Carrières dans votre région Guide resto Avis de décèsÉdition Électronique Rabaischocs.com

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Opinion

Retour

09 mars 2022

Gilles Bordonado - gbordonado@lexismedia.ca

Saga

LIBRE OPINION

Gilles Bordonado

Gilles Bordonado, éditeur et directeur du développement des affaires de La Revue.

Toute l’histoire entourant le Domaine seigneurial de Mascouche tourne à la saga. Lorsque l’administration Tremblay s’est lancée dans ce projet ambitieux, elle savait que les Mascouchois devraient en payer une bonne partie, mais elle espérait un minimum de mobilisation de Québec pour soutenir cette initiative hors du commun. Jusqu’à présent, ce n’est pas le cas.

Il n’y a rien de surprenant à ce que le premier magistrat se lance dans de grandes manœuvres pour pousser Québec à s’impliquer alors qu’une échéance électorale est à nos portes. Et il a raison; il y a péril en la demeure. Le moulin et la maison du meunier ne résisteront probablement pas à un autre hiver.

Lorsque j’ai entendu le premier ministre Legault présenter l’initiative comme un projet « jeune », une lumière rouge s’est allumée dans mon esprit, comme dans celui des édiles municipaux… et, je n’en doute pas, dans celui du député Mathieu Lemay. Malgré sa bonne volonté, ce dernier voit le projet se retrouver sous la pile. Quand ta marge de manœuvre est restreinte à celle des fonctionnaires du ministère de la Culture, c’est que ton projet est dans le trouble.

Ce qui est lassant, c’est qu’à Québec, on parle d’un financement partiel du projet, forçant encore la Ville à allonger des millions pour le réaliser. S’il n’en tenait qu’à Mathieu Lemay, Québec serait sûrement au rendez-vous, mais ce n’est clairement pas lui qui a les mains sur le volant.

La ministre Nathalie Roy a beau s’époumoner dans les médias, pleurant la disparition de chaque bâtiment historique qui s’écroule, on voit bien que son ministère ne ressent pas de sentiment d’urgence. On préfère déléguer la responsabilité aux villes en espérant que celles-ci allongeront l’argent pour retaper les bâtiments de leurs fonds propres.

Ce dont a besoin la Ville de Mascouche, comme bien des villes du Québec, ce ne sont pas des demi-subventions pour sauver la coquille du moulin et de la maison du meunier, mais bien de sommes substantielles pour leur redonner tout leur lustre et la mission culturelle qu’ils méritent. Si le projet coûte plusieurs millions et que l’État offre moins d’un million, on n’arrivera à rien.

Tout cela nous ramène à deux questions posées dans cette même chronique il y a quelques mois : est-ce aux villes de sauver les bâtiments historiques et en ont-elles les moyens? Aux deux questions, je réponds oui et non. Oui pour identifier avec le milieu les édifices au fort potentiel, mais oui et non pour les restaurer. Dans le cas du moulin et de la maison du meunier, l’entêtement du ministère de la Culture à refuser le classement du site pendant des décennies donne le résultat que l’on connait aujourd’hui. On a laissé un privé sans scrupules se l’approprier et le laisser dépérir, au point que le superbe Manoir seigneurial, vandalisé à l’extrême, n’a pu être sauvé. La ministre Roy a alors crié au scandale. J’invite cette dernière à se pencher sérieusement sur ce dossier et à le sortir des mains de ses fonctionnaires pour éviter qu’elle ne s’époumone encore dans quelques mois, quand le moulin et la maison du meunier s’écrouleront ou tomberont entre les mains d’un propriétaire privé qui en tirera profit. À ce que je sache, en France, aux États-Unis et dans bien d’autres pays, cette mission revient souvent à l’État.

La Ville de Mascouche et ses citoyens ont assumé de grandes responsabilités en se portant acquéreurs du Domaine seigneurial et ils en payent le prix. Fort heureusement, la Communauté métropolitaine de Montréal est venue les appuyer pour faire de ce vaste parc un bien commun pour tous les citoyens du grand Montréal. Il est temps que Québec assume aussi ses responsabilités avant qu’il ne soit trop tard.  

Lisez également : Une pétition pour la sauvegarde du patrimoine bâti, Le député Lemay rétière sa collaboration et Un constat d'échec sans équivoque, estime le candidat du PQ dans Masson.

Commentaires

9 mars 2022

Marie-France Despatie

Effectivement, c'est à Québec d'assumer. L'île des moulins, la Maison Bélisle à Terrebonne, qui en a assumé la sauvegarde si ce n'est l'instance gouvernementale ? Tant qu'à la Moody, il s'agit d'un domaine PRIVÉ maintenant. Aux propriétaires d'assumer ! Notre représentant à l'Assemblée nationale, Mathieu Lemay ne joue pas son rôle adéquatement et c'est à déplorer. En signant la pétition, j'ai fait remarquer que c'est depuis 1933 que la saga s'éternise. Ca va bien faire.

Inscrivez votre commentaire

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web - Caméléon Média