COVID-19 : Après le retour, le confinement

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Par Jean-Marc Gilbert
COVID-19 : Après le retour, le confinement
Ne voulant prendre aucune chance, Lucas Galarneau a porté un masque dans l'avion qui l'a ramené à Montréal dans les derniers jours. (Photo: courtoisie)

Le Terrebonnien Lucas Galarneau qui travaillait pour la division européenne d’une entreprise de services-conseils basée à Montréal est de retour au bercail. Ayant perdu son emploi, il a multiplié les démarches pour trouver un vol de retour. Depuis, il reste confiné et évitera au maximum les contacts physiques pendant 14 jours, voire encore plus, selon l’évolution de la situation.

Celui qui se déplaçait en fonction des mandats qu’on lui confiait dans le cadre de son emploi en France vivait essentiellement dans les hôtels. Depuis l’éclosion de la COVID-19, qui a touché la France plus durement que le Québec jusqu’à maintenant, il lui devenait de plus en plus difficile de se loger, étant donné la fermeture de nombreux hôtels.

Les rues étaient désertes. Dans certaines villes, absolument tous les restaurants et les  commerces étaient fermés. « Les gens qui sont choqués de ce qui se passe ici auraient eu un choc encore plus grand en France. La garde militaire et la police nationale sont dans les rues. C’était presque une ambiance de mesures de guerre », raconte-t-il.

Le 16 mars, il devenait une autre des victimes collatérales du virus en étant mis à pied par son employeur. À ce moment, c’est devenu clair dans sa tête : il devrait rentrer.

Trouver un vol pour revenir au Canada n’a pas été une mince tâche. « Les compagnies aériennes ont perdu le contrôle de la gestion des vols. Le prix était très élevé et quand on posait des questions à savoir ce qui arrivait si notre vol devait être annulé, personne n’avait de réponse pour nous », relate-t-il.

Lorsqu’il a enfin trouvé un siège sur un vol, certains ont tenté d’acheter sa place. « Des gens essayaient de marchander une place dans l’avion! Je ne pensais jamais voir ça de ma vie », dit-il, encore surpris par cette anecdote singulière.

Isolement

Une fois atterri à Montréal, il a remarqué une proximité inconfortable, dans les circonstances, dans les files d’attente pour les douanes. Lucas est ensuite rentré chez lui. Celui qui suivait de près l’actualité municipale et qui s’impliquait dans le monde communautaire avant d’accepter son mandat à l’étranger restera chez lui pour éviter autant que possible les contacts, et ce, probablement pour plus de deux semaines.

« Même si le 14 jours est terminé, je vais continuer d’éviter les contacts de façon drastique si la pandémie ne se résorbe pas. Nous devons tous faire l’effort », dit-il.

M. Galarneau est peu optimiste pour les prochaines semaines. « J’appréhende surtout le fait d’être isolé, sans projet et sans travail, poursuit-il. Oui, le confinement sera difficile, mais je m’attends surtout à ce que les prochains mois le soient. On ne sait pas à quel moment les activités vont reprendre et à quel moment je vais pouvoir me retrouver du travail. »

D’ici là, il tentera aussi de s’impliquer de façon bénévole, reste à savoir de quelle façon il pourra le faire. Il remplira également les différents formulaires relatifs à l’assurance-emploi et s’attend évidemment à des délais importants étant donné l’explosion du nombre de demandes. « Ça fait partie de la longue liste des inconnus que nous avons devant nous », conclut-il, mi-blagueur, mi-sérieux.

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