pour sa fille.

La mère de Terrebonne a multiplié les démarches depuis plus d’un an, mais une seule solution s’offre maintenant à elle. « Je vais devoir demander un congé sans solde à mon employeur et rester chez moi sans salaire et sans aide financière », lance-t-elle, inquiète de savoir que son conjoint devra subvenir seul aux besoins de la famille.

« J’ai regardé partout : à Terrebonne, à Repentigny, à Mascouche. J’ai appelé dans tous les CPE. J’ai regardé pour une place en milieu familial. Je suis sur plein de listes d’attente, mais rien ne bouge », nous raconte-t-elle, découragée.

Elle s’est adressée aux élus locaux et a écrit au ministère de la Famille pour relater son histoire. Ce dernier lui a répondu que deux appels de projets avaient été lancés en 2020 pour la création de 4 359 places subventionnées et la conversion de 1 750 places non subventionnées en places subventionnées. La mère a bien hâte qu’elles se concrétisent.

« Dramatique »

Des histoires comme celle de Mme Rémillard, la directrice du CPE Gamin Gamine, Louise Huard, en entend chaque jour. « C’est dramatique. Ça fait 23 ans que je suis dans le réseau et j’ai l’impression de revivre l’époque des garderies à 5 $ sur le plan de la pénurie. Le manque de places est flagrant, dit la directrice de l’installation de 80 places à Terrebonne, qui agit aussi comme bureau coordonnateur pour 605 places en milieu familial à Mascouche. « Tous les jours, je reçois minimum cinq ou six appels de parents en détresse. C’est fréquent et régulier. Et nous ne pouvons pas donner les délais des listes d’attente parce que nous ne les connaissons pas », ajoute Mme Huard.

Selon elle, une partie de la solution à la pénurie réside dans le recrutement de responsables en service de garde (RSG) en milieu familial. « Ça prend de nouvelles RSG, surtout que la pandémie est venue exacerber le besoin parce que certaines ont fermé. »

Plus sévère dans Lanaudière

Par ailleurs, Lanaudière est l’une des régions où la pénurie de places est la pire au Québec, puisque celles promises par les derniers gouvernements n’arrivent pas. Le Parti Libéral a récemment déclaré, dans un communiqué de presse, que « seulement 14 % des places sur les 1 238 promises ont été réalisées » dans la région.

La Revue a communiqué avec le député de Masson, Mathieu Lemay, pour savoir si, à son bureau, il reçoit beaucoup d’appels de parents désemparés comme Mme Rémillard. Il affirme que le nombre d’appels n’est pas croissant et qu’il ne s’agit pas non plus du motif de la majorité des appels.

Questionné sur l’accélération des 140 places en CPE à Mascouche qu’il annonçait fièrement dans un communiqué de presse en juin 2020, il indique que « ça progresse et qu’il n’y a plus aucun bâton dans les roues ». Il ne peut toutefois reconfirmer que ces places verront le jour dans le délai de 24 mois qui avait été donné lors de l’annonce de leur financement. Rappelons que ces places avaient été octroyées il y a sept ans par les libéraux et qu’elles dormaient sur une tablette depuis. Toujours en juin 2020, Québec annonçait aussi l’accélération de 60 places à Terrebonne.

Le ministère de la Famille admet qu’il y a certains problèmes, mais indique que le gouvernement met les bouchées doubles sur plusieurs plans. Il confirme notamment « la baisse de l’offre en milieu familial depuis 2014, tendance accentuée par la pandémie ». Par ailleurs, il souligne que de nombreuses places ont été accordées depuis dix ans, mais n’ont jamais été réalisées par les promoteurs.

Néanmoins, « au 28 février 2021, Lanaudière comptait plus de 1 100 places subventionnées en réalisation », affirme le ministère. On rappelle aussi que le nombre d’étapes à franchir pour l’ouverture d’un CPE est passé de 17 à 9 depuis une annonce faite le 12 mars. Ce qui s’ajoute au fait qu’en février 2019, le ministère avait relancé les demandeurs intéressés à ouvrir un service de garde pour la réalisation des places octroyées antérieurement. Et c’est sans compter l’assouplissement du programme de financement des infrastructures des CPE à compter de l’année financière 2020.

Finalement, le plus récent budget provincial propose un programme d’aide financière pour inciter les RSG à accueillir 9 enfants, un investissement de 97,4 M$ sur 5 ans.

La liste d’attente pour obtenir une place en CPE contient 50 000 noms à travers le Québec, affirmait le Parti Libéral en février.

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