En attendant l’UQAM, le patrimoine prend l’eau

MANOIR DE MASCOUCHE

Le Manoir de Mascouche vieillit mal, très mal. Après deux dégâts d’eau et un manque flagrant d’entretien, le bâtiment a perdu beaucoup de son lustre intérieur et extérieur, comme l’a constaté La Revue. Propriétaire des lieux depuis le 1er septembre 2005, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) attendrait le départ de la Sûreté du Québec (SQ) avant d’intervenir, ce qui pourrait prendre encore plus de deux ans.

Éric Ladouceur

Plafonds troués, murs défoncés, planchers gondolés, cadres de bois pourris, maçonnerie en décrépitude, cheminées chambranlantes, le Manoir de “la millionnaire” a dépéri beaucoup au cours des dernières années.

Problèmes de plomberie

Deux bris majeurs de la tuyauterie dus au gel expliquent la majorité des dégâts causés au Manoir. Le réseau de plomberie étant entièrement caché dans les murs, les plombiers n’ont eu d’autre choix que de défoncer les murs et les plafonds pour colmater les fuites.

La majorité des pièces touchées sont situées au premier étage, alors que le deuxième niveau a été épargné par l’eau, sauf à quelques endroits où c’est le toit qui a coulé.

Chaque bris survenu a été réparé sur-le-champ aux frais de la Société immobilière du Québec, mais il semble hors de question pour le moment que l’UQAM commence des travaux de restauration. Au fait, est-ce que l’UQAM est tenue de restaurer le Manoir? “Oui, répond d’emblée Luc Tremblay, directeur général de la Ville de Mascouche. Non seulement, elle est tenue de le faire, mais en plus, l’UQAM possède une excellente expertise en la matière, pour avoir restauré plusieurs bâtiments historiques à Montréal notamment. L’UQAM est sûrement la meilleure institution à qui confier le domaine seigneurial de Mascouche. Nous avons entièrement confiance en elle.”

Toit réparé

Selon ce qu’a appris La Revue, l’UQAM serait sur le point d’investir dans la réfection des toitures, un investissement plus que nécessaire compte tenu de l’état avancé de dégradation des toitures de tous les bâtiments du domaine. Cette information n’a cependant pu être confirmée par qui que ce soit. Le journal a tenté à plusieurs reprises de joindre les responsables de l’UQAM, mais personne n’avait retourné ses appels au moment de mettre sous presse.

Une question demeure : si l’UQAM est tenue de restaurer le Manoir de Mascouche, est-ce que les responsables sont conscients que plus le temps passe, plus la facture des travaux de restauration risque de grimper? “Oui, répond encore M. Tremblay. Toutefois pour eux, il est hors de question de commencer la restauration tant et aussi longtemps que la SQ sera là. Ils attendent son départ pour commencer à aménager les lieux”, ajoute le directeur général.

Pas avant deux ans

Et à quand le déménagement est-il prévu? Pas avant deux ans, si on tient compte de l’échéancier minimal pour la construction du nouveau quartier général de la SQ à l’intersection de la 25 et de la 640 à Mascouche. Et pour permettre le lancement des travaux, il faut d’abord attendre l’implantation des infrastructures nécessaires, dont le nouvel échangeur.

Prévue pour septembre 2006, l’arrivée de l’UQAM à Mascouche serait donc reportée à septembre 2009.

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