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26 novembre 2021

Valérie Maynard - vmaynard@lexismedia.ca

« On voulait provoquer la réflexion » – Monic Néron

« LA PARFAITE VICTIME » AU CINÉ TVT

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©courtoisie

Monic Néron a coréalisé le documentaire avec Émilie Perreault.

Sorti cet été dans les cinémas du Québec, le documentaire La parfaite victime de Monic Néron et Émilie Perreault a créé beaucoup de remous. Le film continue d’être projeté auprès de divers organismes et dans différentes salles, notamment au Théâtre du Vieux-Terrebonne, le 6 décembre.

« Il a aussi été présenté auprès d’organismes travaillant avec des hommes qui affichent des comportements violents; ça m’a beaucoup touchée parce que les hommes doivent aussi participer à la solution pour que le changement soit réel. C’est une affaire collective. Ce documentaire avait un objectif : on voulait provoquer la réflexion », explique Monic Néron.

Pendant trois ans, les réalisatrices ont décortiqué le parcours de victimes qui ont choisi la voie judiciaire dans la foulée du mouvement #MeToo, et mis des visages sur les échecs du système de justice en matière d’agression sexuelle. En résulte une remise en question des méthodes d’un système réfractaire aux changements. « Beaucoup de gens sont déjà convaincus que des changements sont nécessaires. Le public en général emboîte le pas et s’intéresse à la cause. Le film a connu un très beau box-office cet été et nous sommes en discussion pour qu’il soit aussi disponible en vidéo sur demande sur toutes les plateformes numériques. Il est aussi question qu’il soit diffusé à la télévision. »

Questionnement et espoir

Réaliser un tel documentaire provoque nécessairement des bouleversements et des questionnements. « On ne sort pas indemne d’un tel exercice. C’est une grande charge émotive que d’accompagner les victimes et de devoir affronter certains intervenants du système. Chaque fois, c’est comme ouvrir une boîte de Pandore », illustre Monic Néron.

La parfaite victime trace également un parallèle troublant avec Mourir à tue-tête, un film québécois mi-fictif, mi-documentaire réalisé en 1979 par Anne Claire Poirier et dont le thème est le viol. « Il y a des enjeux qui ont stagné. Les drapeaux rouges étaient déjà levés il y a 40 ans. Ça m’a complètement troublée. Mais il y a aussi des choses qui ont évolué, pour le mieux, dans les façons de faire des corps policiers par exemple. Les hommes sont aussi plus nombreux à sentir leur responsabilité face à certains comportements. Il faut se serrer les coudes et dénoncer ces comportements », ajoute-t-elle.

La démarche judiciaire entourant les agressions sexuelles est plus que jamais d’actualité avec l’adoption, le 25 novembre, de la Loi visant la création d’un tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et de violence conjugale (projet de loi 92) à l’Assemblée nationale. « Je crois qu’il est maintenant possible de faire les choses autrement. Les procureurs, les policiers et les gens croisés sur le terrain s’entendent pour dire qu’il faut changer les choses. On sent aussi que le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, en a fait presque une affaire personnelle. Je pense que tout ça nous indique qu’il y a de l’espoir », termine Mme Néron.

Le documentaire La parfaite victime sera présenté au Ciné TVT le 6 décembre, à 19 h 30. Information : 450 492-4777.

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