Chantal Machabée COMBLÉE PAR LA VIE

Si les téléspectateurs et auditeurs, et plus particulièrement les amateurs de sports, apprécient tant le travail de la journaliste et animatrice lachenoise Chantal Machabée sur les ondes de RDS (Réseau des sports) et CKOI, ils le doivent à nul autre que la légende du hockey Guy Lafleur. Par ses performances sur la glace dans les années ’70, le Démon blond lui a donné la passion du sport et ce, depuis son tout jeune âge.

Stéphane Fortier

Le plus drôle, c’est qu’elle l’a rencontré pour la première fois en 1998 et ce, même si elle exerçait son métier depuis déjà 10 ans. ” Je ne suis jamais nerveuse avant d’enter en ondes ou pour une entrevue. J’ai interviewé des personnalités aussi prestigieuse que Jack Nicklaus et Wayne Gretsky, mais lorsqu’on m’a dit que j’allais avoir Guy Lafleur en entrevue, le coeur me débattait. Je lui ai d’ailleurs dit qu’il était responsable, en quelque sorte, de mon choix de carrière “, relate Chantal Machabée.

Elle a développé la piqûre pour le sport très jeune, à une époque où l’on pouvait regarder les exploits de dynasties comme les Steelers de Pittsburg au football et des Canadiens de Montréal au hockey. Celle qui nous livre les bulletins de sports, en même temps qu’elle accompli un travail de terrain fort efficace en tant que journaliste, a été de la toute première émission du Réseau des Sports, il y a 13 ans. ” Guy Desormeaux, une sommité en télévision et une personne extraordinaire a hérité le mandat de démarrer le réseau, et il a tout de suite pensé à moi “, se souvient Chantal. Cette dernière, malgré son jeune âge était déjà, en effet, une journaliste aguerrie.

Dès l’âge de 16 ans, Chantal Machabée, alors au Collège St-Laurent, faisait déjà du journalisme sportif pour le journal local, au collège même, bien sûr et au défunt Dimanche-matin. À l’aube de ses études universitaires, elle écrit pour la presse canadienne et oeuvre au réseau NTR à la radio. ” Ma passion première, c’était l’écriture puis j’ai goûté à la radio et, plus tard, à la télé en animant Graffiti à Much Music où j’ai interviewé des gens comme Bryan Adams. C’était pas vraiment mon ” bag “, mais j’ai aimé l’expérience. “

En 1986, elle couvre la Coupe Mémoriale à Seattle et fait une rencontre qui allait s’avérer un tournant dans sa carrière. ” Denis Ricard, de la SRC, a aimé ce que je faisais et m’a fait passer un ” screen test “. On me confie la couverture de la Ligue canadienne de football et le hockey junior “, se rappelle-t-elle. Elle passe ensuite au réseau TVA à Québec et se voir affectée à la couverture des Nordiques en plus d’animer une émission de lignes ouvertes appelée ” Ça, c’est du sport ! ” La jeune femme ne dort pas beaucoup à l’époque en étant en plus sur la brèche sept jours sur sept. . ” Mais cette étape en région a été importante. Je suis finalement revenue à Montréal comme je le voulais, mais avec un bagage extraordinaire et cinq ans d’expérience dans le milieu “, mentionne Chantal.

Un monde macho

Avec les Marie-Josée Turcotte et Danielle Rainville, Chantal Machabée a été une des femmes qui a fait sa place dans un monde jusque-là réservé surtout aux hommes. Dur pour une femme de percer cette carapace. ” J’ai toujours fréquenté des milieux de gars, je m’adonne bien dans un groupe d’hommes. C’est sûr que parfois j’ai eu à composer avec des petits comiques des erreurs dans mes bulletins pour me donner l’air ridicule et surtout leur donner raison sur les compétences d’une femme dans le domaine. Dans des discussions, tout ce que je disais faisait l’objet d’une vérification spontanée dans des livres et documents de référence tellement certains ne me faisaient pas confiance. Malgré ma force de caractère, il arrivait que j’arrive chez moi en pleurant à chaudes larmes. Dans ce métier, surtout quand on est une femme, on n’a pas le droit de monter des faiblesses, sinon on ne te manque pas. Mais je dirais que je n’ai pas vraiment eu de problèmes, dans l’ensemble. Il y a
longtemps que je fais partie de la gang. J’ai travaillé et travaille aujourd’hui avec une équipe formidable “, affirme-t-elle.

Et les joueurs de hockey ? ” Écoutez, j’ai couvert la Ligue junior majeure à l’époque où évoluait les Mario Lemieux, Luc Robitaille, Guy Rouleau et autres. Et aujourd’hui, plusieurs joueurs, qui évoluent dans la Ligue nationale, m’ont connue à mes débuts. Je n’ai pas de problèmes avec les joueurs professionnels ou juniors, bien au contraire. Ils me voient à la télé faire un travail professionnel et n’ont jamais remis en question ma crédibilité. “

Des idoles et des rêves

Lorsque Chantal s’est fait dire par des pros comme Lionel Duval et Gilles Tremblay qu’elle faisait du bon travail à la télé et qu’ils aimaient ce qu’elle faisait, cela a représenté un beau moment dans sa carrière de journaliste sportive. ” Quand j’étais petite, je me disais que je prendrais la place de Lionel Duval. C’était mon modèle et je rêve du jour où je ferais les entrevues entre les périodes lors des matches de la Ligue nationale.

En attendant, Chantal réalisera un autre rêve dans quelques semaines en participant aux Jeux olympiques de Salt Lake City à titre d’annonceur pour le compte du Comité olympique américain. ” C’est moi qui serai annonceur pour les compétitions de ski alpin et de slalom géant masculin et féminin. En participant aux Jeux, je concrétise un autre objectif de carrière “, de dire Chantal.

Ces jours-ci, en plus, débute à RDS une nouvelle émission sur le hockey junior qu’animera Chantal qui ces temps-ci, anime les bulletins de nouvelles sportives avec son camarade François Bessette avec qui elle aime beaucoup travailler.

Avec les années, Chantal Machabée s’est forgé une crédibilité à toute épreuve et un professionnalisme remarquable. Elle a travaillé fort et elle mérite amplement la reconnaissance de ses pairs et du public. Mais si elle avait un conseil à donner aux jeunes filles qui voudraient suivre ses traces ? ” Je leur dirais de s’ouvrir sur les autres sports et de ne pas se limiter qu’au hockey. S’il est important d’avoir une bonne culture générale dans le journalisme, il est important de diversifier ses pôles d’intérêt. Moi j’ai fait mes études universitaires en Sciences politiques. Il est important de comprendre le monde qui nous entoure. Couvrir une compétition internationale sans savoir ce qui se passe dans le pays hôte est inacceptable, selon moi. Le monde du sport est enrichissant tant que l’on élargit ses horizons “, note Chantal à qui il arrive de conseiller des jeunes qui veulent faire ce métier.

Famille et milieu de vie

Chantal Machabée est résidente de Lachenaie depuis une dizaine d’années. Avec son conjoint et leurs deux jeunes hommes de 6 et 7 ans, Simon et Hugo, elle file vraiment le parfait bonheur dans un milieu de vie qu’elle adore. ” Le Boisé est un coin idéal pour une petite famille. On s’y sent en sécurité, l’école, au sein de laquelle nous nous impliquons d’ailleurs, est tout près et les enfants ont beaucoup d’amis. Il s’agit d’un quartier qui revêt un cachet bien spécial, unique. Les gens sont gentils et nous adorons le golf. Et comme il y a un terrain tout près C’est véritablement une petite communauté dans la communauté “, affirme Chantal. Elle et son conjoint s’impliquent également avec beaucoup de plaisir dans la communauté. ” Nous sommes souvent invités pour toutes sortes d’occasions et quand le temps nous le permet, cela nous fait grandement plaisir d’y participer “, dit-elle

Chantal Machabée, à l’arrivée des petites, a trouvé, comme toutes les mamans qui ont une carrière, difficile de concilier le travail et la famille avec le peu de moments de répit dont elle peut jouir. ” Mais nous pouvons compter sur une personne merveilleuse qui prend soin des petites quand nos obligations professionnelles nous accaparent “, mentionne-t-elle en précisant que le papa fait carrière comme pompier, un métier dont les quarts de travail ne sont pas toujours des plus conventionnels.

Il arrive de bien belles choses à Chantal Machabée. Et parions que le meilleur est encore à venir pour cette passionnée du sport.

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