COVID-19 : 18 Moulinois pris à l’étranger

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Par Pénélope Clermont
COVID-19 : 18 Moulinois pris à l’étranger
Les Terrebonniens Jade Castonguay et Pierre-Philippe Tremblay avant qu’ils ne soient confinés à leur chambre d’hôtel à Lima, au Pérou. (Photo : courtoisie)

Plusieurs voyages à l’étranger se sont transformés en beaux casse-têtes, pour ne pas dire en beaux cauchemars, pour de nombreux Québécois et Moulinois dans les derniers jours. Des vacances qui ne sont en rien reposantes.

Selon des listes tenues par les députés de Terrebonne et de Montcalm datant du 19 mars en fin de journée, 18 Moulinois se sont manifestés comme étant pris à l’étranger. On indique heureusement que tous seraient « en sécurité », bien que certaines réalités soient plus incertaines que d’autres.

Les Terrebonniens Jade Castonguay et Pierre-Philippe Tremblay sont actuellement reclus dans leur hôtel de Lima, au Pérou, pays où l’État d’urgence national a été décrété comme mesure de prévention et de contrôle du COVID-19. Partis le 7 mars pour un retour prévu dix jours plus tard, elle et son conjoint se portaient bien lors de l’entretien téléphonique qu’ils ont accordé à La Revue, le 19 mars.

« On a pu acheter des nouilles en sachet dans un dépanneur avant d’arriver à l’hôtel, mais comme celui-ci offre encore le service aux chambres, on garde ce qu’on a de côté parce que le confinement obligatoire pourrait durer 14 jours », explique la Terrebonnienne de 28 ans. Autre ombre au tableau : « Je fais de l’asthme et je n’ai plus de pompes ni de pilules contre l’altitude », dévoile celle qui redoute d’autant plus le coronavirus, mais qui se porte bien.

Des mesures drastiques et soudaines

La situation s’est compliquée le 16 mars pour les amoureux. Quelques jours plus tôt, la rumeur d’une fermeture des frontières se propageait, et ce, même si le Pérou n’était pas particulièrement visé par le coronavirus. Ils avaient ainsi contacté leur agente de voyage et comme ils étaient censés revenir sous peu, ils ne se sont pas inquiétés outre mesure.

Au matin du 16 mars, un courriel d’Air Canada les informe de l’annulation des vols internationaux, ils tentent tout de même de prendre leur vol interne de Cusco vers Lima. C’est la cohue dans l’aéroport, les sièges s’envolent, les bureaux des compagnies aériennes sont tous fermés, « on était laissés à nous-mêmes », résume Mme Castonguay, qui a finalement réussi à se rendre à Lima par un autre moyen de transport.

Quatre jours plus tard, ils sont toujours là. Ils avaient pu trouver un vol avec United Airlines pour le 21 mars, mais il a été reporté au 25 mars. Sera-t-il reporté à nouveau? Ils l’ignorent.

La situation est sensiblement la même pour Vanessa Gagnon, aussi coincée au Pérou. Elle se trouve cependant à Urubamba, chez une amie. Partie au début du mois de janvier vers l’Argentine puis la Bolivie, pour finir au Pérou, elle s’était inscrite au service Inscription des Canadiens à l’étranger et s’était dotée de l’application Bon voyage.

Elle s’étonne d’ailleurs de n’avoir reçu aucune communication de la part de ces deux outils pour l’informer de la situation qui se détériorait à ce point au Pérou. Elle avait su que les critères d’entrée et de sortie de différents pays évoluaient et qu’elle allait devoir être en quarantaine à son retour au Canada, mais jamais elle ne s’attendait à ne pas pouvoir sortir du Pérou comme prévu, le 17 mars.

Police et armée dans la rue

La seule consigne qu’elle ait reçue du Canada durant le brouhaha était de demeurer dans un lieu sécuritaire. « Je ne connaissais personne à Lima (où elle devait se rendre), alors je suis retournée chez mon amie, à Urubamba, explique la Mascouchoise d’origine. Les droits civils sont suspendus. La police et l’armée sont dans la rue. On peut juste sortir pour aller chez le médecin, à l’épicerie et à la pharmacie, et quand on circule dans la rue, on se fait dire par un gros microphone de marcher vite parce que le coronavirus n’épargnera personne et que si on ne marche pas assez vite, on ira en prison. C’est très stressant! Et les hôtels ferment, les gens vont où? »

Vanessa Gagnon, originaire de Mascouche, s’inquiète pour les ressortissants canadiens qui ne se trouvent pas près d’un aéroport puisque les déplacements sont interdits au Pérou. Les retours n’en sont ainsi que plus complexes. (Photo : courtoisie)

La voyageuse de 31 ans était parvenue entre temps à trouver un vol Cusco-Lima-Montréal, le 3 avril. Encore là, il a été annulé. Heureusement, Air Canada ne la laisse pas seule : « Ils sont en train de me trouver un itinéraire avec multiples escales via d’autres compagnies sans frais », dit-elle. Autrement, il lui faudra un vol humanitaire organisé par le gouvernement canadien, croit celle qui reste en communications avec l’Ambassade canadienne de Lima.

Défi logistique et diplomatique

Le député fédéral de Terrebonne, Michel Boudrias, est bien au fait de la situation et, comme l’équipe de son homologue dans Montcalm, Luc Thériault, il est en contact avec les ressortissants de la circonscription qu’il représente pris à l’étranger. Il affirme que le gouvernement fait tout en son possible pour rapatrier ses citoyens, « mais on ne peut pas aller plus vite que la parade », illustre l’élu qui tient à jour une liste consolidée de ceux-ci de manière à aider les différents ministères impliqués dans leur retour. « Le défi logistique et diplomatique est grand. Je constate une volonté, mais il faut démêler tout ça », conclut le député bloquiste qui prône l’indulgence en pareilles circonstances.

En point presse, le 21 mars, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a rappelé que l’opération de rapatriement était en cours.

 

18 Moulinois dans 7 pays

Algérie : 2

Espagne : 4

France : 3

Maroc : 2

Mexique : 1

Pérou : 4

Nouvelle-Zélande : 2

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Michel BoudriasPénélope ClermontNadia Duquette Auteurs de commentaires récents
Nadia Duquette
Invité
Nadia Duquette

Il y a plus que 18 moulinois à l’étranger! Je suis agent de voyages à Mascouche et nous avons plus de 14 passagers à destination et qu’on essaie de rapatrier. Ils sont au Mexique, au Costa Rica, au Portugal et à Cuba.

Michel Boudrias
Invité
Michel Boudrias

Madame Duquette,

Si vous avez des citoyens de Terrebonne compris dans votre liste de 14 passagers, il est impératif dans un premier temps de les inscrire rapidement en ligne au: https://voyage.gc.ca/voyager/inscription

N’hésitez pas à contacter notre bureau pour des suivis ou plus d’informations.
450-964-9417 • michel.boudrias@parl.gc.ca

Michel Boudrias
Député de Terrebonne