La bouquiniste ferme ses livres

La bouquiniste ferme ses livres

Après des années à prolonger la vie des livres, Lucie Clément, connue comme «la bouquiniste», se prépare pour une autre aventure, sans s’éloigner des livres qu’elle aime tant. S’il est trop tôt pour en parler, Mme Clément avait beaucoup à raconter de sa boutique de Terrebonne, La Bouquiniste. Grande passionnée de la littérature, amoureuse de l’histoire et des antiquités, il était clair depuis longtemps qu’elle allait emprunter un chemin qui la mènerait aux bouquins. «Un livre usagé n’est pas un livre usé, c’est un livre vivant, a toujours dit la dame. Remettre un livre en circulation, c’est un cadeau que l’on se fait à soi.» Outre les livres, ce sont les rencontres avec les gens qui ont été déterminantes pour la bouquiniste. «Souvent, nous étions trois ou quatre près de la porte et nous discutions de tout et de rien, de livres, de philosophie, comme lorsqu’on refaisait le monde dans une conversation. Ça m’a beaucoup nourrie. Et ce fut un très grand plaisir d’embarquer les gens dans l’idée de remettre en circulation des livres qui ne l’étaient plus.» Dans sa boutique, plus de 15 000 ouvrages étaient disposés dans l’une des 33 bibliothèques. Après une semaine de vente de liquidation en août, Lucie Clément a eu l’immense générosité de contacter des organismes pour leur donner ses livres. Sur la photo, on la voit en compagnie de Robert Ménard de l’organisme La Ruche. «Pour moi, donner un livre, c’est donner la liberté. J’ai eu la chance de saluer une dernière fois la clientèle lors de la vente. J’ai vu des gens que j’ai rencontrés à l’ouverture du commerce et ça m’a fait chaud au cœur», a-t-elle conclu avec nostalgie. (Texte et photo : Gilles Fontaine)

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