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16 mars 2022

Gilles Bordonado - gbordonado@lexismedia.ca

L’ogre

LIBRE OPINION

Gilles Bordonado

Gilles Bordonado, éditeur et directeur du développement des affaires de La Revue.

La guerre en Ukraine est un véritable drame. Si Poutine dit vrai en plaidant que les pays occidentaux ont renié leur parole lorsqu’ils ont étendu l’OTAN dans des pays aux frontières de la Russie, rien ne peut justifier, rien ne peut excuser cette attaque directe contre le peuple ukrainien.  

Joe Biden a bien raison de présenter Poutine comme un dictateur sanguinaire qui n’a aucun respect pour la démocratie. Éliminant toute opposition, Poutine s’accroche à une image périmée d’une Russie forte, deuxième puissance mondiale qu’elle n’est plus. Malgré sa population et sa taille, son produit intérieur brut n’était que le 11e au monde en 2018, derrière le Canada, le Brésil et l’Italie, et chauffé par la Corée du Sud, l’Espagne et le Mexique. Et ça ne s’améliorera pas avec les sanctions imposées par l’Occident, qui rêve d’un soulèvement de la population russe face à l’ogre Poutine.   

Nous sommes interpellés par cette agression sur l’Ukraine, une démocratie européenne développée. Ses habitants sont blancs, chrétiens, ouverts sur le monde. Ce sont des Occidentaux comme nous. Nous nous identifions à ce pays, ce qui n’est pas toujours le cas quand on parle de pays africains où des guerres pourtant tout aussi dramatiques et mortelles sévissent, ce qui est tout à fait regrettable. Cela n’enlève absolument rien au drame des Ukrainiens qui sont plongés dans un conflit impitoyable. Les Russes finiront par remporter ultimement cette guerre, mais ils n’en ont pas fini avec ce peuple courageux. Quel gâchis, quelle boucherie, quelle tuerie Poutine a-t-il créés! Honte à lui.

Parlons de LA bombe      

Quant à ceux qui craignent un conflit nucléaire, je leur dis de ne pas peser sur le bouton panique. Ce n’est pas pour rien que la bombe n’a pas été utilisée depuis 1945. Tant du côté russe que du côté américain, comme du côté des rares pays qui ont accès à ces armes, il est compris de ceux-ci que leur usage mènerait à la fin du monde. Ces épées de Damoclès surplombant la tête de l’humanité n’ont d’autres rôles que de permettre à celui qui en a de bomber le torse face à ses adversaires. C’est la définition même de la dissuasion nucléaire, faire peur à l’autre.

Certains présentent la guerre en Ukraine comme la première guerre du genre à survenir en Europe, voire sur Terre, depuis la Seconde Guerre mondiale. Quelle méconnaissance de l’histoire! On efface d’un trait la guerre en ex-Yougoslavie qui a fait 140 000 morts entre 1991 et 2001. Ce sont d’ailleurs des missiles tirés par des avions de l’OTAN sur la Serbie qui ont permis de mettre fin à cette guerre. L’Ukraine souhaiterait le même traitement sur son territoire, mais la Serbie n’est pas la Russie…

On oublie aussi que les États-Unis et l’URSS se sont fait la guerre par belligérants interposés en Corée et au Vietnam. Une guerre dans laquelle la Chine et d’autres pays occidentaux étaient impliqués d’ailleurs. Là encore, il n’y a pas eu usage de LA bombe. Et des guerres par belligérants interposés, on en a compté des dizaines depuis la Seconde Guerre mondiale.  

Même en 1962, alors que les deux superpuissances se sont fait face directement lors de la crise des missiles à Cuba, la bombe n’a pas été utilisée. Mais là, il était véritablement minuit moins une.

Aujourd’hui, il est moins cinq… Raison de plus pour plaider pour la paix et la cessation des hostilités.

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