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14 avril 2021

Jean-Marc Gilbert - jmgilbert@lexismedia.ca

Le cri du cœur de deux profs

4721enseignantes

Devant l’amplification de plusieurs problèmes vécus dans le réseau scolaire en raison de la pandémie de COVID-19, les enseignants moulinois prévoyaient débrayer jusqu’à 9 h 30 le 14 avril.

Pendant que le Syndicat de l’enseignement de la région des Moulins (SERM) prévoyait quelques heures de grève, le 14 avril, deux enseignantes, une du primaire et une du secondaire, se sont confiées à La Revue pour exposer la réalité dans laquelle elles naviguent pour tenter, du mieux possible, d’éduquer les élèves moulinois dans ce contexte plutôt particulier.

Chloé (nom fictif) enseigne au primaire. Avant même la pandémie, elle constatait des problèmes dans les services offerts aux élèves. Avec l’accès difficile aux orthopédagogues, aux travailleurs sociaux, aux psychologues et à d’autres ressources spécialisées, ses collègues et elles se sentent bien seules pour assister un élève qui éprouve des difficultés personnelles ou scolaires. La pandémie a eu pour effet « d’ajouter les baluchons des 27 petites familles d’élèves qui vivent avec le stress lié à la COVID-19 ».

C’est encore plus vrai lorsque l’élève n’est pas présent en classe et qu’il doit suivre l’enseignement à distance parce que la classe est fermée ou parce qu’il doit s’isoler par mesure préventive. Et tout ça, sans parler de la vaccination qui se fait attendre et des mesures annoncées par le gouvernement qui, une fois réparties dans le réseau, ne donnent que « de grenailles » à un établissement, constate-t-elle.

Bref, selon Chloé, les enseignants travaillent dans l’ombre et n’ont pas de soutien réel, à l’exception des remerciements du premier ministre en point de presse. « L’école a pris feu en même temps que l’hôpital. À l’hôpital, on tente de l’éteindre, mais pendant ce temps, on regarde l’école brûler », illustre-t-elle.

Écart creusé et démotivation

Le constat est le même du côté de Geneviève (nom fictif), qui enseigne au secondaire. Ce qui la frappe d’emblée depuis la pandémie est de voir la séparation qui se creuse davantage entre les élèves qui ont plus de difficulté à apprendre et ceux pour qui c’est plus facile. Les bouchées doubles mises depuis septembre n’ont pas permis de récupérer le retard accumulé l’an dernier. Conséquence, la démotivation est palpable chez plusieurs d’entre eux. Et lorsque l’élève est à distance, c’est doublement laborieux. « Je parle beaucoup à ceux qui ont tendance à se démotiver, mais [en virtuel] ce n’est pas la même chose. Je ne peux pas non plus circuler en classe durant les exercices et dire à un élève : "Oh! attention, tu as une petite erreur ici" et lui donner des explications », cite-t-elle comme exemple.

Ces deux enseignantes manquent de temps et de ressources pour offrir aux jeunes toute l’aide dont ils ont besoin pour réussir. L’enjeu du salaire à l’entrée, qu’elles considèrent bas, et la précarité d’emploi qui peut durer longtemps (Geneviève a obtenu sa permanence après dix ans d’enseignement) n’aident certes pas au recrutement.

Tous les ingrédients sont réunis pour une pénurie d’enseignants qui sera encore pire après la pandémie, croient-elles. « J’entends beaucoup de questionnements autour de moi. De gens qui se demandent pourquoi ils ont choisi le métier. Surtout chez les jeunes. On voit des étudiantes qui décident d’abandonner ou qui échouent leur stage », se désole Chloé.

Geneviève dit aussi être témoin de quelques démissions par épuisement, mais surtout de départs à la retraite plus hâtifs que prévu.

Elles souhaitent que le gouvernement, qui a lui-même voulu négocier malgré le contexte, le fasse « pour vrai », dit Geneviève. « Si l’éducation est vraiment sa priorité, il doit commencer à investir dans le système pour offrir des services aux élèves. Par juste pour aider ceux de cette année ou de l’an prochain, mais aussi ceux dans cinq et dix ans. »

« La population ne sait pas nécessairement tout ça. Il faut se faire entendre lors de cette grève de courte durée, notre seule façon d’agir sans nuire aux élèves », conclut Chloé.

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