Du favoritisme et des cadeaux

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Par Gilles Fontaine
Du favoritisme et des cadeaux
De premiers témoins ont été entendus dans le procès de Jean-Marc Robitaille et de ses coaccusés. (Photo : Gilles Fontaine)

PROCÈS DE JEAN-MARC ROBITAILLE

Voyages de pêche fastes, rénovations, argent comptant : Jean-Marc Robitaille, Daniel Bélec et Luc Papillon ont bénéficié de certains avantages depuis la fusion des villes de Terrebonne, de La Plaine et de Lachenaie pour avoir favorisé des entrepreneurs et des ingénieurs. C’est la thèse de la poursuite dans le procès de l’ancien maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille.

Depuis une semaine, l’ancien premier magistrat, son ex-chef de cabinet, Daniel Bélec, l’ancien directeur général de la Ville Luc Papillon ainsi que l’entrepreneur Normand Trudel subissent leur procès au palais de justice de Saint-Jérôme.

Les premiers témoins de la Couronne ont été entendus, dont Marc Bouchard, ancien directeur de l’ingénierie, et Denis Lévesque, ancien directeur général à Terrebonne.

M. Bouchard a confirmé, dans son témoignage, la façon de faire de la Ville de Terrebonne, qui favorisait notamment des entreprises lors d’appels d’offres sur invitation. L’ancien directeur a reçu en ce sens une directive de son supérieur, Denis Lévesque.

M. Lévesque, de son côté, a avoué avoir également profité de «cadeaux» d’entrepreneurs et de firmes de génie, dont des voyages de pêche, la plupart en présence de l’ancien maire.

Favoritisme dans les modules de jeu

Le procès des quatre coaccusés a repris le 15 octobre avec le témoignage de Bernard Boisvert, ancien directeur adjoint au Service des loisirs et de la vie communautaire de 2008 à 2018 à la Ville de Terrebonne. Il a rapporté qu’un nouveau système pour l’octroi de contrats, entre autres pour les parcs, aurait été mis en place, car «c’était toujours les mêmes qui obtenaient les contrats […] jusqu’à ce que l’on change de méthode», a-t-il mentionné. Ce changement serait survenu vers l’année 2012 quand a été mis en place SEAO, un système électronique d’appels d’offres ouvert à tous. M. Boisvert dit avoir très souvent travaillé avec l’entreprise de Richard Tessier, Tessier Récréo-Parc, avant l’implantation de ce système.

Menace pour des extras

Toujours selon son témoignage, il aurait reçu des menaces de l’entrepreneur Normand Trudel, car les coûts supplémentaires dans un contrat n’étaient plus payés «automatiquement».

«Nous avons eu quelques contacts jusqu’à ce qu’il me menace parce que je n’accordais pas les extras réclamés», a-t-il confié. Sans être précis quant au moment exact de sa dernière discussion avec Normand Trudel, le témoin a expliqué que 10 % d’extra étaient toujours prévus et versés.

En contre-interrogatoire, Me Michel Vleminckx, avocat de Normand Trudel, a tenté d’établir que l’entreprise Tessier Récréo-Parc était un acteur important dans les modules de jeu, autant avant les changements qu’après, ce que semblait reconnaître le témoin.

Le témoignage de la conseillère municipale Nathalie Bellavance est également attendu, mais au moment de mettre sous presse, il n’avait pas débuté.

M. Robitaille, Bélec et Papillon sont accusés d’avoir commis un abus de confiance relativement aux fonctions de leurs charges, ainsi que d’avoir accepté un avantage de quelque nature que ce soit en contrepartie d’un vote, d’une motion ou d’une résolution ou d’avoir aidé à l’adoption d’une telle mesure. Normand Trudel est accusé d’avoir aidé des fonctionnaires à commettre un abus de confiance et est accusé de corruption.

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ALBERT ROSSI Auteurs de commentaires récents
ALBERT ROSSI
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ALBERT ROSSI

Très bon reportage d’une neutralité absolue, ce qui favorise la bonne compréhension des faits! Bravo!