Autopsie d’un hiver difficile

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Par Jean-Marc Gilbert
Autopsie d’un hiver difficile
Les précipitations abondantes combinées aux nombreux épisodes de gel et de dégel ont compliqué le travail des employés affectés à l’entretien hivernal.

Neige, pluie, cocktails météo et nombreux épisodes de gel et de dégel ont marqué l’hiver 2018-2019 dans la grande région de Montréal, dont à Terrebonne et à Mascouche. Bilan d’un hiver plutôt difficile.

D’abord, la saison hivernale s’est installée plus rapidement qu’à l’habitude. En novembre, Terrebonne a reçu cinq fois plus de neige qu’en moyenne au cours des 10 dernières années. Même les précipitations de pluie ont été en hausse de 51 %, note la Ville dans un communiqué de presse. Les précipitations ont également été plus abondantes que la moyenne en décembre (sauf pour la neige), en janvier et en février.

De plus, uniquement en mars, 13 épisodes de gel et de dégel ont été enregistrés à Terrebonne, pour un total de 35 durant l’hiver, des statistiques qui s’apparentent à celles de Mascouche.

«Ces données expliquent grandement pourquoi Terrebonne et l’ensemble des villes de la région ont été aux prises avec des défis extrêmement difficiles à prévoir, juge le maire de Terrebonne, Marc-André Plante, dans un communiqué de presse. C’est ce qui explique aussi la formation des nids-de-poule en grande augmentation.»

Le premier magistrat note également que parfois, seulement les rues de priorités 1 et 2 pouvaient être déneigées entre deux épisodes de précipitations. «Le résultat, c’est qu’il est arrivé que des rues secondaires n’aient pas pu être dégagées à notre goût pendant quelques jours», précise-t-il.

Plus cher à Terrebonne

Il y a aussi une conséquence monétaire à une saison comme celle-ci, du moins à Terrebonne. Malgré une augmentation de 4,72 % de son budget alloué à l’entretien hivernal, pour un montant de 504 000 $ prévu cet hiver, une somme supplémentaire de 350 000 $ a dû être déboursée. Terrebonne devra-t-elle prévoir plus d’argent étant donné que ce type d’hiver est susceptible de se reproduire en raison des changements climatiques? «La Ville analyse les conséquences de ces épisodes de plus en plus fréquents. Nous identifierons comment nous pouvons améliorer nos façons de faire. Nous allons aussi partager nos analyses et expériences avec les autres villes. À la fin de l’exercice, nous verrons si des sommes supplémentaires seraient nécessaires», répond la Municipalité.

À Mascouche, il n’y a pas eu de dépassement de coûts. «Nos contrats de déneigement sont à valeur variable. Ils sont basés sur la hauteur des précipitations de neige reçues à la station météo Montreal INTL A. Cette station a enregistré 229,4 cm de neige pour la saison et nos différents contrats de déneigement sont payés à 100 % dans le cas où la hauteur de neige se situe entre de 200 à 240 cm», détaille Nathalie Kessler, coordonnatrice aux communications.

On indique également que davantage de fondants et d’abrasifs ont dû être utilisés, sans toutefois pouvoir chiffrer la chose.

Concernant l’état des routes, plus de 340 tonnes métriques d’asphalte chaud ont été utilisées pour boucher les très nombreux nids-de-poule alors qu’on prévoyait avoir besoin de 175 tonnes métriques.

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