Bilan de fin de saison avec Robert Dubuc, coach des Cobras

  • Publié le 28 mars 2026 (Mis à jour le 28 mars 2026)
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Robert Dubuc et ses troupes ont vécu une saison compliquée. (Photo Médialo - Raphaël Isselet)
Robert Dubuc et ses troupes ont vécu une saison compliquée. (Photo Médialo – Raphaël Isselet)

Les Cobras ont terminé leur saison en avance par rapport à leurs standards historiques. Mais la neuvième place finale avait déjà un goût particulier après une saison plus que compliquée. Rencontre avec « coach Bob » après sa 20ème saison.    

Coach bonjour! Première question, comment s’est terminée cette saison? 

Je dirais que ça s’est fini un petit peu comme ç’a débuté, on n’avait aucun contrôle sur les situations de blessures, des choses du genre, ç’a été comme ça toute la saison. On a eu beaucoup de conflits au niveau des blessures, au niveau des horaires des joueurs, soit à l’école, au travail. 

Je prends l’exemple du dernier match dans la série contre Valleyfield, il nous manquait quand même trois défenseurs réguliers. Je te dirais que c’est un petit côté difficile, c’est pas mal ce qu’on retient le plus de la saison. 

L’équipe a beaucoup changé par rapport au début de saison. Pourquoi ? 

Avant Noël, on était derniers au classement général. Mais ce n’était pas un manque de talent. Depuis le début de la saison, je dirais qu’on avait une équipe talentueuse, mais l’engagement de certains joueurs faisait défaut. Tu ne peux pas jouer dans la Ligue de hockey junior AAA et prendre ça comme une ligue fantôme.  Il faut que tu t’engages, que tu t’investisses. Notre programme est fait en fonction de l’école. Tout est là pour que tu sois capable de jouer au hockey et d’aller à l’école ou à l’université.  

C’est faisable, mais il faut être responsable. On a eu des blessures aussi, c’était moins drôle, mais on a senti que certains joueurs n’étaient pas vraiment là. À partir de ce moment, on a décidé de faire des transactions, de changer un peu la dynamique et d’aller chercher des joueurs un peu plus engagés. Je te dirais que la deuxième moitié de saison, ç’a paru, mais encore là, on a fait beaucoup d’entraînements où il manquait 3, 4, 5 joueurs. C’est difficile, mais la qualité des joueurs était là. Et pour ceux qui étaient là, l’engagement était bon. 

Vous avez été rejoint dans le personnel d’entraînement par Bobby Dallas, qui a apporté son expérience de 600 matchs dans la LNH. Qu’est-ce que son arrivée a changé pour vous ? 

À un moment, j’assistais à une séance vidéo qu’il menait. Il a fallu que je dise « Bobby attends; tu vas trop vite pour les joueurs ». Il amenait des situations que je ne suis pas sûr que nos joueurs étaient prêts à exécuter. Ça leur prend des répétitions, ça leur prend des entraînements.  

Mais lui, c’est automatique. Il est à un autre niveau. Un gars qui a joué 600 matchs en Ligue nationale, je n’en connais pas beaucoup autour de moi. Son professionnalisme, aussi, c’est un gars qui est très engagé.  

La saison a été compliquée, mais en novembre dernier, vous aviez confié que c’était aussi une occasion d’apprendre. Qu’est-ce que vous avez changé ? 

Il y a deux ou trois ans, j’étais dans une réunion de ligue avec tous les entraîneurs, et on parlait de statistiques, de vidéos, de programmes. Et je me souviens d’un vétéran coach comme moi qui dit « Moi, les stats, quand je suis premier au classement général, les plus, les moins, je m’en fous ». 

Dans les cinq, six, sept dernières années, les Cobras ont eu beaucoup de succès. Et je ne les ai pas tellement regardés, moi non plus. Je n’ai pas tellement travaillé avec les vidéos parce qu’il y avait tellement de talent dans l’équipe. On embarquait sur la glace et on travaillait à une tactique et les gars l’exécutaient. Cette année, il a fallu trouver des solutions. On était un peu plus limités en talents, mais on a réussi à performer parce qu’on a passé plus de temps à faire de la vidéo. Et je n’ai jamais fait ça, mais l’année prochaine, on va rajouter une plage horaire de 30 minutes pour la vidéo. Ça va être obligatoire, comme un entraînement. 

Comment s’annonce la saison prochaine justement ? 

On va attendre de voir, au niveau de la Ligue junior majeure du Québec, ce qu’il va se passer, mais sur le papier, en ce moment, on est très excités.  Ce qu’on veut s’assurer, c’est d’avoir nos Midget AAA dans l’équipe. Parfois, on a trop de scolaires, et je n’ai rien contre ça, mais les joueurs qui jouent dans le Midget AAA, qui sont sur la glace 3 fois, 4 fois par semaine, ce sont des matchs d’adultes. On veut vraiment pousser là-dessus.  

 On veut trouver des gens ou des joueurs qui ont de l’ambition. On va prendre peut-être moins de talent, mais plus d’ambition. On veut un gang de gars qui en veulent plus. Je trouve que cette année, c’est ça qui a fait défaut. Puis l’année prochaine, on ne se fera pas prendre. Puis on va s’assurer de faire une bonne sélection de nos six 20 ans et que l’on peut choisir qui on veut. Il y en a trop. Donc, on va s’assurer de prendre des gars qui vont être engagés et dédiés.  

Vous avez passé 20 ans derrière le banc des Cobras, on peut se préparer pour 20 autres années ? 

 Je rencontre des joueurs que j’ai coachés il y a 20 ans et qui ont des enfants maintenant et qui me disent « hé, tu vas coacher mon gars ». Vingt ans, quand j’attache mes patins, je vais te dire tout de suite, c’est non. Je vais devoir faire comme Scottie Bowman, il était rendu avec des patins à velcro, ça va me prendre des patins à velcro aussi.  

Plus sérieusement, je dirais que j’ai tout le temps encore une grande ambition que je n’ai pas encore réalisée. Je suis allé trois fois aux championnats canadiens et, la dernière fois que j’y étais allé, on avait super bien fait.  

Il faut que toutes mes planètes s’alignent, mais on sait ce que ça prend. Là on est rendu, moi, mon staff, les propriétaires, on se dit « ok on y va, on veut avoir une chance de retourner là et d’être encore mieux préparés ».