Cupidon a bien fait son travail…

Joseph-Henri Blais et Fleur-Ange Lepage seront fêtés ce samedi 12 février par leurs amis des Chevaliers de Colomb, à Terrebonne, à l’occasion de la Fête de l’Amour. Ils n’ont pas nécessairement posé un geste héroïque ou sauvé une vie pour avoir droit aux grands honneurs. Quoique, à bien y penser, ce couple de Mascouche déjoue les lois de la statistique en célébrant son 56e anniversaire de mariage. Ce sera une belle façon de célébrer la Saint-Valentin.

Samedi 5 février, 12 h 30 : ils viennent tout juste de rentrer à la maison. Sur les murs, il y a de nombreux petits cœurs faits à la main. Un seul mot y apparaît : «Amour»! J’ai devant moi des gens fiers. Henri et Fleur-Ange aiment sortir et partager. «Chaque samedi matin, nous allons prendre le petit déjeuner avec les amis. Ce matin, c’était la fête à Muriel Vaillancourt. Elle a donc choisi son restaurant, et nous, on l’a entourée d’amour et d’amitié.» Il est clair que pour briser l’ennui et la monotonie, ces gens-là s’impliquent énormément. L’homme de 80 ans a fait le tour des producteurs maraîchers avant les fêtes pour aller chercher de la nourriture pour l’organisme Galilée.

Jour après jour

M. Blais est à la retraite depuis 1987. Dix ans plus tôt, cet employé de la Ville de Montréal avait opté pour notre région. Il voulait profiter de la vie. Son épouse savoure chaque jour de cette retraite. «Nous sommes plus heureux qu’à l’époque du travail. Nous prenons le temps de nous aimer et de nous dire à quel point nous tenons l’un à l’autre.» Son mari renchérit : «C’est beau de pouvoir renouveler ça, jour après jour. Le soir, avant de se coucher, on se serre l’un contre l’autre en appréciant cette journée de plus que nous venons de vivre.» Sa femme lui prend la main lorsqu’il me parle. On ressent leur complicité.

Une vie active

Si Cupidon est bien présent dans la maison, leur amour, lui, s’est révélé bien autrement. Le couple s’est connu à Rimouski, là où une passion commune les a réunis : les quilles. «Oui! Et ça va encore très bien de ce côté-là, même après toutes ces années. On joue encore trois fois la semaine.» Fleur-Ange me fait soudainement rougir. C’est que madame performe. «J’ai fait une partie de 298 l’an dernier. Par deux quilles, j’ai raté ma partie parfaite. Pas mal, pour une femme de mon âge!»

Le secret du couple semble vraiment reposer sur une vie active. À part les quilles, il partage la même passion pour les activités du club de l’âge d’or et pour la pétanque. D’ailleurs, M. Blais glisse vers moi une médaille d’argent témoignant d’une vraie bonne prestation au niveau provincial à La Tuque en 2002. Le golf, également, occupe une place importante dans la vie de Fleur-Ange et de Henri. Ce fut toujours le cas pour ce père de deux grands enfants et grand-papa de Josianne et de Jean-François. «Le fameux club de golf du Bic a ouvert en 1932. Moi, l’année suivante, je transportais le sac des riches golfeurs du temps : les Anglais. J’ai appris très jeune et je n’ai jamais perdu la touche.»

«On est entouré d’amour»

Leur curiosité les a amenés dans 14 pays depuis que monsieur a pris sa retraite. «C’est important d’aller voir d’autres cultures et de voir comment les gens vivent.» Par contre, Fleur-Ange et Henri voyagent moins maintenant puisqu’un grave problème de surdité ne laisse à cette femme que 10 % de ses facultés auditives. «C’est peut-être ce que je trouve le plus difficile. J’ai longtemps offert des cours de danse. J’aime tellement la musique! Mais je ne me suis pas laissé abattre. J’ai appris, il y a une dizaine d’années, à lire sur les lèvres. Mes enfants, Jean et Micheline, composent très bien avec ça. Vous savez, on finit toujours par se comprendre avec de la bonne volonté. D’ailleurs, même au téléphone, on finit par s’embrasser. Je vous le dis, on est entouré d’amour.»

Celle qui vient de me dire à quel point son mari est attentif et patient pour elle accepte volontiers de poser pour notre chronique. Soudainement, Henri se présente avec un veston rouge. Elle le regarde et lui dit : «Tu es encore plus beau de même.» Fleur-Ange et Joseph-Henri s’embrassent. Moi aussi, je peux lire sur les lèvres ce midi-là : Bonheur, Amour, Tendresse. Longue vie, madame, monsieur!

Partager cet article

Commentez l'article

avatar