« J’ai subi des pressions de Lucette Whittom » – Michèle Ross

CONSEIL DES COMMISSAIRES

Placée au centre d’une saga qui secoue le conseil des commissaires de la Commission scolaire des Affluents (CSA) depuis le 21 décembre, la commissaire indépendante Michèle Ross a accepté d’accorder une entrevue à La Revue afin, dit-elle, «de mettre en lumière certains agissements qui m’ont poussée à faire des choses que je regrette aujourd’hui».

Éric Ladouceur

Pour bien comprendre la situation, il est important de rappeler la composition du conseil, qui compte 23 sièges.

D’un côté, l’Équipe Whittom, formée de Lucette Whittom, ancienne présidente de la CSA, Lorraine Dépelteau, Louis-Georges Boissy, Manon Delisle, Mario Harvey, Germain Latendresse, Sylvain Leblanc, Dominique Desfossés, Francine Rouillard et Robert Morin. Il faut aussi ajouter le nom de Pierrette Beauvais, qui, sur les points plus politiques, vote majoritairement avec l’Équipe Whittom. Onze votes pour cette équipe.

De l’autre côté, il y a le Rassemblement scolaire des Moulins (RSDM), qui compte dans ses rangs Yves St-Denis, Daniel Manibal, Jacques Rivet, Marc Tassé, Alain Gailloux, Nathalie Filion, Michel Gratton (transfuge de l’Équipe Whittom), Karine Montpetit et Nadia Maltais. À ceux-ci, il faut ajouter le commissaire indépendant Michel Rocray, proche du RSDM depuis la dernière élection. Dix votes pour eux.

Au milieu se trouvent deux commissaires indépendants, Daniel Thiffault et Michèle Ross, qui, lors de la dernière élection, ont tous deux donné leur appui au RSDM. C’est donc 12-11 pour le RSDM.

Michèle Ross : « J’ai subi des pressions »

Le 21 décembre 2004, coup de théâtre. Michèle Ross, alors vice-présidente du comité exécutif, fait une sortie en règle contre le président du même comité, Yves St-Denis. Elle l’accuse de tous les maux, notamment d’avoir provoqué la démission du directeur général, Denis Roy. Comment explique-t-elle cela?

«J’ai subi des pressions énormes de la part de Lucette Whittom et de certains de ses commissaires à la suite de l’annonce du départ de Denis Roy, à la mi-décembre. Les jours précédant le 21 décembre, Lucette Whittom pouvait me téléphoner jusqu’à deux fois par jour pour tenter de m’influencer. Je me suis mise alors à me culpabiliser pour le départ de M. Roy et à en vouloir à Yves St-Denis, parce que je pensais que c’était lui le coupable. Je ne voulais pas faire cette sortie, je voulais attendre au prochain plénier, mais à force de me faire dire par Mme Whittom que le sort de la CSA était entre mes mains, j’ai fini par le croire et vouloir tout de suite la démission d’Yves St-Denis. Finalement, on m’a convaincue qu’il fallait que je parte le bal, mais je regrette ce que j’ai fait. Il y avait une problématique à l’exécutif, mais les choses ont été réglées de la mauvaise façon», raconte la commissaire.

Tout de suite après sa sortie contre Yves St-Denis, Michèle Ross mentionne au conseil qu’elle ne votera désormais plus sur les questions politiques. «J’étais tellement tannée de subir les pressions de Mme Whittom que j’ai renoncé à mon droit de vote, sauf pour tout ce qui concernait les élèves. Je pensais avoir trouvé la façon de m’en sortir», explique-t-elle.

Les excuses

Le soir même du 21 décembre, Michèle Ross dit avoir regretté les propos tenus contre St-Denis. Elle s’excusera plus tard. D’ailleurs à propos de ces excuses, Mme Ross a tenu à ajouter : «Plusieurs commissaires et membres de la direction générale m’ont reproché de m’être excusée, et certains ne me parlent même plus depuis ce temps.»

Après le 21 décembre, toujours selon Mme Ross, les pressions ont continué. «Là, Mme Whittom et ses commissaires ont commencé à décider pour moi sur quels points je ne devais pas voter. Lorraine Dépelteau l’a fait publiquement en me demandant de ne pas voter pour l’élection du prochain directeur général par intérim. J’ai compris que la seule façon de faire arrêter les pressions, c’est de m’affirmer. À la prochaine séance, je vais reprendre mon droit de vote devant le conseil. Je vais maintenant voter selon ce que moi, je pense, sans subir les pressions de personne», confie Michèle Ross, qui ajoute : «Vous savez, Yves St-Denis et son équipe n’ont jamais essayé d’influencer mon vote.»

Lucette Whittom : « C’est faux ! »

Interrogée quant aux propos de Mme Ross, Lucette Whittom a démenti complètement les allégations de cette dernière. «C’est faux! Je lui ai même dit que si j’étais la présidente, je ne la laisserais pas attaquer Yves St-Denis. Je l’ai dit devant huit autres commissaires. Je n’ai jamais manqué de respect envers Mme Ross», affirme Lucette Whittom.

À propos de l’affaire Dépelteau-Ross, Mme Whittom a dit ne pas voir de problème avec son intervention. «Mme Dépelteau s’est référée à ce qui était écrit dans le procès verbal que nous venions d’adopter. Il stipulait que Mme Ross avait mentionné qu’elle ne voterait que sur les points qui touchent les élèves. C’est ce que Mme Dépelteau lui a dit», conclut Lucette Whittom.

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