COVID-19 : La cohue dans les supermarchés

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Par Jean-Marc Gilbert
COVID-19 : La cohue dans les supermarchés
Les files étaient particulièrement longues aux caisses de plusieurs marchés d'alimentation, vendredi matin. (Photo : Jean-Marc Gilbert)

COVID-19

Comme ailleurs au Québec, les marchés d’alimentation de la région sont littéralement pris d’assaut par les consommateurs. Si la majorité des clients croisés par La Revue se disaient plus ou moins inquiets de la situation, ils tenaient néanmoins à faire quelques provisions… même si ça impliquait d’attendre en file aux caisses pendant une heure.

Vendredi matin, les files d’attente faisaient pratiquement le tour du magasin au Maxi ainsi qu’au Super C du boulevard Moody, à Terrebonne. Certains devaient patienter jusqu’à une heure avant de pouvoir payer leurs achats, mais tout se déroulait dans le calme. Marcel Lagacé était l’un des nombreux clients dans ces files. « C’est weird de voir que pour certains, c’est la panique totale. C’est un peu aberrant », constate celui qui se demande si la pandémie n’est pas plus importante que ce qu’affirment les autorités. Il dit ne pas ressentir le besoin de stocker des denrées ou produits outre mesure, mais il affirme avoir acheté tout ce qui est nécessaire pour les 14 prochains jours.

Même chose pour Stéphanie, mère de famille qui attend un troisième enfant. Elle a acheté une brosse à dents supplémentaire et certains produits d’hygiène, dont « un kilo de Purell », lance-t-elle à la blague.

Tabatha Desjardins, mère d’une fille avec des besoins particuliers, n’est pas tant inquiète de la situation, mais plutôt de la panique de certains. Si elle n’a pu se procurer sa marque de papier de toilette habituelle, elle a au moins pu faire le plein de couches.

Prévention

Fabienne Girard faisait aussi quelques achats avec sa mère octogénaire, Céline Montambault. Œuvrant dans le réseau de la santé, Mme Girard sait à quel point un virus peut se propager rapidement, mais croit que les mesures de prévention sont les clés. Elle se dit plus inquiète pour les aînés, comme sa mère. Mais Mme Montambault est plus sereine. « Ce qui doit arriver va arriver de toute façon. Je ne fais pas de folie, tout simplement», dit-elle.

Johanne Teasdale, pour sa part, ne comprend pas du tout le mouvement de masse. « J’ai été assez surprise quand j’ai vu qu’il ne restait plus de papier de toilette. Honnêtement, je crois qu’on peut s’arranger. Tout le monde a des débarbouillettes. On nettoie ça avec de l’eau de Javel et c’est tout », juge-t-elle.

Notons que parmi les gens rencontrés, certains portaient des gants. Deux femmes avec des masques de protection ont aussi été aperçues dans les files d’attente.

La folie, mais pas de pénurie

Au supermarché Metro du boulevard Moody, ouvert 23 heures sur 24, c’était la folie dans la nuit de jeudi à vendredi. « Les gens attendaient pour la caisse jusqu’à la section des yogourts, au fond du magasin, raconte le franchisé propriétaire Jacques Leclerc. Nos employés sont débordés, je pense notamment au boucher qui essaie de répondre à la demande. Certains de nos employés font des heures supplémentaires. On déploie tout ce qu’on peut pour servir tout le monde. »

Même si le papier hygiénique, les pâtes alimentaires, l’eau et les conserves de toutes sortes disparaissaient rapidement des tablettes, M. Leclerc n’a aucune crainte quant à l’approvisionnement. « Nous avons eu des discussions avec le siège social, qui nous fera parvenir des commandes spéciales. »

Pour Philippe Crégheur, dont la famille exploite trois supermarchés IGA dans la région, c’est également « la folie ».

« Aujourd’hui (vendredi), c’est assez difficile. Nous avons été un peu pris au dépourvu. Mais dès demain, tout va être correct. On nous dit qu’il y a du stock en masse dans les entrepôts, même s’il pourrait y avoir du retard dans les commandes », affirme-t-il.

En point de presse vendredi matin, le premier ministre François Legault a par ailleurs indiqué qu’il n’y a aucune crainte de pénurie pour quelque produit que ce soit et qu’il n’est aucunement question de fermer les marchés d’alimentation.

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