Une trajectoire inédite pour l’obtention du brevet d’enseignement au CSSDA

  • Publié le 30 janv. 2026 (Mis à jour le 30 janv. 2026)
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Vingt-cinq étudiants suivent actuellement la formation mise en place conjointement par l'UQTR et le CSSDA. (Photo gracieuseté)
Vingt-cinq étudiants suivent actuellement la formation mise en place conjointement par l’UQTR et le CSSDA. (Photo gracieuseté)

À l’heure actuelle, 280 enseignants non légalement qualifiés sont en poste au Centre de services scolaire des Affluents (CSSDA). Or, « un seul enseignant non qualifié est un problème » de l’avis du directeur général par intérim, Patrick Capolupo. De cette prémisse est née une collaboration avec l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) afin de former le personnel non-détenteur d’un brevet en milieu de travail. L’initiative a vu le jour dans les locaux de l’école secondaire Félix-Leclerc, à Repentigny.  

Vingt-cinq étudiants, dont 14 proviennent du CSSDA et 11 du Centre de services scolaire des Samares, sont présentement engagés dans cette nouvelle approche de formation qui leur permet d’étudier tout en maintenant leurs activités professionnelles dans les écoles secondaires de la région.

Adapter les méthodes

Lorsqu’un enseignant non légalement qualifié est embauché, « on lui confie une trentaine d’élèves. Est-ce que ces 30 élèves-là ont le droit d’avoir un enseignant qualifié ? Non seulement ils ont le droit, mais on a le devoir de tout faire pour en trouver un », analyse M. Capolupo.

Alors que la pénurie se creusait dans les écoles de la région et que le modèle de formation traditionnel semblait avoir atteint ses limites, le directeur général constate que le temps était venu d’adapter les façons de faire. « Il ne faut pas oublier que les gens qui sont ici, ce ne sont pas nécessairement de jeunes étudiants. Ce sont souvent des gens qui ont des enfants, une maison, des obligations. Les enjeux de temps et de logistique étaient problématiques. »

La maîtrise qualifiante en enseignement dans Lanaudière est arrivée en ce sens comme une alternative intéressante permettant aux enseignants non qualifiés de concilier plus harmonieusement travail, vie personnelle et études et de faire de l’obtention du brevet un objectif réaliste.

« Les participants adorent ce cheminement puisqu’ils développent les compétences professionnelles directement en contexte réel, tout en assurant une stabilité dans les équipes-écoles et en favorisant la réussite éducative des élèves », explique Christian Blanchette, recteur de l’UQTR.

Une formation ancrée dans la réalité

En effet, les participants au programme suivent environ le tiers de leur formation derrière un pupitre. Le reste du temps, ils transfèrent les savoirs fraichement acquis auprès des élèves qui leur sont confiés. Des mentors jumelés à chacun des étudiants les observent et leur offrent de la rétroaction. Ce modèle inédit contribue à attirer plus de gens dans la profession sur le long terme, remarque Caroline Perreault, spécialiste des sciences de l’éducation à l’UQTR.

« La charge de travail [pour les études] est incluse dans la tâche de l’enseignant et le salaire n’est pas amputé », note-t-elle entre autres. De plus, la maîtrise qualifiante en enseignement en milieu de pratique répond au désir des enseignants déjà en poste de voir reconnue leur expérience existante sur le terrain.

Un atout pour la rétention

Pour certains enseignants non-détenteurs de brevet, l’arrivée de cette nouvelle formation est venue tout changer. C’est le cas de Simon Châtelain. « L’an dernier aurait été ma dernière année en enseignement », dévoile-t-il. Nouvellement propriétaire et papa, Simon Châtelain entrevoyait plus difficilement l’instabilité liée au statut d’enseignant non légalement qualifié. Ne pas savoir la matière qu’il allait enseigner ni à quelle école, année après année, devenait une réalité lourde à porter. Lorsqu’il a annoncé à sa direction adjointe qu’il ne comptait pas poursuivre dans le domaine l’année suivante, on lui a parlé de la maîtrise qualifiante. « Je suis arrivée avec mes appréhensions, mais j’ai appris plus que je ne le pensais », reconnaît-il.

Béatrice Fayt, une autre étudiante de la cohorte, abonde dans le même sens. « Je pensais que je connaissais certaines choses, mais plus la formation avance, plus je me rends compte que j’ai besoin d’apprendre. » Elle encourage tous les enseignants non qualifiés à faire le saut vers cette formation qui, bien qu’exigeante, permet en fin de compte d’aller beaucoup loin.

« Toutes les recherches d’ici et d’ailleurs mettent l’enseignant aux premiers rangs d’importance en ce qui a trait à la réussite des élèves. Donc, d’investir dans le savoir d’un enseignant, c’est primordial », résume enfin le directeur général par intérim du CSSDA, Patrick Capolupo, visiblement fier de cette collaboration novatrice qui rapproche également le milieu universitaire de la réalité du plancher.

Maintenant que le modèle d’école secondaire universitaire dans lequel s’intègre la formation est en train de faire ses preuves, celui-ci espère qu’il pourra être reproduit ailleurs au Québec. D’ici là, le CSSDA et l’UQTR étudient de leur côté la possibilité de développer un programme équivalent pour l’obtention du baccalauréat en enseignement secondaire.

 

La mise en place de ce programme a été rendue possible grâce à un financement de 516 000 $ octroyé par le ministère de l’Enseignement supérieur à l’automne 2024. Le Pôle en enseignement supérieur de Lanaudière a également contribué à hauteur de 35 000 $.

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