Dossier Brady : les humains derrière les terrains

Jean-Marc Gilbert
Dossier Brady : les humains derrière les terrains
En septembre 2016, des résidents du secteur avaient manifesté au parc du Ruisseau, espérant se faire entendre de l’administration municipale. (Photo : archives)

Juin 2016 : un résident de la rue des Bernaches, à La Plaine, trouve des dizaines de vieux pneus et débris de voitures en creusant dans sa cour arrière. Des voisins du même secteur, construit sur l’ancien site du ferrailleur Pièces d’autos Brady, ont vite su qu’il ne s’agissait pas d’un cas isolé. Près de deux ans plus tard, des expertises sont menées, mais rien n’est réglé pour les résidents du quartier, qui vivent de pénibles moments.

Des dizaines de propriétaires des rues des Bernaches, des Bouvreuils et de la Berge sont passés par toute la gamme des émotions depuis les 22 derniers mois, coincés dans cette saga qui pollue leur quotidien. «Les gens sont écœurés des délais et moi aussi, lance Céline Elliott, propriétaire d’une résidence sur la rue des Bouvreuils. C’est un dossier qui demande beaucoup de temps et d’énergie.»

Personne pivot du recours juridique intenté notamment contre la Ville de Terrebonne en décembre 2016, Mme Elliott a consolé plus d’une fois des voisins affectés par cette situation. Certains se sont trouvés dans l’incapacité de vendre leur maison, entre autres en raison du refus de la Société canadienne d’hypothèques et de logement de garantir un prêt à d’éventuels acheteurs, étant donné la crainte que les terrains soient contaminés.

Mme Elliott dit avoir confiance en la firme Golder, qui procède à l’analyse des terrains du secteur, ainsi qu’au nouveau conseil municipal, qu’elle juge plus «collaborateur».

François Cagney, de la rue des Bernaches, salue la décision de la Ville de Terrebonne d’avoir transmis tout le dossier à l’Unité permanente anticorruption.

S’il n’a pas l’intention de vendre sa propriété prochainement, il est toutefois contraint de renoncer à certains projets. «Je suis pris en otage dans ma cour. Je ne veux pas construire quelque chose de neuf si je dois défaire par la suite. Mais au moins, il y a actuellement des tests de sol, et c’est ce qu’on voulait à la base.»

Opinions différentes

Ces opinions ne sont pas partagées par tous les citoyens du quartier concerné.   Roxanne Giroux-Lévesque, de la rue des Bernaches, se sent un peu laissée à elle-même. «On se bat contre une grosse machine, que ce soit la Ville ou le ministère de l’Environnement. Nous sommes délaissés et impuissants.»

Elle ne voit pas une possibilité de conclusion hâtive de cette saga, tout comme Alain Brisebois. «C’est une situation pénible humainement. Comme je le dis depuis le début, il y a quelqu’un, quelque part, qui n’a pas fait sa job, déplore-t-il, faisant référence à la décontamination des terrains ayant précédé le développement résidentiel du secteur. Ce n’est pas aux citoyens de payer pour ça.»

«Je veux léguer ma maison à mon fils, mais est-ce un cadeau empoisonné?» se demande-t-il. Le rapport de la firme Golder, dont le dépôt était prévu au printemps avant d’être retardé de deux mois, donnera certaines réponses.

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