Deux projets étudiés par le BAPE

Par Jean-Marc Gilbert et Pénélope Clermont
Deux projets étudiés par le BAPE
Des travaux seront aussi réalisés pour adoucir les pentes de ce canal de la rivière Mascouche, qui sont presque verticales par endroit, a expliqué Marianne Aquin. (Photo : Jean-Marc Gilbert)

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a récemment tenu des consultations concernant deux projets dans la région : la stabilisation des berges du canal de dérivation de la rivière Mascouche à Terrebonne et la capacité du lieu de dépôt définitif de sols contaminés à Mascouche.

Dans le cas du premier projet, la période d’information publique a débuté le 23 juin et se poursuit jusqu’au 7 août. Une séance publique d’information en ligne a eu lieu le 14 juillet, pour laquelle les citoyens étaient invités à formuler leurs questions.

Marianne Aquin, chargée de projet en stabilisation de talus à la Ville de Terrebonne, a expliqué que des travaux doivent être menés dans une portion de 300 mètres de la rivière Mascouche qui se jette dans la rivière des Mille Îles. Le canal en question a été aménagé à la fin des années 70, mais depuis, des maisons ont été construites de chaque côté, soit sur la rue de l’Étiage et sur la rue de l’Affluent, non loin du chemin Saint-Charles.

Même s’il n’y a « pas de risque imminent » pour ces résidences, la stabilisation des berges est nécessaire pour « freiner la progression de l’érosion ».

L’option retenue par la Ville à l’heure actuelle serait d’installer un tapis de béton-câble sur le fond du canal, qui aurait une durée de vie de 80 ans, et de procéder à l’enrochement des pentes pour les rendre plus résistantes à l’érosion.

Pour ce faire, il faudrait assécher le canal et détourner l’eau vers la rivière des Mille Îles en installant un barrage temporaire en période d’eau basse. Cela laisse toutefois une courte fenêtre de deux mois, soit août et septembre, pour réaliser les travaux.

Deux autres options étudiées n’ont pas été retenues, puisque l’une d’elles ne permettrait pas le libre passage du poisson, tandis que l’autre engendrait des travaux de trop longue durée pour la fenêtre restreinte, selon Mme Aquin. Elle ne pouvait toutefois pas se prononcer sur l’année pendant laquelle seraient réalisés les travaux.

La documentation du projet est disponible sur le site Internet du BAPE et la vidéo de la séance d’information se trouve sur sa page Facebook. Toute personne souhaitant faire une demande de consultation publique ou de médiation a jusqu’au 7 août pour procéder.

Projet de Signaterre Environnement

Le projet d’augmentation de la capacité du lieu de dépôt définitif de sols contaminés à Mascouche en est justement à une étape de consultation ciblée. Une séance d’information du BAPE avait été organisée en janvier concernant ce projet de Signaterre Environnement, qui souhaite aménager deux nouvelles cellules d’enfouissement sur la superficie résiduelle exploitable de sa propriété de 175 000 mètres carrés, afin d’accueillir un volume additionnel d’environ 2 millions de mètres cubes de sols contaminés, soit 4 millions de tonnes métriques.

La séance de consultation ciblée qui s’est tenue en ligne, en juin, visait à répondre aux questions d’un requérant et citoyen, Alexandre Richard. Selon ce dernier, ce projet constituerait « un passif environnemental pour les générations futures ». Il a notamment questionné l’entreprise concernant les impacts globaux, tant négatifs que positifs, de l’autorisation de ce lieu de dépôt définitif de sols contaminés, ainsi que sur les technologies disponibles et les recherches en cours qui permettraient de substituer l’augmentation de capacité projetée. Il a aussi demandé si les fonds injectés dans la fiducie post-fermeture sont suffisants afin d’assurer la décontamination des 2 millions de mètres cubes de sols qui seront déposés.

Aux dires de Samuel Roger, directeur général de Signaterre Environnement, le seul impact négatif du projet provient de la poussière découlant du transport des sols contaminés, laquelle « n’atteint pas de récepteurs sensibles proches du site », selon une firme externe. L’entreprise a tout de même pris des mesures pour en diminuer l’impact, c’est-à-dire en arrosant le sol et en pavant le chemin.

M. Roger a également expliqué que le projet vise le centre de traitement des sols qui, à la fine pointe de la technologie, permettra de doubler la capacité de traitement actuel à 75 000 tonnes ponctuelles, en plus de donner lieu à l’ajout d’une « gamme plus vaste de contaminants et d’être plus efficace dans la technique de traitement ». Il a spécifié que rien n’est laissé au hasard dans l’aménagement d’une cellule d’enfouissement, surtout lorsqu’il est question de cellules à capacité maximale.

Enfin, le directeur général a précisé que la fiducie que Signaterre Environnement a créée peut couvrir les coûts de gestion post-fermeture durant un minimum de 30 ans. « Une première au Québec, a-t-il insisté. Si le propriétaire du site disparaissait, le ministère détient les fonds pour [procéder]. »

Pour en savoir plus, il est possible de consulter les documents relatifs au projet sur le site du BAPE, www.bape.gouv.qc.ca. La séance de consultation ciblée est aussi disponible sur sa page Facebook. Ce dernier doit remettre au plus tard le 31 août son rapport au ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charrette, qui disposera de 15 jours pour le rendre public.

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