Dix questions à Bob Cantin, enseignant

Propos recueillis par Gilles Fontaine
Dix questions à Bob Cantin, enseignant
Bob Cantin croit que «le plein air et les valeurs qui y sont rattachées mettent de l’air sous les ailes des élèves»

Enseignant, auteur et conférencier, Bob Cantin enseigne en adaptation scolaire au secondaire depuis 1984 et est toujours professeur à temps plein au Centre l’Impact de Mascouche.

 

Après 35 ans en adaptation scolaire, comment conserver la passion?

Trois ingrédients importants : créer des liens significatifs et développer des relations harmonieuses avec ses collègues, ses élèves et leurs parents; un cheminement personnel continu nous permettant de comprendre l’être humain; et chercher à comprendre avant de chercher à être compris.

Que retenez-vous de vos 35 années en adaptation scolaire?

Je retiens plusieurs belles histoires à succès d’élèves qui démontrent qu’avec du cœur au ventre, de la détermination et les encouragements répétés d’adultes, un élève avec des difficultés d’apprentissage peut grandir, s’accomplir, devenir un honorable citoyen et atteindre ses propres objectifs.

Est-ce qu’il y a une limite à l’intégration en milieu scolaire?

Chaque cas étant unique, les caractéristiques liées aux pathologies vont limiter pour certains l’intégration. La priorité demeure les besoins réels de l’élève. Nous devons offrir une classe avec services adaptés où il se sentira encouragé à devenir la meilleure version de lui-même. L’Impact en est un bel exemple.

Vous donnez de la formation en milieu scolaire chez les Premières Nations. Que retenez-vous de ces expériences?

Le dévouement constant de plusieurs personnes œuvrant chaque jour avec cœur afin d’apporter des changements positifs pour le mieux-être de toute leur communauté. C’est avec une grande dose d’humilité et en toute modestie que je m’adresse à nos collègues des Premières Nations.

Vous avez votre certification en «thérapie de la réalité». Qu’est-ce que c’est?

Cette approche tend à démontrer qu’un être humain se comporte de façon à répondre à ses besoins. Par le biais de questions ouvertes, l’individu est amené à identifier quel besoin il essaie de combler avec ses comportements. Les réponses éclairent et permettent de choisir consciemment de nouveaux comportements qui permettent éventuellement de devenir l’auteur sa vie et d’en assumer ses choix et ses responsabilités.

Vous associez plein air et apprentissages. Pourquoi?

L’option plein air développée à l’Impact depuis 1998 offre aux élèves plusieurs situations d’apprentissage où l’entraide, la débrouillardise, le travail d’équipe, les principes de leadership et la quête de solutions sont mis de l’avant. Les cours d’autonomie et de géographie y jouent un rôle important. Le plein air et les valeurs qui y sont rattachées mettent de l’air sous les ailes des élèves.

Est-ce qu’un moment marquant de votre vie vous a conduit à ce que vous êtes aujourd’hui?

Plusieurs moments importants, liés aux personnes rencontrées, ont mené à ce que je suis aujourd’hui. J’éprouve beaucoup de gratitude envers ces gens. Ils m’ont offert de précieux outils que j’utilise quotidiennement et que je partage volontiers avec mes élèves.

Et la politique, ça vous intéresse?

J’ai le plus grand respect pour les gens qui choisissent de s’investir dans ce domaine afin de servir leurs citoyens. Dans mon cas, l’appel que j’ai ressenti est celui d’enseigner afin de guider, aux meilleures de mes connaissances, les élèves qui me sont confiés.

Depuis près de 45 ans vous pratiquez le plein air. Que retenez-vous de ce mode de vie?

Un très grand respect face à Mère Nature et à l’odyssée de la vie. En expédition, petite ou grande, nous faisons souvent autant de pas à l’intérieur de nous que sur les routes parcourues. Le plein air nous offre le «ici et maintenant».

Quels messages passeriez-vous aux jeunes collègues qui amorcent leur carrière?

L’héritage qu’on lègue aux élèves est toujours plus grand qu’on ne peut l’imaginer. Acceptez volontiers toute l’aide qui vous est offerte et aux moments opportuns, tendez à votre tour la main aux suivants. Enseignez comme vous aimeriez qu’on enseigne à vos propres enfants.

Partager cet article

Commentez l'article

avatar