Combattre la mélancolie par la mélancolie

Pénélope Clermont
Combattre la mélancolie par la mélancolie
Pierre Lapointe a disséqué l’amour pour le pire, mais surtout pour le meilleur lors de son passage au TVT avec La science du cœur. (Photo : Pénélope Clermont)

Combattre le mal par le mal, dit-on. Si on peut douter des réels bienfaits du dicton, on sait maintenant, grâce à Pierre Lapointe, que combattre la mélancolie par la mélancolie fonctionne de belle façon.

L’auteur-compositeur-interprète était sur la scène du Théâtre du Vieux-Terrebonne, le 25 janvier, pour y présenter son plus récent spectacle. Après une poignante introduction sur Qu’il est honteux d’être humain, il a utilisé son humour singulier pour donner le ton à ce qui allait suivre : «Si vous avez le blues de l’hiver, ça ne va pas se régler. Le spectacle est une prise de conscience pour vous faire feeler cheap d’être vivant», a-t-il admis avec sarcasme.

Non, les pièces de l’artiste ne transmettent pas la joie de vivre. «Je vous fais mes deux pièces les plus joyeuses, mais ça reste quand même des chansons de Pierre Lapointe. La première parle d’un amour qui ne mène à rien et la deuxième est un gros coup de foudre qui ne mènera nulle part non plus», a-t-il plus tard lancé sur les éclats de rire du public.

Si ses chansons ne respirent pas la joie, elles deviennent en contrepartie le terrain de jeu d’une belle mélancolie et d’une douce introspection dans laquelle il fait bon se vautrer. Des textes pertinents, sensibles et authentiques. La déprime des uns fait le bonheur des autres.

Réunissant principalement des chansons de La science du cœur et de Paris tristesse, le spectacle a par ailleurs mis en lumière des arrangements musicaux de David François Moreau, collaborateur de Lapointe sur son dernier album. Si ce dernier cumulait les instruments, le concert a ramené les pièces à une plus simple expression, ne combinant sur scène qu’un piano et un marimba. L’univers musical n’en était pas moins complet, bien au contraire.

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