Croisade contre les fermes de Pâques

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Par Pénélope Clermont
Croisade contre les fermes de Pâques
Les trois étudiants en droit à l’Université de Montréal ont lancé une pétition qui a récolté plus de 2 000 appuis afin d’inciter les Galeries Terrebonne «à cesser l’exploitation animale pour la ferme de Pâques».

Depuis près de 40 ans, les Galeries Terrebonne accueillent dans leur mail des animaux de la ferme pour la période de Pâques. Trois étudiants en droit de l’Université de Montréal critiquent cette pratique, qu’ils considèrent désuète et contraire au bien-être des animaux, et demandent qu’elle cesse ici comme ailleurs au Québec.

La croisade du Terrebonnien Mathieu Longval et de ses collègues de classe Antoine Duranleau-Hendrickx et Pierre-Alexis Bombardier s’inscrit dans le cadre d’un cours portant sur les droits animaliers. Mais déjà l’an dernier, Mathieu avait critiqué la chose sur les réseaux sociaux sans que sa démarche n’aille plus loin. Cette année, c’est différent. Le trio a lancé une pétition, à laquelle plus de 2 000 personnes ont donné leur appui, afin d’inciter les Galeries Terrebonne «à cesser l’exploitation animale pour la ferme de Pâques». Il ira porter la pétition aux représentants de l’entreprise le 12 avril, soit la veille de l’ouverture de la ferme de Pâques.

Ils ont de plus entamé des démarches judiciaires pour faire cesser la pratique, à Terrebonne comme partout au Québec. «Il n’y a pas que la ferme à Terrebonne qui est dans le tort, fait savoir Pierre-Alexis. La question est aussi : est-ce qu’on a encore le goût de faire ça au Québec, en 2019?» «On a la volonté de faire arrêter ce type d’activités et on va prendre les moyens pour y arriver», renchérit Antoine avant que Mathieu précise : «L’objectif reste de sensibiliser les gens.»

La Loi BESA

Dans leur argumentaire, les jeunes hommes invoquent la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal (BESA), particulièrement l’article 5 qui stipule que le propriétaire ou une personne ayant la garde d’un animal doit s’assurer que le bien-être ou la sécurité de l’animal ne soit pas compromis. On présume le contraire lorsque l’animal ne reçoit pas les soins propres à ses impératifs biologiques. Selon la loi, ces soins comprennent notamment un accès à de l’eau et à de la nourriture dans un lieu salubre suffisamment espacé dont l’aménagement n’est pas susceptible d’affecter le bien-être ou la sécurité de l’animal, et il doit de plus pouvoir se «mouvoir suffisamment».

L’article 7 de cette loi dévoile toutefois que l’article 5 ne s’applique pas dans le cas d’activités d’agriculture, de médecine vétérinaire, d’enseignement ou de recherche scientifique. Les activités d’agriculture comprennent entre autres l’utilisation d’animaux lors d’expositions ou de foires.

Aux dires de Mathieu et de ses collègues, l’utilisation qu’en font les Galeries Terrebonne s’apparente davantage à du divertissement ou du loisir, «pour provoquer de l’achalandage et accroître les revenus de commerces détaillants, ce qui ne fait partie des exclusions.»

Éducation et sensibilisation

Concrètement, du 13 au 21 avril (à l’exception de la journée de Pâques), on retrouvera aux Galeries Terrebonne une vingtaine d’animaux de la ferme de La Rabouillère, «appartenant à un vétérinaire d’expérience», spécifie le centre commercial. Cela inclura entre autres des cochons, des chèvres, des oiseaux et des lapins. «Un responsable entraîné se trouve sur les lieux en tout temps pour veiller au bien-être des animaux», assurent les Galeries.

«La ferme de Pâques est une activité très prisée des familles, des groupes de garderies, des personnes de tous âges. Nous comprenons l’intérêt que le public a envers le bien-être des animaux et le partageons, répondent les Galeries Terrebonne aux détracteurs. Notre activité a une mission d’éducation et de sensibilisation, très positive pour le bien-être des animaux, et permet de rendre accessibles ces informations aux personnes qui ont rarement l’opportunité de se rendre dans une ferme réelle.»

Animaux exotiques aussi présents

Aux animaux de la ferme s’ajoutent cette année des animaux exotiques avec la présence d’Éducazoo, qui «propose un service de manipulation dans un contexte respectueux, éthique et sécuritaire», affirme les Galeries Terrebonne.

Notons que la loi BESA concerne les animaux d’une espèce ou d’une race qui a été sélectionnée par l’homme de façon à répondre à ses besoins, comme le chat, le chien, le lapin, le bœuf, le cheval, le porc, le mouton, la chèvre, la poule et leurs hybrides. Les animaux exotiques en seraient donc exclus.

«Nous voulions rendre l’expérience de la ferme plus interactive, avec un volet éducatif et misant sur la sensibilisation, explique l’entreprise terrebonnienne. En donnant la possibilité au public d’établir un contact avec plusieurs espèces d’animaux domestiques et exotiques dans un contexte sécuritaire et respectueux, on peut induire un sentiment d’attachement qui les poussera à vouloir les protéger dans le futur.»

«C’est un bon pas», rétorque Mathieu Longval en ce qui a trait au volet éducatif implanté. «Mais ça ne change pas le fond du problème qui demeure que les animaux domestiques se feront exploiter», conclut-il.

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Marcel
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Marcel

Non mais faut-il avoir du temps à perdre, à essayer de tout anéantir ce qui se fait depuis des décennies. Il n’y a aucune raison de cesser ces mini-fermes qui font la joies des petits. Ne vous en faite pas, Les VERTS écoeurent tellement le monde que les Galeries de Terrebonne ont transformer le stationnement en Jardin Botanique. Installez les animaux dans ce stationnement et ils seront en pleine nature. Moi je n’y vais plus à ce centre d’achat…je n’aime pas chercher un stationnement pendant 30 minutes.