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Reflet économique - Articles

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29 novembre 2023

Valérie Maynard - vmaynard@lexismedia.ca

Automatisation et partage d’employés : les solutions pour l’avenir du domaine industriel

40e - Reflet économique 2023-2024

La pénurie de ­main-d’œuvre demeure un sujet d’actualité, mais l’automatisation industrielle se présente comme une solution sur un marché en constant changement et qui peine à attirer de nouveaux employés. Conversation avec deux entrepreneurs qui aident à combler le manque de ­main-d’œuvre, chacun à leur façon.

­Mindcore

­Mindcore ­Technologies évolue dans un secteur très niché et mise sur la qualité avant tout. Quand son produit sort de l’usine, il est prêt à être installé chez le client. Quelque 150 travailleurs sont à l’emploi chez ses fournisseurs. (Photo : ­courtoisie)

Mécano ­Industrie a vu le jour à ­Montréal, en 1981, dans le garage de son fondateur, ­Raymond ­Gingras. En 2014, l’entreprise spécialisée en automatisation industrielle et en robotique déménage à ­Terrebonne, terre de
résidence d’une vaste majorité de ses quelque 30 employés. Une autre décennie plus tard, le président ­Alain Gingras (le frère de Raymond) et le ­vice-président ­Mark ­Beatty sont fiers de continuer à offrir une multitude de solutions automatisées dans le domaine manufacturier. « ­Ce que nous offrons à nos clients permet d’automatiser des postes de travail ou même des lignes de production complètes », explique M. Beatty.

L’entreprise propose des services de conception, de fabrication et d’implantation des procédés à ses clients. Ainsi, quand un manufacturier collabore avec ­Mécano ­Industrie, il peut s’attendre à un produit fait sur mesure.

Bénéfices

La société de consommation dans laquelle on vit rime avec hausse de la production. Pourtant, les dernières années ont apporté leur lot de défis dans le marché industriel, dont un important manque de ­main-d’œuvre. Dans un tel contexte, ­Mark ­Beatty est d’avis que l’automatisation des procédés est non seulement un atout, mais une nécessité. « ­Disons qu’on a une équipe de 100 employés, mais que pour répondre à la demande, il en faudrait une de 200, les entreprises peuvent venir se procurer des machines automatisées pour combler le nombre d’humains qu’elles ne sont pas capables de recruter. »

Que répond le ­vice-président à la crainte qu’ont certaines personnes de voir l’humain perdre des emplois face à l’automatisation ? Pendant que certains procédés plus répétitifs, comme l’empaquetage ou l’emballage, sont effectués par des bras robotisés, par exemple, les employés sont redirigés vers des postes beaucoup plus valorisants. L’automatisation est donc un excellent moyen pour augmenter son rendement, mais elle représente aussi une opportunité sans pareille pour le capital humain de se faire attribuer des tâches beaucoup plus stimulantes.

Mecano

Mécano ­Industrie propose diverses solutions sur mesure d’automatisation industrielle comme, sur la photo, une cellule robotique de palettisation de boîtes. (Photo : ­Courtoisie)

Pénurie prévisible

Pour ­Patrick ­Lalongé, ­vice-président des technologies chez ­Mindcore ­Technologies, un fabricant de sectionneurs – des interrupteurs pour lignes à haute tension – établi à ­Terrebonne, tous les ingrédients étaient réunis pour provoquer la pénurie de ­main-d’œuvre qu’on connait. « ­On est actuellement dans une crise comme on n’en a jamais vécu en matière de ­main-d’œuvre. Les baby-boomers à la retraite, la démographie, on ne fait plus de bébés, tout était prévisible », ­croit-il.

Reste qu’avec l’agrandissement de son usine en 2024 et son ambition de doubler sa capacité de production, Mindcore n’aura pas le choix de trouver de nouveaux employés rapidement. Déjà, sa force humaine a doublé en deux ans pour s’établir actuellement à presque 100 employés, alors que bien d’autres seront nécessaires pour permettre la suite des choses. Très active sur les réseaux sociaux, l’entreprise travaille aussi à développer des stratégies pour faciliter son recrutement. M. Lalongé ­acceptera-t-il de les partager ? « ­Bien sûr que non ! Je ne voudrais quand même pas me nuire à ­moi-même », ­lance-t-il en riant.

Plus sérieusement, la direction mise sur son honnêteté et sa transparence, des valeurs essentielles pour garder la main-d’œuvre actuelle. « ­En affaires, on ne peut pas plaire à tout le monde. Mais la marque de commerce est importante. Alors ce qu’on dit, on le fait. Nos promesses, on les tient. Ici, tout le monde fait partie de l’équipe », souligne-t-il.

Toutefois, le recrutement demeure ardu et cette situation force l’entreprise à automatiser davantage sa production et à étendre son recrutement bien ­au-delà des limites du ­Québec et même du ­Canada. En ­Amérique du ­Sud notamment, et en ­Afrique du ­Nord. « ­On est en train de mettre en place une procédure pour recruter à l’extérieur. Ce n’est pas simple. Mais il faut se rendre à l’évidence : les métiers spécialisés sont de plus en plus difficiles à recruter. »

Partage des employés

Dire que la pandémie a changé notre regard sur notre façon de travailler relève de l’euphémisme. « ­Avant, la bataille pour le recrutement se déroulait avec mon compétiteur. Là, c’est avec mon voisin qui fait des portes et des fenêtres », ­illustre-t-il. Et si justement le partage d’employés entre entreprises voisines était la solution ? ­Et si on créait une collaboration entre les employeurs d’une même région pour pourvoir certains postes ? « ­On pourrait avoir une entente entre employeurs et faire travailler un employé à temps partiel dans une entreprise et le reste du temps dans une autre entreprise. La mécanique serait un peu compliquée, admet M. Lalongé, mais avec le soutien de la ­MRC, ça pourrait devenir un beau projet. »

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