De mère à proche aidante

Pénélope Clermont
De mère à proche aidante
En cette Semaine nationale des proches aidants, du 4 au 10 novembre, Marie-Claude Rochette nous présente son fils, Alex.

Un casse-tête et une bataille quasi constante, voilà ce à quoi peut ressembler le quotidien des proches aidants. Ce quotidien, c’est celui de Marie-Claude Rochette, mère d’Alex.

À cause d’un manque d’oxygène à la naissance, Alex, qui aura bientôt 27 ans, est entièrement dépendant de l’adulte. Il souffre d’un retard de croissance, d’une déficience intellectuelle et physique, d’un déficit immunitaire et hormonal, et il doit être nourri par gavage depuis deux ans, en plus de recevoir de nombreux médicaments.

«Il faut maximiser notre temps. Notre vie est structurée dans un cadre rigide, qu’on le veuille ou non. C’est à nous de prendre ça avec légèreté parce que si tu te mets trop de pression, c’est là que la colère monte. Et ça ne sert à rien parce que ce que tu ne fais pas aujourd’hui, tu le fais demain», commente Mme Rochette, qui forme une belle équipe avec son conjoint des 36 dernières années.

Ensemble, ils ont appris à dédramatiser le pire par l’humour. Le genre d’humour qu’ils ne peuvent répéter en public, mais qui fait un bien fou lorsque la tension devient trop forte. Tous deux travailleurs à temps plein – par nécessité et non par choix, spécifie-t-elle –, Mme Rochette s’occupe de son fils le matin, alors que son mari prend la relève en fin d’après-midi. Il fait ensuite le souper et elle prend la relève. Depuis 22 ans, ils ont l’aide d’une «gardienne». Ils ont aussi eu recours à d’autres personnes au fil des ans, ce qui engendrait encore plus de gestion.

«Une m’a volée, l’autre sortait Alex tout le temps même s’il est immunodéficitaire! lance-t-elle avec indignation. Ce qu’on ne te dit pas au départ, c’est que tu vas devenir une PME.»

Si les dernières années du système de santé ont occasionné énormément de problèmes, selon ses dires, la Terrebonnienne entretient toutefois une bonne relation avec le CLSC et bénéfice de services de qualité. «Je les talonne jusqu’à la dernière goutte, évoque-t-elle en contrepartie. Je ne sais pas où je prends cette énergie. Je suis très tenace et battante. J’ai cette force-là et je m’en sers. Je ne les lâche pas!»

Malgré un quotidien chargé du matin au soir et des fins de semaine de répit qui ne servent pratiquement qu’à accomplir les autres tâches de la vie, Mme Rochette tient à garder Alex auprès d’elle. «C’est notre enfant et il nous apporte de belles choses. Il nous a appris à moins nous regarder le nombril, il nous a appris la résilience, beaucoup, l’abnégation, le don de soi», souligne celle qui ne cache pas qu’elle souhaiterait pouvoir passer une journée avec son garçon et lui parler normalement. «Si je pouvais être magicienne, je donnerais tout pour vivre ça. S’il pouvait juste dire “maman” une fois dans sa vie», conclut-elle, prise d’émotion.

 

Lisez également : https://www.larevue.qc.ca/un-role-que-portent-aussi-les-hommes/

Partager cet article

Commentez l'article

avatar