Genèse d’une fatigue extrême

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Par Gilles Fontaine
Genèse d’une fatigue extrême
Selon les citoyens résidant sur le chemin de la Cabane-Ronde, plus de 200 camions empruntent quotidiennement cette voie pour des travaux de rehaussement des sols.

Depuis quatre ans, les Mascouchois demeurant sur les chemins de la Cabane-Ronde et Saint-Pierre voient leur qualité de vie considérablement diminuée. Chaque jour, des centaines de camions à benne basculante empruntent cette voie pour se rendre, entre autres, sur un terrain vacant situé au 1285, chemin de la Cabane-Ronde. Les citoyens se demandent tous quand ce va-et-vient cessera. Ils n’ont pas de réponse précise. Pas encore.

Jadis une sablière, ce terrain a été enregistré comme un ancien dépotoir de matériaux secs. Situé près de la rue Saint-Pierre, il avait été laissé à l’abandon de nombreuses années. L’actuelle propriétaire, Lise Hébert, qui en a fait l’acquisition en 1999, a souhaité le réhabiliter. C’est ainsi que lors des travaux, de nombreux contaminants y ont été trouvés, soit 15 000 tonnes de terre contaminée (B-C, C-D), 8 000 tonnes de matières dangereuses, 20 000 litres de produits pétroliers, 500 pneus et plus de 200 tonnes de métal.

Mme Hébert a pris une entente avec Remblayage SolTerra pour procéder au rehaussement de la qualité du sol par le recouvrement du site «avec des sols dont les concentrations en contaminants sont égales ou inférieures au critère B de l’annexe 2 du Guide d’intervention – Protection des sols et réhabilitation des terrains contaminés», montre l’autorisation du ministère de l’Environnement du Québec. Outre le ministère, la Commission de la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) et la Ville de Mascouche ont adopté et émis les autorisations nécessaires. Une entente de principe intervenue entre SolTerra et la Ville de Mascouche a d’ailleurs été signée le 12 mars 2019.

Beaucoup de camions

Or, les résidents des alentours ne voient plus la fin de ces travaux qui durent depuis près de quatre ans. La Revue a discuté un certain temps avec France Lemieux, chez elle, le vendredi 5 juillet.

«De 7 h à 17 h, c’est comme ça tous les jours de la semaine», dit-elle en regardant passer un camion à benne basculante. Elle réside sur le chemin de la Cabane-Ronde. Si elle n’est pas contre la vertu d’un meilleur environnement et de la réhabilitation des sols, comme plusieurs citoyens d’ailleurs, ses plaintes portent plutôt sur le nombre de camions qui empruntent le chemin de la Cabane-Ronde. «En moyenne, ajoute-t-elle, il passe plus de 200 camions chaque jour. On ne semble pas nous croire à la Ville. Pourtant, plusieurs d’entre nous avons pris le temps de compter à certaines périodes. C’est maintenant difficile de passer du temps à l’extérieur de la maison sans avoir ces camions en pleine face.»

Pas de limite de camions

Il n’existe aucun engagement formel de SolTerra quant au nombre maximal de passages de camions. «Depuis le mois de janvier 2019, nous avons reçu une moyenne quotidienne de 90,85 camions en semaine. Jamais on ne nous a demandé de nous engager à un nombre maximal de camions. Autrement, c’est la rentabilité du projet qui n’y serait pas. Je peux vous garantir que nous suivons toutes les règles et toutes les exigences des organismes gouvernementaux, de même que les exigences de la Ville de Mascouche», nous indique Gino D’Errico, président de l’entreprise.

«La terre qui entre, poursuit-il, est contrôlée à plusieurs niveaux. Dans un premier temps, nous faisons des amas de terre temporaires de 400 tonnes métriques pour procéder à des analyses additionnelles avant qu’elle soit étendue sur le site et nivelée. Nous sommes présentement en avance sur le projet. Tout devrait être terminé avant la fin de l’année 2020.»

La Revue a aussi parlé avec le fils de la propriétaire. «Vous savez, c’est un ancien dépotoir et personne ne voulait de ce terrain. Nous avons eu quelques rencontres spéciales avec les citoyens concernés. Nous savons que certains ont des doléances, mais le but de ce projet est de revaloriser ce site par sa décontamination», insiste-t-il.

Pas de deuxième phase sans consultation

Une rumeur court voulant qu’une deuxième phase soit planifiée. «Actuellement, il n’y a aucune demande additionnelle», confirme toutefois Pascal Dubé, responsable du Service de l’environnement à la Ville de Mascouche, bien que l’entreprise ait eu l’autorisation d’étudier le sol concerné.

Il est à noter que le maire Guillaume Tremblay s’est engagé formellement, en séance du conseil, à ce que la Municipalité ne donne aucune autorisation avant de consulter les citoyens touchés.

Comme mesures d’atténuation, la Ville a, entre autres, diminué la vitesse maximale de 10 km sur le chemin de la Cabane-Ronde, en plus de s’entendre avec SolTerra sur quelques mesures pour le nettoyage. Elle a aussi envoyé les doléances au ministère de l’Environnement pour une meilleure surveillance des travaux.

D’ailleurs, le Ministère a procédé à une inspection du site le 13 juin après avoir reçu une plainte. Cette inspection a permis de constater que les activités se déroulent conformément à l’autorisation délivrée, rapporte-t-on au Ministère.

«Lorsque tout sera terminé, je souhaite inviter les citoyens sur le site pour une visite des lieux et pour qu’ils constatent le résultat des travaux», conclut M. D’Errico.

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Eric Imperator
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Eric Imperator

Je trouve que c’est un très beau projet et que de nos jours l’environnement devrait être une priorité malgré la coercition que certaines personnes pourraient avoir,,,,,un gros merci à Mme Hébert!!!