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17 août 2022

Stéphane Fortier - sfortier@lexismedia.ca

Les besoins ont explosé pendant la pandémie

UNIATOX

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Depuis le début de la pandémie, pas moins de 24 % des Canadiens ont augmenté leur consommation d’alcool et 34 %, de cannabis, selon Statistique Canada.

Pendant la pandémie, l’organisme Uniatox a observé une nette augmentation des besoins d’aide en toxicomanie, notamment en ce qui a trait à la prévention, à la réinsertion sociale et à la prévention de la rechute.  

Depuis deux ans, la détresse a crû chez plusieurs personnes. Pour Manon Massé, directrice générale d’Uniatox, organisme de Mascouche qui dessert tout le sud de Lanaudière, cette hausse aura eu l’avantage de mettre en lumière les problèmes liés aux dépendances.   

« Pendant la pandémie, on a vu des problématiques sociales qui sont ressorties. Le mode préventif aux toxicomanies a pris tout son sens au cours des deux dernières années. Parmi les facteurs de risque, outre la pauvreté et le stress, il y a l’isolement social, et pendant la pandémie, le confinement n’a rien fait pour aider la situation en matière d’isolement », commente Mme Massé.

Si certaines personnes ont diminué leur consommation d’alcool parce qu’elles vivaient moins de stress, d’autres, qui buvaient de l’alcool de façon raisonnable, ont plutôt augmenté leur consommation. Pas moins de 24 % des Canadiens ont augmenté leur consommation d’alcool et 34 %, de cannabis, selon Statistique Canada.

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©Stéphane Fortier - La Revue

La directrice d’Uniatox, Manon Massé, a expliqué les contrecoups qu’ont pu subir, au cours des deux dernières années, la clientèle de l’organisme et les personnes plus vulnérables aux dépendances.

Hausse des demandes  

Une preuve sans équivoque qu’Uniatox a dû encore plus se relever les manches au cours des deux dernières années, les groupes de personnes aidées ont doublé. « Le nombre de personnes dans nos groupes d’aide en prévention de la rechute a doublé. De 10 ou 12, on est passé à 20 ou 24 personnes sur 6 semaines. On formait, auparavant, deux groupes par année, et on en a formé jusqu’à cinq pendant les deux ans de pandémie », indique la directrice générale.

Comment composer avec les facteurs de risque? Pour certains, il y a peu d’avenues. « C’est quoi ton choix? La consommation peut être une soupape de survie. La dépendance devient ton propre médicament », mentionne Manon Massé.

Le manque de contacts, l’isolement social, inévitablement, engendrent des impacts, selon elle. « Ça fait partie des facteurs de risque, mais la détresse des gens a visiblement fait un bond important. On le sent quand on les rencontre », fait-elle remarquer. De fait, selon Statistique Canada, le nombre de Québécois vivant de l’anxiété a augmenté de 43 % en janvier 2022 par rapport à la même période en 2020. Et Manon Massé prévoit que l’augmentation des besoins se poursuivra au cours des prochains mois, voire des prochaines années. « Les gens qui peuvent avoir été affectés ne s’en sont pas nécessairement remis pleinement. Il arrive que des expériences négatives restent imprégnées et que l’on soit témoin de rebounds. »

Projet d’agrandissement

Uniatox entend réaliser, au cours des prochaines années, le projet Remise à 9. « Nous avons besoin de plus d’espace pour accueillir la clientèle. Cet espace supplémentaire servira surtout à la réinsertion sociale et à la prévention de la rechute, annonce Mme Massé. On a loué un local en face, un ancien gym, mais ça ne suffit visiblement pas. »

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©Stéphane Fortier - La Revue

Le jardin d’Uniatox est bénéfique aux personnes vivant avec une dépendance.

Uniatox offre déjà à sa clientèle la possibilité de travailler dans un beau jardin, mais une fois la froide saison arrivée, ceux et celles pour qui travailler dans ce havre de paix est bénéfique doivent patienter jusqu’au printemps pour en profiter de nouveau. « C’est pourquoi, dans notre projet, on inclut une serre qui pourra être utilisée à l’année », mentionne-t-elle.

L’année dernière (2021-2022), Uniatox a donné des services à quelque 26 000 personnes. En 2019-2020, elles étaient 24 123 et en 2020-2021, 24 171.

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La pandémie a eu des effets plutôt négatifs sur la santé mentale des gens. Selon le CISSS de Lanaudière, entre 2020 et 2021, pas moins de 2 540 demandes ont été reçues pour une consultation en psychiatrie en provenance du Service des urgences pour le sud de Lanaudière. Entre 2021 et 2022, on parle de 2 662 demandes. Quant au nombre de demandes en attente d'une consultation en santé mentale de première ligne (incluant la psychologie et la toxicomanie), entre 2020 et 2021, 141 demandes ont été enregistrées et entre 2021 et 2022, 281 demandes.

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