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Reflet économique - Articles

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29 novembre 2023

Lucie Charest - lcharest@medialo.ca

33 Hectares, un projet qui fait d’une pierre bien des bons coups

40e - Reflet économique 2023-2024

Faute de relève familiale, les propriétaires du ­Verger ­Papi ­Dan ont élaboré un projet de société qui répond à de multiples impératifs. Tant et si bien que ­Denise ­Paquette et ­Daniel ­Bérard atteignent l’objectif ultime de garder leur terre vivante. Qui plus est, en découpant en parcelles locatives son aire cultivable de 33 hectares, la terre accueille de petits producteurs maraîchers qui ­eux-mêmes contribuent à une alimentation de proximité.

Verger Papi

­Denise ­Paquette et ­Daniel ­Bérard ont réalisé leur rêve de garder la ferme vivante tout en lui conservant sa fonction première, soit la production maraîchère de proximité. (Photo : ­Courtoisie)

« ­Les parents de ­Daniel se sont installés à ­Mascouche en 1952. Ils ont acheté la maison en 1959, a relaté ­Denise Paquette. En 1977, nous avons fait l’acquisition de la ferme où nos enfants, ­Catherine et ­Marc-André, ont grandi. » De 1981 à 2016, ­Daniel ­Bérard s’était associé à d’autres membres de sa famille, formant ainsi l’une des plus grosses entreprises agricoles du territoire.

À l’heure des choix

« ­Quand son frère a vendu ses parts, ­Daniel a conservé sa propre terre, a poursuivi ­Mme ­Paquette. Nous produisions des pommes de terre, des carottes, du soya, du maïs en grains, et nous avions 250 arbres fruitiers. De mon côté, j’ai fait carrière dans les services de garde, j’avais contribué à démarrer des ­CPE. Je suis retraitée depuis 2017. »

L’implication de ­Denise ­Paquette s’est aussi traduite par sa contribution à la vente de leurs produits maraîchers dans différents marchés publics, dont le ­Marché ­Jean-Talon. Elle a aussi fait partie, nul n’en sera surpris, de l’équipe qui a mis sur pied le Marché public moulinois.

À la faveur de nombreux échanges avec leurs enfants, sur leur avenir et l’avenir de la ferme, les contours d’un projet innovant, tenant compte de leurs valeurs, de leurs priorités, ont commencé à se dessiner.

« ­Les enfants étaient très heureux dans leurs choix professionnels, se souvient ­Denise ­Paquette. Ils aimaient la ferme, mais ne souhaitaient pas l’exploiter. De notre côté, ­Daniel et moi souhaitions que la ferme demeure une entreprise nourricière, de proximité pour la communauté. Deux petits producteurs nous avaient déjà approchés pour louer des parcelles de terre. »

33 hectares

­Les membres du conseil d’administration et la direction de 33 hectares ne manquent aucune occasion de participer aux activités de l’organisme. Dans l’ordre habituel : ­Véronik ­Charest, directrice, ­Pierre ­Lampron, ­Marie-Claude ­Brouillette, ­Nicolane ­Morin, ­Sylvain ­Grégoire, la présidente, ­Annie ­Beaupré ­Battisti et ­Stéphanie ­Meunier. (Photo : ­FerlandPhoto)

Une ­FUSA, vous connaissez ?

Au terme de recherches et discussions avec différents organismes communautaires, la ­Ville de ­Mascouche, la MRC ­Les ­Moulins, la ­Table des préfets de ­Lanaudière, l’ARTERRE, le ­MAPAQ et l’UPA, la création d’une ­Fiducie d’utilité sociale agroécologique (FUSA) s’est avérée l’avenue à privilégier. La ­FUSA fait partie des trois types de fiducies reconnus par la loi du ­Québec, c’­est-à-dire fiducie personnelle ou familiale, fiducie privée et fiducie d’utilité sociale.

C’est ainsi que l’organisme à but non lucratif (OBNL) « 33 hectares » a vu le jour en 2019 pour créer et administrer la ­FUSA qui, en devenant propriétaire de la terre, ne pourra en changer la vocation initiale.

« ­Notre mandat est bien sûr de créer la ­FUSA, mais c’est aussi d’organiser des événements familiaux et rassembleurs qui rapprochent les consommateurs des producteurs durant tout l'été, comme des repas champêtres, des activités de jardinage et de glanage. De plus, de supporter nos agriculteurs fait une réelle différence pour la pérennité de leur entre entreprise, a précisé ­Annie Beaupré-Battisti, présidente de l’organisme. Notre conseil d’administration est composé de sept administrateurs qui ont des expertises complémentaires dans différents secteurs et qui disposent d’un réseau de contacts qui peut aider les producteurs locataires dans différents aspects, de la production à la mise en marché de leurs produits. »

Ce choix qu’ont fait ­Daniel ­Bérard et ­Denise ­Paquette de se tourner vers une ­FUSA semble n’avoir que des retombées positives. La ­FUSA 33 hectares devrait être légalement constituée au printemps 2024. Actuellement, dix producteurs maraîchers y sont déjà actifs, trois autres devraient s’ajouter dès le printemps prochain. D’autres municipalités ont même approché l’organisme, souhaitant s’en inspirer dans leur propre patelin.

« C’est notre relève, la relève qu’on a créée, se réjouit ­Denise ­Paquette. Leurs valeurs sont similaires aux nôtres, nous étions une grosse entreprise agricole, sur le plan économique c’était intéressant. Daniel finit sa carrière en étant un mentor pour les plus jeunes producteurs. Mon mentorat à moi, c’est celui de l’implication sociale. Nous nous sommes engagés à geler la valeur de la terre à celle de 2019, la différence sera considérée comme un don à notre communauté. »

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