« Des travaux dispendieux sans chance de survie » – un résident

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Par Jean-Marc Gilbert
« Des travaux dispendieux sans chance de survie » – un résident
Les travaux en question se déroulent sur les rues des Cascades, des Pyrénées, des Rocheuses et de l'Oural, dans le secteur Lac-Laplaine. (Photo : courtoisie)

PAVAGE DANS LE SECTEUR LAC-LAPLAINE

Parce que des travaux de réfection de pavage exécutés au coût de plus de 560 000 $ n’incluent pas le reprofilage des fossés, sauf pour quelques « corrections ponctuelles », des résidents du secteur Lac-Laplaine, à Mascouche, croient que les travaux qui ont commencé à la mi-mai et qui sont de bonne qualité seront à refaire très bientôt en raison du mauvais drainage récurrent dans le secteur.

L’un de ces résidents, spécialisé dans le domaine de l’ingénierie et préférant taire son nom, est catégorique. « Si l’eau ne s’égoutte pas, il n’y aura aucune pérennité à cet ouvrage », affirme-t-il.

Les travaux consistent essentiellement à la réfection de pavage sur les rues des Cascades, des Pyrénées, des Rocheuses et de l’Oural. Devant se terminer au mois de juin, ceux-ci prévoient également le remplacement de ponceaux, de même que le remplacement complet des fondations granulaires.

D’ailleurs, les résidents n’ont rien à redire sur leur qualité : « On enlève quatre pieds de remblai granulaire pour le refaire à neuf. C’est bien fait. Personne ici n’est mécontent des travaux de pavage, mais c’est un peu choquant de faire des travaux aussi dispendieux sans aucune chance de survie. »

En effet, depuis des années, le secteur est aux prises avec des problèmes récurrents d’inondations, autant dans les sous-sols des résidences que dans les champs d’épuration. Et selon l’ingénieur, ce mauvais drainage affectera bien évidemment la nouvelle chaussée et réduira considérablement sa durabilité.

Pourtant, l’avis envoyé aux résidents stipulait aussi que le nettoyage et le reprofilage des fossés étaient inclus dans ces travaux. Mais les citoyens qui ont contacté La Revue plus d’une semaine après le début des travaux n’avaient pas été témoins de ceux-ci. Et il serait illogique de reprofiler les fossés après la réfection du pavage.

« La machinerie est en train de creuser présentement. Ils vont refaire le pavage et la machinerie va revenir plus tard pour creuser quelques pieds à côté pour reprofiler les fossés? » se demande le résident spécialisé, qui peine à obtenir des réponses auprès de la Ville de Mascouche, dit-il.

Fossés pas prioritaires

Questionnée à ce sujet, la Ville de Mascouche rappelle l’adoption par le conseil municipal, en 2017, du plan directeur des fossés et des exutoires qui « vise à proposer des solutions durables pour la gestion des eaux de ruissellement pour la portion du territoire qui est principalement drainée par des fossés».

Dans ce plan, les rues du secteur visé par les travaux de pavage ont été classifiées « dans la catégorie long terme, soit un horizon de réalisation variant entre 10 et 20 ans », précise Isabelle Gagné, conseillère en communication à la Ville de Mascouche, dans un courriel.

« Entre temps, considérant l’état du pavage actuel dans ces rues, il a été décidé de ne pas attendre ce délai (10 à 20 ans) avant d’intervenir et offrir un pavage neuf aux résidents du secteur », poursuit Mme Gagné.

La Ville reconnaît toutefois que « cette situation n’est pas la plus optimale pour la pérennité du pavage ». C’est pourquoi « le Service du génie s’assure de faire des corrections ponctuelles aux endroits problématiques, afin d’assurer un drainage le plus efficace possible, et ainsi augmenter la durée de vie du pavage », conclut Mme Gagné. Et c’est pour cette raison que la mention « nettoyage et reprofilage des fossés » figure dans la description des travaux reçue par les citoyens du secteur.

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