BRIN D’HISTOIRE, par Aimé Despatis

ÉLECTION AU QUÉBEC EN 1935

Athanase David et élu par UNE VOIX député de Terrebonne

Un député de la circonscription électorale provinciale de Terrebonne a déjà été élu par UNE voix à l’Assemblée nationale à Québec : Athanase David, à l’élection générale de 1935, dans des circonstances peu communes.

Son adversaire de l’Union nationale, Herman-Armand Barrette, se croyant lésé par le résultat de la consultation, réclama un nouveau décompte du scrutin. C’est alors qu’on constata, en cherchant autre chose, que les bulletins de votes, imprimés à Saint-Jérôme par l’Imprimerie J.-H.-A. Labelle, ne portaient pas le carré réglementaire destiné à recevoir les initiales du responsable aux tables de scrutin. L’affaire fit grand bruit. Le président d’élection pour le comté, J.-Anthony Lessard, fut longuement interrogé. L’erreur ne venait pas de lui, mais de l’imprimeur.

Le juge J.-Alexandre Guilbault annula tous les bulletins, et Lessard, appelé à donner un vote prépondérant, accordait la victoire à David par une seule voix de majorité. Dans la province, la décision créa un certain remous, puis l’élection de David fut contestée.

Dans ce rappel de l’élection de 1935, l’auteur Lionel Bertrand termina son article en écrivant : « Ce n’était pas rose au pays de Terrebonne! »

Un grand seigneur

Non, ce n’était pas rose dans Terrebonne. L’Union nationale de Duplessis et les conservateurs du temps avaient été relégués dans l’opposition à Québec depuis 1897, les « rouges », avec Prévost et Athanase David, régnaient en maîtres depuis 1900.

Athanase David, grand seigneur s’il en fut, un, était au pouvoir depuis 1916 et il était réélu facilement, même sans opposition une fois, en 1919. Grand seigneur en vérité, par sa prestance faite de dignité en toutes circonstances, plus à l’aise dans les grandes occasions que dans les batailles de la petite politique.

On aura connu Athanase David sur tous les « hustings » du comté, dont ceux de la Ville de Terrebonne, celui du kiosque du parc Masson.

David termina une brillante carrière en 1936 lors de l’élection du premier député de l’Union nationale, Herman Barrette, que ses adversaires libéraux avaient qualifié de « Barrette-la-fanfare » parce qu’il avait promis une fanfare dans tous les coins du comté.

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