Complètement mère et pleinement artiste

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Par Pénélope Clermont
Complètement mère et pleinement artiste
Photo : Kelly Jacob

C’est en baignant dans le tourbillon des hormones postnatales qu’Ariane Moffatt a pondu son dernier album, Petites mains précieuses. Loin de n’aborder que sa maternité, l’opus traduit surtout un désir de l’artiste de revenir à l’essentiel, à quelque chose de concret, comme cette main qu’on ressent le besoin de prendre pour mieux s’ancrer.

«L’histoire du titre est assez folle. Henri entretenait un fétichisme pour les mains de Paul (son jumeau). Il disait : « Petites mains précieuses »», dévoile avec tendresse Ariane Moffatt.

Cet exemple en est un parmi tant d’autres de l’inspiration que l’artiste a pu trouver à travers son rôle de mère. «Pendant la création, j’avais un pied sur la pédale du piano et l’autre sur le coussin qui swingait le bébé, illustre-t-elle. Tous les éléments étaient là pour composer. C’est un album qui s’est fait simplement.»

Un album qui s’est imposé, ajoute-t-elle, en plus d’être apparu comme une bouée de secours après un accouchement plus difficile. «C’était rassurant de voir que mon besoin pour me grounder était d’écrire. Le processus est même venu m’obséder. L’album s’est construit à un rythme que moi-même j’ai peine à croire», affirme la principale intéressée, constatant que la maternité est un moteur de création.

«Ça fait vivre des choses tellement intenses qui laissent une grande place pour créer. Ça apporte des éléments de perturbations avec lesquels tu dois composer», soutient-elle.

Soul, disco et groove

Si son album précédent, 22 h 22, avait une touche onirique et très planante, Petites mains précieuses possède des couleurs soul et de (slow) disco mises en forme avec une approche plus contemporaine. «Ma voix est plus douce, proche des textes. C’était aussi important pour moi qu’il y ait une simplicité dans la facture des chansons. Je ne voulais pas m’étendre à l’infini», expose l’auteure-compositrice-interprète.

Cette approche sera la même lors de son passage au Théâtre du Vieux-Terrebonne, le 16 mars. L’esprit «néo-seventies» et la richesse organique et «groovy» des vrais instruments rencontreront encore et toujours des textures électroniques au service de textes plus que jamais mis de l’avant.

Aux pièces de son dernier album s’ajouteront bien sûr des titres passés qu’elle s’amuse à redécouvrir au fil des ans. «Ils se mouleront à cette facture-là. C’est toujours le fun d’avoir une cohérence artistique», dit-elle en annonçant une version «rajeunie» de Point de mire.

Entre vie de famille et tournée

Ariane Moffatt n’en est pas à une première tournée en carrière, mais comment vit-elle la chose depuis qu’elle est une mère de 40 ans? «Ça me fait toujours autant de bien et j’ai toujours autant de fun! Mais j’envisage les tournées moins intenses et plus longues. Je vis une garde partagée entre la tournée et la famille : une fin de semaine sur deux!» dévoile la mère de trois enfants qui a bien hâte de pouvoir emmener sa progéniture parmi les instruments.

«Je vais plus profiter des festivals pour emmener les jumeaux, qui adorent la musique, avec moi», conclut celle qui ouvrira les Francos sur la scène extérieure, le 14 juin.

***

Pour assister au spectacle Petites mains précieuses d’Ariane Moffatt au Théâtre du Vieux-Terrebonne, le samedi 16 mars à 20 h, procurez-vous des billets au www.theatreduvieuxterrebonne.com ou au 450 492-4777.

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