« Assez jasé, il faut agir » – Guillaume Tremblay

Karine Limoges
« Assez jasé, il faut agir » – Guillaume Tremblay
Le Domaine seigneurial de Mascouche, qui était jusqu’alors sécurisé par une clôture et la surveillance d’un gardien, s’avère maintenant en proie aux actes de vandalisme. (Photo : archives La Revue)

DOSSIER DU MANOIR SEIGNEURIAL

Guillaume Tremblay, député de Masson, s’est intéressé depuis les débuts à l’avenir du Manoir seigneurial de Mascouche, ayant déjà eu quelques discussions avec le propriétaire actuel des lieux, Daniel Meyer Ouaknine.  À la suite de l’éditorial du 20 juin écrit par Gilles Bordonado et intitulé «Attend-on une deuxième Maison Bélisle?», M. Tremblay réagit. «Assez jasé, lance-t-il, il faut prendre position et agir pour le bien commun!»

Ouvertement invité à s’impliquer par l’éditorialiste de la chronique «Libre opinion», Guillaume Tremblay lance un appel aux acteurs du milieu à monter un dossier et à faire pression auprès de la Commission des biens culturels du Québec. «Je veux faire une demande auprès du ministère de la Culture, ça vaut la peine de l’essayer», confie le politicien. Il se rappelle le projet d’auberge et spa qui circulait en 2011, vocation qui aurait été une avenue intéressante, selon le député. «Je devais rencontrer [M. Ouaknine], mais il m’a dit qu’il avait finalement une entente avec la Ville pour un autre projet.»

Le Comité de sauvegarde du Manoir a présenté ses recommandations au conseil de la Ville de Mascouche le 23 avril. Le dossier traîne en longueur depuis. À la dernière séance du conseil municipal, la conseillère Denise Paquette a expliqué que la rencontre avec le propriétaire du Manoir, Daniel Meyer Ouaknine, a été reportée au mercredi suivant la séance, soit au 13 juin. Le directeur du Service de l’aménagement du territoire, Sylvain Chevrier, doit rencontrer le Comité à cet effet le 3 juillet.

Subventions et surveillance

Toujours à la dernière séance du conseil, le candidat à la mairie Luc Thériault, également membre du Comité de sauvegarde du Manoir, s’est indigné : «Le rapport a été déposé en avril, vous avez eu le temps! Chaque semaine, chaque mois qui passe peut être un handicap de plus pour ce projet qui sera sûrement structurant. Pour le bénéfice des gens, il serait important de régler ces points à ciel ouvert et de se positionner. Il ne faudrait pas perdre des chances d’accéder à des fonds.»

Rappelons que le Manoir seigneurial ne profite d’aucune forme de surveillance depuis trois semaines. Les clôtures le ceinturant ont été retirées, de même que le gardien des lieux. L’endroit, déjà en état de décrépitude avancé, demeure un terrain de jeu pour les squatteurs et vandales. Cette réalité a semblé préoccuper autant Mme Paquette que M. Thériault. Même son de cloche du côté du député Guillaume Tremblay. «Ça va brûler un jour», s’inquiète-t-il. Celui qui avait proposé à la Ville de «faire partie de la solution» en siégeant au Comité de sauvegarde aurait été mis de côté.

«Aucune vision»

«Le rôle du député est de travailler avec le milieu, le conseil [municipal] et les organismes communautaires, rappelle M. Tremblay. Je trouve désolant qu’il n’y ait aucune ligne directrice ni vision, autant quand le maire [Richard Marcotte] était encore là que maintenant qu’il n’est plus là.» Le député penche pour un projet mobilisateur – lui qui a eu des échos du rapport final rédigé par le Comité – qui permettrait aux résidants et aux touristes de découvrir ce joyau culturel et sa forêt environnante, un legs naturel. «Il faut, le plus rapidement possible, un positionnement clair de la Ville, qui pourrait décider de citer le Manoir comme étant patrimonial», conclut Guillaume Tremblay.

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