Déstigmatiser l’itinérance féminine 

  • Publié le 18 mars 2026 (Mis à jour le 18 mars 2026)
  • Lecture : 2 minutes
Manon, pair aidante à la Hutte. Photo Médialo - Sabrina Quesnel-Bolduc
Manon, pair aidante à la Hutte. Photo Médialo – Sabrina Quesnel-Bolduc

Quand on pense à l’itinérance, l’image qui vient souvent en tête est celle de personnes vivant dans la rue ou sous des tentes. Pourtant, une autre réalité, beaucoup moins visible, se cache derrière les portes d’appartements, chez des proches ou dans des relations marquées par la violence : l’itinérance cachée des femmes. La Revue a rencontré Sandra Labrie, cheffe des services externes à La Hutte, ainsi que Manon, survivante d’un parcours empreint de violence et aujourd’hui employée de l’organisme, afin de mettre en lumière cette réalité et contribuer à déstigmatiser l’itinérance au féminin. 

Le centre d’hébergement La Hutte, à Terrebonne, contribue à lutter contre l’itinérance en offrant des services d’urgence, dont l’hébergement et l’aide alimentaire. Selon Sandra Labrie, la clientèle est composée à 70 % d’hommes et à 30 % de femmes. Cette proportion plus faible de femmes s’expliquerait par les différentes stratégies qu’elles adoptent pour éviter l’itinérance. « Les clientes que l’on accueille vont avoir développé, contrairement aux hommes, des stratégies pour éviter la rue à tout prix. Parmi celles-ci, certaines vont choisir la prostitution ou vivre avec des conjoints violents », explique Sandra. 

 

Des parcours empreints de violences 

Les profils des femmes qui suivent ce parcours sont souvent marqués par la violence et la consommation, des réalités auxquelles elles sont confrontées très tôt dans leur vie. « Ce sont des trajectoires marquées par des traumas : violences physiques, sexuelles et psychologiques. On retrouve ces similitudes dans leurs histoires », précise-t-elle. Sandra ajoute que la maternité fait aussi souvent partie de leur parcours. « Dans des contextes de violence conjugale, la maternité peut être un beau levier, une source de motivation. Mais elle peut aussi devenir une source de culpabilité et de stress. Ce sont des enjeux que les hommes n’ont généralement pas dans leur parcours. » 

Malgré toute la souffrance et les difficultés que ces femmes rencontrent, Sandra Labrie garde beaucoup d’espoir quant à leur capacité de réhabilitation et de réinsertion sociale. L’histoire de sa collègue Manon en est un exemple : avant de travailler à ses côtés, elle était résidente de l’hébergement d’urgence de La Hutte

 

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