COVID-19 : Les organismes d’ici tiennent le coup… pour le moment

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Par Pénélope Clermont
COVID-19 : Les organismes d’ici tiennent le coup… pour le moment
Si les organismes d’aide alimentaire ne manquent pas de bénévoles, les denrées, elles, sont comptées.

AIDE ALIMENTAIRE

Lors de son point de presse du 26 mars, le premier ministre François Legault a lancé un appel à la population afin que celle-ci donne de son temps aux organismes en manque de bénévoles, particulièrement du côté de l’aide alimentaire. Or, il s’avère que des organismes de ce secteur affichent complet dans Les Moulins. Le manque de denrées fait cependant partie des inquiétudes, si la crise persiste.

« J’avais déjà un problème à prendre toutes les offres de bénévolat avant l’appel à la population!, lance au bout du fil Dany Mercier, directeur de la Popote roulante Les Moulins. On n’en manque absolument pas. J’ai même demandé aux gens d’arrêter d’appeler parce qu’ils engorgent les lignes pour les commandes. »

« Le monde se pitche à l’extérieur de la maison pour se trouver une raison de vivre en ce moment », ajoute-t-il, tout en voyant le bon côté des choses : « C’est beau de voir la mobilisation des gens au Québec. Même si c’est juste pour sortir, ils aident leurs prochains. »

Les Œuvres de Galilée, à Terrebonne, disposent aussi d’une « belle banque de bénévoles », selon la directrice Marie-Ève Plante. « J’hésite toujours à le dire, mais ça va plutôt bien, souffle celle qui se croise les doigts pour que la situation demeure ainsi. « On a  reçu beaucoup d’offres de bénévolat, mais on en prend peu pour éviter la contamination », précise-t-elle.

À ce titre, depuis le 12 mars, le dépannage alimentaire se réalise à l’extérieur chez Galilée, et sur rendez-vous. « On donne des rendez-vous aux cinq minutes, et pour les personnes de 70 ans et plus, les parents monoparentaux qui ne peuvent pas se déplacer ou les personnes handicapées, on fait la livraison à domicile. […] On s’est revirés sur un dix sous, mais on s’est bien revirés », souligne avec satisfaction Mme Plante.

Manque de nourriture à venir

Si les bénévoles sont aussi présents au Relais à Mascouche, les besoins se trouvent ailleurs : « Les denrées, c’est horrible!, s’exclame Émilie Faustin, coordonnatrice de l’organisme. On récolte normalement les surplus des marchands, mais eux-mêmes se font dévaliser. Ils n’en ont pas! […] On avait des surplus des Fêtes, alors pour l’instant, ça va, mais on ne tiendra pas longtemps. »

Avant la pandémie, Le Relais recevait 140 bacs de nourriture par semaine, qu’il distribuait à 300 familles, explique Mme Faustin. Actuellement, il en reçoit 20 par semaine, dont un seul comprenant de la viande.

Et les besoins, eux, ne vont pas en diminuant. « On a reçu 17 demandes de plus la semaine dernière et 10 cette semaine », illustre la coordonnatrice qui n’a eu d’autres choix que d’étirer aux deux semaines la distribution de l’aide alimentaire.

À la Popote roulante Les Moulins, on est passé de près de 600 plats par semaine à quelque 750. Dans deux semaines, les bénévoles s’attendent à 1 000 plats. « À date, ça va, mais si ça continue, on va manquer d’espace dans les congélateurs », soulève M. Mercier, sans compter le manque de moyens financiers pour l’approvisionnement supplémentaire en nourriture.

Mme Plante anticipe aussi le manque de denrées chez Galilée. « On dessert entre 150 et 175 familles aux deux semaines, ce qui est plus que d’habitude. J’ai encore des surplus de nourriture, je ne me plains pas. Des restaurants qui ferment leurs portes m’appellent un après l’autre, alors on a de belles denrées fraîches en ce moment. On ne donne pas de boîtes de conserve, expose-t-elle. Mais si ça se poursuit encore pour plus d’un mois, on va s’épuiser et il va falloir acheter des denrées. »

Aide financière de 100 000 $

Quant à l’aide financière de 100 000 $ annoncée par la MRC Les Moulins le 19 mars, les organismes questionnés affirment être en communication avec les villes pour déployer les sommes de manière efficace, mais n’ont pas encore reçu ce qui leur revient. Soulignons que 70 000 $ iront aux organismes de Terrebonne et 30 000 $ seront distribués à Mascouche.

« La Ville collabore beaucoup. Elle regarde nos besoins matériels et nous aide à la hauteur de ses ressources », reconnaît en conclusion la coordonnatrice du Relais.

À ce titre, des employés de la Ville de Terrebonne prêteront également main forte aux organismes, notamment à Galilée et au Café de rue solidaire de Terrebonne pour la récupération de denrées chez Moisson Laurentides ainsi qu’auprès de fournisseurs.

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Les organismes d’aide alimentaire prennent les dons de citoyens. À la Popote roulante Les Moulins, les Œuvres Galilée et Le Relais s’ajoutent aussi sur le territoire le Comité d’aide aux Lachenois, le Comité d’aide aux Plainois, le Service d’Aide SEDAI T.S.S et le Café de rue solidaire de Terrebonne.

 

Cliquez ici pour voir comment devenir bénévole pour un organisme local dans le besoin.

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