Une stratégie pour minimiser les risques de l’eau

Après le passage de la tempête Debby en août 2024, il est apparu clair que le Québec allait être de plus en plus confronté à des événements météorologiques auxquels il est mal préparé. À Terrebonne, l’après Debby s’est traduit par la mise en place de la Stratégie bleue.  

Lorsque l’on pense à l’eau, la plupart du temps, il s’agit de celle que l’on boit : elle doit être propre, claire et, une fois utilisée, elle repart pour être traitée. Mais, au moins aussi importante, est la question des eaux pluviales.  

« La tempête Debby est venue réveiller la collectivité québécoise sur la réalité des changements climatiques », explique Sylvain Dufresne, directeur général d’argent et de services à la communauté et aux infrastructures, et les coordonnées des mesures d’urgence, « c’est à la suite de ce que l’on a vécu en 2024 que l’on m’a demandé d’élaborer une stratégie face à cette situation là; la Stratégie bleue ».  

La Stratégie bleue est un programme de moyen long terme qui vise à au moins maintenir, voire à améliorer les infrastructures de gestion de l’eau. « On va prioriser des investissements dans des infrastructures qui améliorent la résilience collective. C’est pour ça que, dans la Stratégie bleue, il y a aussi des actions que les citoyens peuvent faire. On a mis en place des subventions pour les pompes de puisards, par exemple », explique Sylvain Dufresne.  

Nettoyer et entretenir 

Les actions les plus visibles de la municipalité concernent le nettoyage et la maintenance des conduits, égouts et autres ouvrages de retenue d’eau. « On a beaucoup accentué l’entretien dans notre réseau pluvial et sanitaire, et on a fait pareil pour les fossés », rapporte M.Dufresne. En 2025, la Ville de Terrebonne a ainsi procédé à l’inspection de 34,5km de fossés.  

Les bassins de rétention sont un autre équipement nécessaire dans la gestion des eaux pluviales. « Les bassins de rétention servent à retenir, ralentir et réguler les eaux de pluie. Donc, on doit s’assurer de bien vidanger les sédiments afin d’ajouter du volume aux bassins. Il peut y avoir des poussières de rue, de la végétation qui n’est pas prévue au départ. L’entretien vise toujours à assurer le volume maximal de rétention », présente Louis-Jean Caron, chef de division, assainissement et gestion de l’eau à la Ville. 

Un défaut d’entretien préalable ? 

Si la Ville de Terrebonne a décidé d’accélérer le rythme de maintenance et d’investir dans ses infrastructures, cela ne veut pas dire que ce qui était en place auparavant était fautif. « Nos réseaux étaient corrects en fonction des réalités climatiques de l’époque, de l’histoire du Québec. Ça, il faut le retenir. Ce n’est pas que les réseaux ont mal été faits. C’est que notre environnement de changement climatique change. Donc, il faut essayer de s’adapter. Et ça, s’adapter, ce n’est pas juste d’améliorer nos réseaux », insiste Sylvain Dufresne.  

L’enjeu des systèmes d’égouts unitaires 

Sur la rue Hervieux, le grand chantier dans le cadre de la Stratégie a été de remplacer la conduite d’égouts unique, par un système double. Dans un système unique, toutes les eaux, eaux usées et eaux pluviales, sont redirigées vers une station d’épuration. Or, lors de fortes pluies, l’arrivée de très importantes quantités d’eau peut conduire à ce que le système soit complètement surchargé et entraîner le rejet dans l’environnement de rejets d’eaux usées brutes, c’est-à-dire non traitées.  

La Ville de Terrebonne ambitionne donc d’intervenir progressivement, jusqu’en 2035, pour séparer les réseaux. Afin notamment de lisser les coûts, très importants pour cet aspect.  

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