Fragments du patrimoine dans la série d’Ani Müller

Marie-Claude Ainey
Fragments du patrimoine dans la série d’Ani Müller
Ani Müller en entrevue lors de son vernissage à la Maison-Théâtre Côte à Côte. (Photo : Sidonie Côté)

La Maison-Théâtre Côte à Côte de Mascouche présente, jusqu’au 20 mars, la série d’œuvres évoquant le patrimoine lanaudois, par l’artiste peintre Ani Müller. Elle y raconte des lieux qui tendent à s’effacer dans notre paysage moderne et envoie même quelques clins d’œil à l’actualité. Son style fragmenté et son engagement passionné envers la conservation des souvenirs établissent une fois de plus les bases de son succès.

Après ses séries sur les femmes et sur la maladie d’Alzheimer, voilà que le patrimoine architectural si représentatif de nos régions inspire l’artiste repentignoise. C’est surtout dans la région des Moulins qu’elle puise ses scènes. «J’ai commencé cette série il y a plus d’un an, alors que Mascouche était régulièrement sur la sellette dans l’actualité. Comme c’est un endroit qui regorge de bâtiments à caractère historique, je m’en suis inspirée.» Sa toile «Revirement à Mascouche» ou encore «Futur métro de L’Assomption» touchent les cordes sensibles des habitants attachés à leur patelin.

Une centaine de visiteurs se sont déjà régalés de ces plaisirs visuels et les connaisseurs achètent ces parcelles d’histoire avec un plaisir évident. Ani Müller a même pensé à ceux qui hésitent à faire leur choix ou qui composent avec un budget restreint; des catalogues de ses œuvres sont disponibles au coût de 20 $.

Ouverte aux autres

Mme Müller s’est fait connaître par les causes qu’elle soutient avec fougue : la dyslexie et les difficultés d’apprentissage resteront toujours celles qu’elle préfère, ayant vécu avec ces problèmes toute sa vie. «Je vivais de l’intimidation à l’école, autant de la part des autres jeunes que de celle des enseignants. On me citait comme exemple à ne pas faire, en pleine classe. J’ai été exclue des concentrations artistiques, car mes notes n’étaient pas parfaites. Aujourd’hui, je croise parfois ces enseignants qui me couvrent de compliments et sont fiers de dire qu’ils me connaissent», explique celle qui ne tient rancune à personne.

Évelyne Robert, directrice de la Maison-Théâtre Côte à Côte, a misé pour la première fois sur une artiste avec une mission historique, plutôt qu’axée sur l’être humain comme tel : «Parce qu’il n’y a pas d’histoire sans humains et aussi, car le message de l’histoire politique passe bien dans ses toiles. L’énergie qui se dégage de l’œuvre comme d’Ani nous ressemble.»

Préparer l’avenir

En effet, Ani Müller est intuitive et très accessible envers les jeunes; elle prend le temps d’expliquer son art à la relève. Celle qui se penche si souvent sur le passé sait pertinemment qu’il ne sert qu’à mieux préparer l’avenir.

L’artiste peintre a annoncé le sujet de sa prochaine série qui viendra sous peu nous faire encore vibrer : les automobiles. Elle avait exploré le sujet peu de temps avant qu’elle se transforme en héroïne, sauvant un homme des flammes de sa voiture accidentée sur la route 158 vers Joliette. Celle que l’automobiliste chanceux appelle «mon ange» a donc profité de cette source inspirante pour continuer une série d’œuvres très attendue, surtout par les amateurs d’art masculins, selon ses dires.

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