Des changements à venir en soutien à domicile du CISSS de Lanaudière inquiètent

  • Publié le 14 févr. 2026 (Mis à jour le 14 févr. 2026)
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Mathieu Brière, directeur général de DIMAVIE. (Photo gracieuseté)
Mathieu Brière, directeur général de DIMAVIE. (Photo gracieuseté)

Après la clôture de l’appel d’offres concernant la fourniture de services d’aide à domicile, le Centre intégré de Santé et de Services sociaux (CISSS) de Lanaudière a octroyé le contrat à de nouveaux fournisseurs privés. Deux entreprises d’économie sociale et solidaire (EÉSAD) critiquent le processus. 

Ce sont 403 personnes dans les MRC des Moulins et de L’Assomption qui vont être affectées par le changement de fourniture de services. La Coopérative d’aide à domicile DIMAVI et la Coopérative en soutien à domicile de la MRC de L’Assomption veulent alerter sur les risques de ce nouveau contrat.  

Mathieu Brière, directeur général de l’EÉSAD DIMAVI, souligne le risque pour les personnes suivies. «C’est très bien documenté dans la littérature de santé que la rupture de liens humains dans ce type de service là comporte des risques assez importants de détresse psychologique, de désorganisation et même de refus des services», explique-t-il. «Une de nos principales inquiétudes, c’est que l’on a déjà des usagers qui refusent certains remplacements ou qu’on leur envoie d’autres personnels parce que c’est un lien très étroit avec les aides à domicile», ajoute-t-il.  

Pour DIMAVI, le processus d’appel d’offres n’a pas assez mis les usagers au centre de la réflexion. Les EÉSAD critiquent le CISSS pour avoir seulement appliqué la règle du plus bas soumissionnaire sans tenir réellement compte des critères de qualité. «On comprend que l’établissement doit respecter la loi. En revanche, il faut s’assurer que les gens que vous choisissez sont formés. Actuellement, lorsqu’on vérifie les clauses de l’appel d’offres, on estime que le CISSS de Lanaudière ne s’est pas donné les moyens de s’assurer qu’il n’y aura pas de bris de service dans la transition», déplore Mathieu Brière.  

Contacté par La Revue, le CISSS de Lanaudière indique que «le devis d’appel d’offres comportait plusieurs exigences que les soumissionnaires devaient rencontrer afin de s’assurer qu’ils pouvaient fournir des services de qualité aux usagers. Il est à noter que 12 soumissionnaires sur 20 ont été rejetés parce qu’ils ne rencontraient pas ces exigences».   

Des emplois pourraient être impactés 

Le 29 janvier dernier, le ministère de la Santé et des Services sociaux publiait sa nouvelle politique nationale de soutien à domicile, qui met notamment l’accent sur l’importance des EÉSAD.  

Mathieu Brière s’inquiète notamment du futur de ces emplois. «Le gouvernement est venu injecter de l’argent pour financer une main-d’œuvre qui n’était pas dans le réseau de la santé, pour attirer davantage d’aides à domicile. Et là, les gens qui ont été formés vont devoir abandonner le réseau, sans même pouvoir retourner dans les milieux hospitaliers parce que ce n’est pas la formation qu’ils ont reçue».  

Et outre la question directe des emplois, le directeur général de DIMAVI s’inquiète des conditions d’emplois des aidants. «Pour nous, c’est une autre incohérence. Le ministère de la Santé a injecté de l’argent dans nos entreprises pour que nous augmentions les salaires. Et aujourd’hui on nous dit « vous chargez trop cher parce que vos salaires sont trop hauts ». C’est un recul de plusieurs années, de plusieurs dollars de l’heure pour les employés en aide à domicile».  

Le CISSS de Lanaudière, de son côté, précise que «le personnel à l’emploi de ces EÉSAD est sous leur entière responsabilité».  

Pour terminer, Mathieu Brière demande auCISSS de Lanaudière de prendre un temps de réflexion, de mettre fin à la transaction pour être sûr de ne pas mettre en danger la santé et la sécurité des usagers actuels.  

Qu’est-ce qu’une EÉSAD? 

Une entreprise d’économie sociale en aide à domicile est exploitée à des fins non lucratives. Une EÉSAD est soit une coopérative, soit un OBNL qui a pour mission première de produire des services à domicile, répondant aux besoins et bénéficiant à une communauté à laquelle elle appartient, peu importe son lieu de résidence, et de créer et offrir des emplois de qualité à la population de son territoire. 

La clientèle des EÉSAD est universelle, c’est-à-dire qu’elle provient de tous les milieux, de toutes les classes d’âges et de toutes les conditions sociales. 

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