33 Hectares à la recherche d’un nouveau propriétaire 

  • Publié le 17 mars 2026 (Mis à jour le 17 mars 2026)
  • Lecture : 3 minutes
Denise, Stefany et Daniel. Photo Médialo - Sabrina Quesnel-Bolduc
Denise, Stefany et Daniel. Photo Médialo – Sabrina Quesnel-Bolduc

À moins de six mois de leur retraite prévue en 2027, les propriétaires qui accueillent le projet 33 Hectares ont encore espoir de trouver un acheteur qui protégerait l’avenir des agriculteurs implantés dans leur cours arrière. 

Il y a dix ans, Denise Paquette et Daniel Bérard ont vu grand pour leur terre et leur communauté en élaborant un projet devait permettre aux petits agriculteurs de louer une parcelle à moindres coûts et, ainsi, contribuer à une alimentation de proximité. « L’objectif était de créer un fonds de fiducie foncière agricole et que la terre reste une ferme agroécologique et biologique à perpétuité pour de jeunes entreprises agricoles, mais ça n’a pas fonctionné », explique Denise.   

 

33 hectares
33 Hectares vus de ciel. Photo gracieuseté

Une vocation en péril 

Véronique Charest était directrice générale de 33 Hectares de 2022 à 2024 et témoigne que, malgré tous les efforts déployés par le Conseil d’administration de l’organisme et les propriétaires durant les dernières années, la fiducie d’utilité sociale agroécologique (FUSA) n’a pas vu le jour. « Le plan de développement des zones agricoles de la MRC des Moulins indique vouloir mettre les secteurs agricoles en lumière. On s’attendait à avoir leur appui, mais nous n’avons pas eu les montants dont nous avions besoin ». Elle aurait aussi souhaité une mobilisation citoyenne puisque la communauté profite des installations agrotouristiques : « On pensait que ça aurait été plus facile d’aller chercher du financement de la part des collectivités. S’il y a à peu près 50 000 citoyens à Mascouche et qu’une majorité donne 10$, on aurait eu une bonne partie du financement », énonce Véronik. 

En février 2026, Daniel Bérard prévoit de prendre sa retraite et de vendre sa terre familiale dans les prochains six mois. D’ici là, les propriétaires croient encore qu’une mobilisation citoyenne, en collaboration avec la Ville de Mascouche et la MRC, est possible pour garantir la pérennité du projet et l’avenir de l’agriculture locale dans la région.  

« Nous avons encore espoir. J’ai tout investi pour faire ce projet-là et si ça se termine, il n’y aura plus de producteurs locaux. » Denise est l’une des fondatrices du Marché public Moulinois et le projet 33 Hectares en était pour elle la continuité logique, afin d’offrir des produits du terroir dans ceux-ci.  

Elle évoque le projet de Boisbriand, inspiré par 33 Hectares, « qui a été une réussite grâce au soutien accordé par la Ville ». À la fin 2018, François Thinel, l’agriculteur de Boisbriand, a vendu sa terre agricole à la Ville. Pour s’assurer que le projet survive aux changements d’administration, le conseil municipal a créé une fiducie d’utilité sociale indépendante, la Fiducie agricole Boisbriand. La Ville y a transféré la propriété, payée 1,8 million de dollars, et 1 million supplémentaire en fonds de démarrage.  

Dans leurs plus grands rêves, c’est ce qui aurait été possible avec Mascouche et M. Bérard aurait vendu sa terre 1,5M$ plutôt que 2M$, faisant ainsi cadeau de 500 000$ à l’OBNL. 

2026 : la dernière saison? 

Stéfany Plante est propriétaire de l’entreprise Au Septième Sol depuis sept ans et présidente du Conseil d’administration de l’organisme : « Ce n’est pas facile de se trouver une terre puisque les prix sont inaccessibles. Ici, nous payons un loyer de 1000$ par année, contrairement à une location ailleurs qui peut couter jusqu’à 7000$, lorsque c’est trouvable. Si la terre est achetée par un privé qui change la vocation, nous devrons tous déménager ». L’avenir des dix compagnies agricoles installées sur la côte Georges est en jeu.  

Laurence Martin est déjà à la recherche d’un nouveau terrain pour poursuivre sa production : « Je suis ici depuis trois ans et j’ai investi environ 30 000$. Cet été je ne peux pas me consacrer à mes activités à 100%. Je devrai débuter le déracinement de tous mes végétaux en même temps d’assurer ma culture pour maintenir mon entreprise et mes revenus, ça va être intense ». Elle espère elle aussi un changement de situation rapide.  

Pour elles, c’est primordial de participer à l’autonomie et à la sécurité alimentaire. « Dans la MRC des Moulins il y a très peu d’entreprises agricoles de petite surface qui font du commerce local, c’est précieux. Le bassin de population est grand à Terrebonne et Mascouche. Si ces entreprises-là sont délocalisées, ils peuvent aller dans n’importe quelles autres villes », exprime avec tristesse Stefany. 

Préserver un joyau naturel 

Après plusieurs années de bonne gestion, la nature est en excellente santé et 33 Hectares est un exemple de préservation comme l’indique Laurence : « Ce serait une grande perte pour toute la biodiversité. Il y a des reinettes, des grenouilles léopards, des abeilles, des papillons, la vie est foisonnante et mon but c’est de la sauvegarder ».  

C’est avec beaucoup d’espoir qu’ils continuent de passer des appels, en équipe, afin de trouver la ou les personnes qui pourront acheter la terre et conserver sa vocation sociale.  

Stefany Plante offrira une conférence de presse sur l’avenir de l’agriculture de proximité dans la MRC Les Moulins le 18 mars à 20h au Pavillon du Grand-Coteau à Mascouche. 

 

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