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17 novembre 2021

Valérie Maynard - vmaynard@lexismedia.ca

Le dossier sera porté en Cour supérieure

DÉMOLITION DU 133, RUE CHAPLEAU

2721 133 chapleau

©archives - La Revue

La manufacture de chaussures Globe Shoe a ouvert ses portes en septembre 1917. La bâtisse est vacante depuis 2014.

L’immeuble situé au 133, rue Chapleau à Terrebonne, a connu des jours plus glorieux. Construit en 1917, il a abrité l’ancienne manufacture de la Globe Shoe pendant une quarantaine d’années. C’est aussi entre ses murs que les premières voitures Manic GT ont été assemblées en 1969 et en 1970. Aujourd’hui, son propriétaire, le Groupe Magma, souhaite sa démolition, alors que la Ville de Terrebonne s’y oppose. Les deux parties devront maintenant en débattre en Cour supérieure.

« J’ai fait faire une évaluation de la condition physique de l’immeuble et une inspection visuelle. Les deux rapports recommandent sa démolition. En juillet, la Ville a fait faire une contrexpertise qui arrive à la même conclusion et malgré ça, elle s’entête et refuse d’en discuter », déplore Yan Le Houillier, président du Groupe Magma.

Rappelons qu’en février dernier, le Comité de démolition de la Ville a refusé la demande de démolition du 133, rue Chapleau en raison de la « valeur patrimoniale supérieure du bâtiment » et du fait que l’immeuble « fait partie de l’identité du quartier, tout en marquant la porte d’entrée de la ville à partir du pont Sophie-Masson », une décision que M. Le Houillier a porté en appel. Un mois plus tard, lors de la séance municipale, les élus refusaient de façon définitive la démolition de l’immeuble.

Le 28 avril 2021, Condominiums Le M-Vieux Terrebonne inc., une filiale du Groupe Magma, a déposé une demande introductive en démolition contre la Ville de Terrebonne, avec pour principal argument la dangerosité de l’endroit et le fait qu’il n’existe « aucun autre remède utile que de procéder à sa démolition ». « Tous les rapports concluent que la bâtisse n’a aucune valeur patrimoniale et ne fait l’objet d’aucun fait historique marquant, contrairement à l’usine Moody par exemple. Je ne comprends pas leur entêtement. Alors, on s’en va en cour. Je veux que le tribunal ordonne la démolition du bâtiment », fait valoir M. Le Houillier.

Citation des biens et immeubles patrimoniaux

Parallèlement, la Ville de Terrebonne a récemment déposé son nouveau règlement 810 relatif à la citation des biens et immeubles patrimoniaux. Parmi les 54 immeubles cités se trouve le 133, rue Chapleau, ce qui n’a pas manqué de faire sourciller M. Le Houillier. « Nous sommes fortement surpris et étonnés du fait que, alors que des procédures judiciaires pendantes visent l’immeuble concerné, la Ville de Terrebonne tente de contourner le processus judiciaire amorcé en adoptant une règlementation municipale à son égard », peut-on lire dans une correspondance adressée aux membres du Conseil local du patrimoine de la Ville de Terrebonne, en date du 23 août dernier, et par laquelle M. Le Houillier leur demande de retirer l’immeuble du 133, rue Chapleau de la liste des bâtiments devant être cités en vertu de ce règlement. Cette demande est restée lettre morte. En raison de la judiciarisation du dossier, la Ville de Terrebonne n’a pas souhaité commenter la situation. Le dossier sera présenté en Cour supérieure en avril 2022.

Mémoire historique

Selon Claude Blouin, président de la Société d’histoire de la région de Terrebonne, l’intérêt de la bâtisse se situe bien au-delà de sa valeur patrimoniale. « Sa conservation est importante pour tout l’aspect historique qui s’y rattache. La Globe Shoe, avec ce qui reste de la Moody, sont les deux seuls témoins du passé industriel de Terrebonne », souligne-t-il. Construite en 1917, la manufacture est aussi devenue un témoin précieux de l’incendie de 1922 qui a ravagé tout le secteur. « À l’époque, les pompiers ont dynamité tout le côté ouest de la rue Chapleau pour éviter la propagation du feu. C’est comme ça qu’ils ont réussi à sauver le gagne-pain de nombreux Terrebonniens qui travaillaient à la Globe Shoe », termine-t-il.

3621globeshoe

©archives - La Revue

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