De retour chez lui en homme libre

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Par Gilles Fontaine
De retour chez lui en homme libre
Toufik Benhamiche et Kahina Bensaadi en compagnie du député de Montcalm, Luc Thériault. Tous trois ont rencontré les médias le 6 septembre. (Photo : courtoisie)

Après deux ans loin des siens, le Mascouchois Toufik Benhamiche est enfin de retour chez lui. Le 31 août, à l’ouverture des portes de l’aéroport Montréal-Trudeau, il revoyait sa famille, Kahina et leurs deux filles aujourd’hui âgées de 9 et 7 ans. Une semaine après son arrivée, il s’est adressé aux médias en compagnie du député Luc Thériault, qui a porté le dossier dès le début. Nous l’avons rencontré par la suite.

«La semaine a été magique, je n’ai pas d’autres mots. Et j’apprécie chaque moment», souffle Toufik Benhamiche lors de notre entretien exclusif.

Rappelons qu’alors qu’il était en vacances avec sa famille à Cuba en juillet 2017, le Mascouchois a été impliqué dans un accident mortel pendant une excursion en bateau. Il a, par la suite, été accusé et trouvé coupable d’homicide par négligence. Condamné à quatre ans de prison, l’homme a fait appel de la déclaration de culpabilité et de la condamnation à deux occasions devant la Cour suprême de Cuba. Le deuxième appel aura été le bon, puisque le tribunal a annulé complètement la sentence du tribunal provincial de Ciego de Avila.

La force de la famille

«La force que j’ai ressentie ne venait pas de moi. Elle venait de ma conjointe et de mes filles, de leur réaction face à la situation et de la façon dont elles ont géré tout ça, admet Toufik. Je prenais ma force de ma famille et du soutien des gens. De plus, tout ce temps, je me sentais comme si j’étais en position de légitime défense, car j’avais constamment de mauvaises nouvelles des autorités cubaines, mais je n’étais pas seul et ça me rendait plus fort. Je devais me défendre.»

Serrer les dents

Kahina Bensaadi dit n’avoir concentré ses idées qu’à ramener son mari. «Quand vous vivez une épreuve, vous serrez les dents et vous avancez. On dit que les leçons sortent après l’épreuve. Actuellement, je suis dans le moment présent, un jour à la fois. Je prends la joie de la famille et la joie des gens qui nous aiment, et le bonheur d’avoir Toufik enfin chez nous. Les leçons, ce sera plus tard.»

D’ailleurs, la dernière semaine aura servi à se reconnecter. «On appréciait tout, jusqu’au petit café le matin. Les derniers mois ont remis les choses en perspective, philosophe Toufik. Quand on est dans le confort de la vie normale, on se dit que ça n’arrive qu’aux autres, que jamais ça ne peut vous arriver. Alors, un tel événement nous ramène dans la réalité.»

Kahina le regarde et acquiesce. «Il faut voir la vie du bon côté. On voit le verre à moitié plein.»

Force mentale et sagesse

Cette dernière rapporte avoir vu chez son conjoint une grande force mentale. «Toufik est resté lucide au-delà de la difficulté et des mauvaises nouvelles. Et chez mes filles, j’ai découvert beaucoup de sagesse, de résilience et la capacité d’avancer malgré tout. Une de mes filles m’a dit un jour que c’était difficile de ne pas voir papa, mais que la vie ne s’arrêtait pas là, qu’il fallait avancer. Alors, on n’avait pas le choix de ne pas flancher.»

Pendant les procédures, la famille a dû vendre sa résidence. Toufik Benhamiche est donc revenu chez lui… dans une nouvelle maison.

«En arrivant, les filles lui ont fait faire la visite», mentionne en souriant Kahina.

«Elles m’ont montré leur chambre, m’ont expliqué comment avait été l’aménagement de la nouvelle maison, la décoration. Elles étaient toutes contentes de me la faire visiter. Ça faisait tout de même bizarre de partir d’une maison et de revenir, deux ans et demi après, dans une autre», avoue Toufik.

Reprendre le travail

Toufik Benhamiche, ingénieur, a également eu le soutien de son employeur, la Ville de Laval.

«Je souhaite reprendre le travail le plus rapidement possible pour retrouver une routine normale, une vie normale et tourner la page. Je dois remercier Luc Thériault pour son soutien indéfectible, mes collègues de travail et les maires de Laval, Marc Demers, et de Mascouche, Guillaume Tremblay, ainsi que tous ceux et celles qui m’ont soutenu pendant ces longs mois. Je leur en serai toujours reconnaissant. Notre famille leur en sera toujours reconnaissante», conclut le Mascouchois.

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