L’absentéisme chronique des jeunes en question

  • Publié le 12 mars 2026 (Mis à jour le 12 mars 2026)
  • Lecture : 3 minutes
L’école de l’Achigan est l’une des deux structures qui a accueilli l’étude. Photo Médialo archives.
L’école de l’Achigan est l’une des deux structures qui a accueilli l’étude. Photo Médialo archives.

La MRC et le Carrefour jeunesse-emploi (CJE) de Montcalm dévoilaient, le 2 mars, les résultats de la phase un du projet PHARE. L’étude, effectuée, auprès des écoles secondaires L’Achigan, à Saint-Roch-de-L’Achigan et du Havre-Jeunesse, à Sainte-Julienne, avait pour but de mieux comprendre les raisons du taux d’absentéisme élevé des jeunes de 14 à 16 ans en milieu scolaire. 

 « Nous avions des discussions avec les écoles et la DPJ depuis déjà deux ans. Ils nommaient que les élèves s’absentaient de plus en plus souvent et en plus grand nombre. Après 10 absences consécutives, un signalement doit être fait à la DPJ », explique Geneviève Rinfret, Directrice générale du CJE de Montcalm, sur le point de départ de leur procédure. 

Le projet était mené en collaboration avec le chercheur universitaire Marc Alain, qui est spécialisé en évaluation de programmes : « Autrement dit, c’est de répondre à la question, est-ce qu’un programme est efficace? Ce qui est une interrogation simple, mais qui peut appeler des démarches particulièrement complexes. Nous sommes présents pour soutenir et conseiller », mentionne-t-il.  

Cette première phase visait à brosser un portrait des adolescents concernés. Au total, l’analyse repose sur 15 entrevues auprès des jeunes, 7 entrevues auprès de parents et 6 entrevues auprès d’intervenants scolaires. À première vue, l’échantillonnage peut paraître minime pour avoir une idée réaliste, mais M. Alain confirme que, pour ce type de recherche, un nombre plus élevé reviendrait à saturer les résultats, ce qui équivaut à entendre les mêmes réponses plusieurs fois : « On utilise ce genre d’approche quand on connaît, par exemple, l’état de la situation en termes de chiffres et de statistiques, mais que ça nous intéresse d’en savoir plus. Ici, on va beaucoup plus en profondeur que dans une étude quantitative ». 

«Ici, on va beaucoup plus en profondeur que dans une étude quantitative. »

– Marc Alain

La nature des absences 

Les étudiants choisis présentaient un fort d’absentéisme chronique, comme le mentionne Geneviève Rinfret : « Les entrevues ont été réalisées avec des élèves qui cumulaient plus d’une centaine de jours d’absence. C’est beaucoup quand on considère que l’année scolaire compte 180 jours ». Ces échanges ont dévoilé la nature multifactorielle du problème.  « Plus de 50% de ces jeunes dénotaient des enjeux de santés mentales ou des troubles divers, parfois diagnostiqués tardivement dans leur parcours. Il y a aussi l’anxiété lorsque l’élève veut revenir après s’être absenté ». D’autres causes ont été révélées comme le contexte familial, les relations sociales et les défis d’invisibilité.  

Puis, elle ajoute que les besoins des élèves ont été rapidement mis en lumière. « Ils manquent de lien tangible et ne trouvent pas de sens dans ce qu’ils apprennent ». Le besoin d’avoir un accompagnement humain et constant avec des relations concrètes, d’être écoutés et compris par le personnel scolaire et de vivre des expériences de pédagogies stimulantes a été relevé.  

Un phénomène qui inquiète 

Les résultats témoignent que, dès le secondaire 1, les premiers signes d’absentéisme apparaissent. Ce qui alarme l’équipe, puisqu’en 2021 et 2022, l’étude Les Cohortes perdues réalisée auprès de jeunes décrocheurs, exposait les mêmes problématiques. Les jeunes exprimaient les mêmes besoins que dans cette dernière démarche : « Comme je vous dis, on avait l’expérience des décrocheurs, puis ce qui nous inquiète, mais ce qu’on a confirmé malheureusement., c’est qu’ils sont sur le même chemin que ces derniers », démontre Marc Alain.  

Des enjeux difficiles à relever 

« Nous avons plusieurs enjeux reliés au personnel scolaire. Il y a une forte rotation et c’est difficile pour les étudiants de créer un lien avec eux. C’est ce lien-là, quand tu es capable de l’avoir avec quelqu’un de ton école, qui des fois va te retenir, puis va faire en sorte que tu vas continuer malgré tout ». Geneviève Rinfret est consciente de la réalité des écoles que le CJE accompagne dans le cadre de ces recherches. Quatre pistes d’action en sont ressorties, mais, pour la directrice, il faut y aller selon les capacités des écoles participantes : « Nous avons présenté les résultats et discuté. Ce qui est faisable pour une phase deux du projet PHARE, c’est le besoin de mettre en place un mécanisme de suivi des absences. C’est présentement long avant de reconnaître qu’un élève est en absentéisme chronique parce qu’il n’y a pas de système informatique qui existe ».  

Le CJE continue de soutenir les écoles et une intervenante est en poste dans celle-ci pour s’assurer un suivi et l’implantation de la prochaine phase. 

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